Père pète…un câble !

J’aime écrire.
J’aime lire aussi.
J’aime lire des livres sans images avec de gros mots de plus de cinq syllabes.
Alors quand j’ai appris, le jour de mon 8e anniversaire que j’allais devenir papa, je me suis plongé dans la sculpture sur os de chats  la drogue la course à pied la lecture de livres :
« Tout qu’est-ce qui faut savoir pour les bientôt papas que même. » d’Alphonse Patamob et Lydie Komandeman.
« Lard d’être parents chez les mammifères » de Cécile Ouinkça et Ginette Toyélévécé.
« Père pète, mère rote, et autres symptômes gazeux ! » de Déborah Slatable et de Firmin Peutagueul.
« La barbe à papa : des effets chez les diabétiques ? » d’Elsa Bitacoté.

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Tout ça, afin de comprendre un minimum ce qui m’attendait.

Dieu merci, Internet n’en était qu’à ses balbutiements, et j’ai évité la lecture des classiques:
« La crise d’angoisse quand votre enfant … »
« La crise de panique si votre enfant… »
« Que faire si mon enfant a… »
Et les plus originaux:
« Mon enfant a mangé les cheveux des Playmobil et s’est colorié la langue avec du feutre.»
« Comment faire disparaître son doudou, qui pue la mort, sans éveiller ses soupçons. »
« Mon fils est supporter de foot: dois-je l’envoyer à la mine?»
« Garder son calme en toutes circonstances – Volume 1: le supermarché.»
« Comment faire voler son enfant avec une catapulte faite maison.»
« Mon enfant joue-t-il en silence: NON, il fait une connerie ! 350 conseils pour l’espionner.»
« Comment changer une couche à 2h30 du matin en ayant dormi 45 minutes et bu trois litres de Ricard
« Oui-Oui peut-il réellement augmenter votre libido? »
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J’en ai lu des trucs, pour au final tout brûler et laisser fonctionner mon instinct.
« Non chéri, tu ne le pends pas la tête à l’envers et tu ne le tiens pas par une jambe pour le laver ! »
« Non, chéri, ce n’est pas le fils du voisin qui hurle dans la chambre d’à côté, c’est le nôtre ! »
« Non, chéri, à 6 mois, il n’a pas besoin d’un coupé 4L pour aller faire les courses. »

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Il est donc né, le divin enfant, jouez hautbois, bla, bla…

J’étais donc : « Père, Papa, Daddy. »
À sa naissance ma vie a pris une dimension que je ne soupçonnais pas.
Ce « truc » sanguinolent de 51 cm et quelques kilos, criard à souhait, et souple comme un bout de guimauve, était mon fiston.
My fucking son !
Un bout de gène à moi : « Toi gène, moi papa, hooooo hoooo »
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Je versai même une larme en testant le goût amer et ferreux du cordon ombilical coincé entre mes dents.
J’étais donc : « Père, Papa, Daddy. »
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Désormais : Je pouvais éventuellement mourir en paix, mais pas tout de suite quand même.
Alors, je devins alors presque raisonnable.
« Mais, mais, mais, mais, j’ai un gosse maintenant, et il va falloir attendre 30 ans pour le coupé 4L le vélo dont tu rêves. »
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Pendant les premières années, j’ai voulu tout (trop) partager,  j’ai protégé (des chats, des chats, des chats, des chats), rassuré (la nuit, le jour), lavé (toutes choses nauséabondes qui sortaient), accompagné (à la crèche, à l’école, aux activités), soigné, guidé, et je me suis planté royalement, bien entendu.
Pourtant…
J’ai lu des livres sans mots aux heures sombres de la nuit, j’ai lu des livres avec 30 pages et 30 mots environ 30 fois dans l’heure, j’ai acheté des objets en plastique inutiles et bruyants avec lesquels JE me suis beaucoup amusé, j’ai acheté des fringues qu’il a fallu changer au bout de trois semaines, j’ai poussé la balançoire, j’ai montré des animaux exotiques et imité certains, j’ai pris quatorze milliards de photos, car: « Purée, il est beau mon fils ! », j’ai affiché ces mêmes photos sur mon frigo, mon écran d’ordinateur, sur les murs de ma chambre, et j’en ai même envoyé.
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Je suis devenu : « Père, Papa, Daddy. »
Fier.
Pourtant, en devenant papa, je n’avais pas vu qu’il y avait de marqué en bas à droite de la boite : « (…) et vous en prendrez pour la vie, et vous l’adorez, et vous le vénèrerez, et il vous en fera voir de toutes les couleurs ad vitam æternam, l’ingrate petite créature

Père-pétuité…c’était écrit en petit, tout petit petit petit petit petit.

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Cet enfant vous ferait plier, pleurer, hurler, rire, courber, changer, vous glisserait des questions absurdes ou drôles aux moments les plus inattendus.
Ce « truc »  poserait une définition tout autre sur le mot « AIMER-LOVE. »
Avec lui vous traverseriez la crise des deux ans, la crise des sept ans, la crise de l’adolescence, la crise des 30 ans, la crise de la quarantaine et après peut-être, seulement après, il vous laisserait tranquille.
Vous pourriez enfin l’avoir derrière vous, poussant le fauteuil jusqu’à votre dernière demeure.
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Je suis donc : « Père, Papa, Daddy pour la Vie. »

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En fait, reconnaissez-le, avant, vous n’aviez pas aimé, juste pas « mal apprécié », « infiniment respecté », « réellement admiré », mais là, on passait au niveau au-dessus.

Pour votre chair, vous seriez prêt à beaucoup, à tout, à trop même quelque fois.
Papa pour la vie, avec tout le paquet qui vient avec.
Joies et peines, et inversement.
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Je suis donc papa depuis bientôt 13 ans.
Même si la vie a fait que mon fiston ne passe pas assez de temps avec moi, je lui voue un amour indicible qui fait qu’à ce jour je file le retrouver, au bout du monde, l’énergumène aux pieds qui puent, à la peau qui s’huile, plus à l’aise avec « speak, spoke, spoken », et à la personnalité qui s’affirme.

Pour lui, je traverserais le monde à vélo, à pied, je donnerais mes organes, je donnerais les maigres choses matérielles dont je dispose, je donnerais TOUT (sauf le coupé 4L).
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Néanmoins, pour commencer, je vais juste lui donner des coups de pédales.

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« Il y a deux choses que les enfants devraient recevoir de leurs parents : des racines et des ailes » Goethe.

« Arion » ne sert de courir, il faut partir très loin!

J’ai donné un nom à mon cycle.
Oui, oui, j’ai apposé en lettres majuscules le petit nom d’Arion.
Pourquoi donner un nom à un bout de ferraille à deux roues?
J’avais pensé à « Clio », « Golf », « Kangoo », « Testarossa », « Wraith », « R16 », mais ils étaient déjà pris.

Franchement, je ne sais pas trop, et sincèrement je ne vais pas chercher non plus une explication.
J’en avais simplement envie, on va dire ça comme ça !

En tout cas, choisir pour un voyage solitaire, un destrier doué de la parole n’est pas pour me déplaire.

Enfin, à vos clics et à vos commentaires !


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Iran pas mal ce billet blog, non?

« Quoi ? Vous passez par où ? L’Iran ? Mais vous êtes fou ! » M’a dit, effarée, ma coiffeuse adorée lorsque je lui ai annoncé très timidement que j’allais à vélo jusqu’à…Dubaï.
« D’Ubaye ? C’est ça ? Je connais bien la vallée d’Ubaye moi, j’y suis allée avec mes parents quand j’avais 12 ans. Hé bé, ça va monter, hein ! » Susurra-t-elle tandis qu’elle recoiffait ma frange avec application.
« Non, Dubaï, à les Émirats Arabes Unis » m’empressais-je de préciser avant qu’elle ne m’égorge avec son rasoir comme le premier agneau venu.
« Ah ? bah, c’est bien ce que je pensais : vous êtes fou ! » ajouta-t-elle alors qu’elle s’appliquait à me poser deux bigoudis sur ma mèche rebelle.
« Ah oui ? POURQUOI…J’avais pensé à la Syrie et l’Irak, malheureusement ces jours-ci peu de personnes y sont les bienvenues. Quel dommage ! J’aurais tellement aimé découvrir la Syrie. Et encore, vous savez madame, j’aurais pu aller y aller à pied, et par la Chine en plus !» « Mais c’est dangereux ! » rajoutait la bougresse un brin inquiète.
« Mais n’est-ce pas tout aussi dangereux de prendre sa voiture chaque matin pour aller bosser ? Surtout quand on n’a pas de voiture. Je pourrais vous faire une liste longue comme ma b…mon bras des trucs dangereux. VIVRE TUE ma bonne dame ! »
« Oui c’est vrai… » conclut-elle en acquiesçant poliment, et avant de terminer pas le classique : « Et je vous dégage bien les oreilles aussi ? » IMG_0753
Alors, non, l’Iran ne me fait pas peur, pas plus peur que les pistes cyclables Parisiennes, que les petites routes de la campagne Française et ses sangliers suicidaires,  que les chats Suisses et Allemands, que les plaines hongroises, que les monts Bulgare, que les montagnes Serbe, et que les grandes routes de Turquie. IMG_0113 Bon, je n’y vais pas non plus la fleur au fusil avec une grande insouciance, conscient que je devrais apprendre beaucoup et comprendre tout autant de ce pays. Je suis surpris (déçu) d’entendre combien de nombreuses personnes sont pétries de préjugés quand il s’agit du Moyen-Orient. Combien de fois, dois-je rassurer en disant que ce pays, entaché d’une réputation déplorable dans les médias occidentaux, jouit d’une richesse culturelle et humaine qui en fait une perle dans les destinations des voyageurs du monde entier. Tout n’est pas parfait non plus, hein, et je me garderais bien de faire une analyse politique du pays. Je vous parle de l’Iran comme destination touristique. IMG_0091 Si le site du gouvernement Français indique très clairement que ce n’est pas la destination touristique la plus sûre (frontières Irakienne, afghane, et Pakistanaise à éviter), les retours lus à droite à gauche en font un pays qui, à bien des égards, semble très intéressant. Les Iraniens cherchent-ils à compenser, de par leur accueil, l’image négative que le monde occidental a sur eux ? Je l’ignore, mais j’espère bien le découvrir. Certes, je n’y ai jamais mis les pieds, je n’en connais que ce que j’ai pu lire, mais je suis extraordinairement curieux de visiter ce pays. IMG_0754 Je reconnais aussi que je dépense beaucoup d’énergie (lire « temps ») pour recueillir des informations pertinentes et objectives sur le pays. À ce jour, mes efforts se concentrent sur: – Un, comment obtenir son visa – la lourdeur administrative semble digne de « Brazil ». – Deux, comment gérer à vélo l’extrême chaleur dans le sud durant le mois de juin. – Et enfin, comment gérer les déplacements à vélo pendant la période du Ramadan (qui commence le 18 juin.) Je m’y prépare, sans réellement m’y préparer. Je verrai donc… Capture d’écran 2015-02-19 à 14.23.02 « There is no certainty, there is only adventure.» Pour m’aider c’est bientôt fini et c’est ici: http://www.kisskissbankbank.com/jamais-sans-mon-fils

Les sucres riz d’un « mille-pâtes »

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Ça vous cueille de façon traitre, sans réels signes avant-coureurs.
Un petit peu comme si vous étiez paisiblement en train de lire un catalogue « Ikea », et qu’un Nazgûl de mauvais poil, vous plaquait au sol par surprise en prenant soin de vous enfoncer son genou osseux dans votre colonne vertébrale, tout en vous tirant la tête en arrière – c’est bon vous avez l’image, là ?
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C’est douloureux.
BOUM !
Comme ça, vos jambes musclées, épilées, bronzées se font molles, l’énergie que vous dépensiez à faire tourner votre 54/11 à 100 rpm vous quitte, et la lumière s’éteint.
Petit caléidoscope visuel.
Rideau .
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Si vous avez de la chance, vous êtes sur le bord de la route à chercher un truc à manger: VITE ! – c’est bon vous avez l’image, là ?
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Si avez un peu moins de chance, vous êtes allongés sur une civière à vous demander ce que font tous ces médecins autour de vous, surtout celui avec les gants en latex – c’est bon vous avez l’image, là ?
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Si vous n’avez pas de chance, vous êtes retournés « poussière » et votre seul régime se compose de racines de pissenlit – c’est bon vous avez l’image, là ?
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Heureusement, une fois ingéré une dose de sucre, ça repart…et c’est là toute la magie.
POUF  !
Que celui qui n’a jamais fait de longues sorties à vélo ou en courant, et qui n’a jamais connu ça, me jette le premier doudou humide de glaires – c’est bon vous avez l’image, là ?
Autant vous dire que plus d’une fois, à vélo, je me suis fait surprendre par une bonne hypoglycémie, puisque c’est de cela dont je vous parle, au cas où, les moins sportifs ne m’auraient pas compris.
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Les premiers jours qui suivent mon départ, pourtant je mange peu.
Pas envie.
C’est même étrange, car je dois brûler environ 14000 calories à la seconde, ce qui représente deux petits sangliers rôtis et leurs sauces béarnaise, un kilo de châtaignes et sa sauce tartare, trois avocats et leurs sauces mayonnaise, douze religieuses au chocolat, et un café sans sucre.
Donc, efforts longs sans nourriture = hypo
Allez, régalez-vous avec ces 30″ de bonheur qui ne vous lâcheront plus de la journée, et surtout qui vous accompagneront lors de vos…Hypoglycémie

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Cependant, je vous rassure, après quelques jours, je mange littéralement n’importe quoi.

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

Insistons une minute sur le « n’importe quoi » – le « n’importe nawak » pour mes plus jeunes lecteurs, voulez-vous?

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

Rentrer dans un supermarché devient une quête absurde de produits immondes composés de E de toutes les couleurs et de trucs « polyhydrosaturés-si-ça-s’trouve« .

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

Sachant qu’en tant normal je passe plus de temps à lire les étiquettes qu’à remplir mon panier quand je vais faire mes courses, c’est mal !
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Je me suis déjà vu ingurgiter en l’espace de deux minutes: des bâtons de surimi avec du jus de fraises chaud (enfin tiède on va dire), du saucisson (tiède là aussi) avec des carrés de chocolat (fondus, à l’occasion), du Coca et du choux rouge, des saucisses Knacki et de l’Orangina, et des foies de volailles crus baignant dans du beurre d’escargot rance.

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

Des mélanges improbables dans la vie quotidienne, je vous le dis,  mais qui à ce moment précis n’ont eu que peu d’importance hormis, celui très concret, de recharger mes batteries.
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Durant le voyage, au fur et à mesure que celui-ci avance, je tombe dans une routine alimentaire, et je mange souvent toujours la même chose.
En fait, je me nourris plus que je ne mange.
Ça doit être l’instinct de survie qui refait surface.
À noter que mon instinct de survie me pousse souvent à faire des choses innommables ici.

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

A l’occasion tout de même, je profite du nombre incalculable de marchés villageois qui foisonnent en France pour m’acheter un truc frais et local: fromages, fruits et légumes du maraîcher local, et fraises « Tagada tsoin tsoin ».
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Ainsi, je sais que ma nourriture sera pour les prochains mois très riche en féculent.

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

Les pâtes et le riz par kilos en étant le pilier.

« Ipo i taï taï yééééé, ipo i taï taï yééééé ! »

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Inspirez à fond !

J’ai toujours voyagé seul…à vélo.
La première fois fut en 2006.
J’avais 9 ans.
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15 jours.
1500 kilomètres: une boucle partant du Loiret vers le soleil levant et ses crêtes Vosgiennes, pour revenir dans le Loiret et ses champs de blés.
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Mal équipé, non, très mal équipé, hors de forme (lire « grassouillet »), j’étais parti sur un coup de tête (aïe) dans la canicule du mois de Juillet (pour ceux qui s’en souviennent et qui ont survécus.)
J’avais transporté des fringues pour un voyage de trois ans et de la bouffe pour une équipe de rugbyman et ses supporters.
Une pure folie quand j’y repense.
Outre, les conditions difficiles dans lesquelles je m’étais inconsciemment mis, j’avais énormément aimé la liberté offerte par ce moyen de déplacement.
Je m’étais promis de repartir à nouveau – Mieux préparé et surtout mieux équipé. Terminé la tente de 12 kg avec sa véranda et son salon de jardin, terminé les trente sous-pulls en lycra, les six paires de chaussures (dont 5 paires de bottes en caoutchouc), les cinq pantalons en laine, et les 33 slips en cuir rouge.
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Il m’avait fallu attendre 5 ans.
Ainsi, toujours seul, j’ai ensuite enchainé les petits périples repoussant à chaque fois mes limites physiques et mentales.
INSPIREZ !
2011 : Orléans – Millau – première expérience de journées au kilométrage de « décérébré. »
INSPIREZ !
2012 : Bordeaux – Sète – Clermont-Ferrand – première expérience de conditions météos « pas faciles. »
INSPIREZ !
2013 : Orléans – Mont Ventoux (grasse) – Gorges du Verdon (d’organes) – première expérience de dénivelé de « malade mental ».
INSPIREZ !
2014 : Orléans – Le mas d’Agenais – première expérience du voyage « quand on est pas bien dans sa tête. »
INSPIREZ !
2014 : Orléans – Thonon – Menton – premier réel challenge cyclo-sportif (17 cols en 7 jours et 58500m de dénivelé).
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À chaque fois, à mon retour, je ne livrais que parcimonieusement, via quelques photos et quelques narrations, le meilleur du meilleur.
Je vendais du rêve…de l’envie… Je flattais sans doute un peu mon ego aussi: « Vous avez vu ce que j’ai fait ? Hein ? Hein ? Et pis…et pis…et pis…même que…blablablabla…»
Ennuyeux.
Comme dirait mon boulanger: « Ce que tu as fait, aucune bête n’aurait… »

Bref, de ces voyages, je revenais toujours riche, riche d’avoir accompli un truc personnel, un machin unique, une chose inénarrable, un bidule qui exacerbait un sentiment d’être vivant, que j’étais réellement le seul à saisir.
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C’est alors que ce projet est apparu.
Altius – Fortius – Radius – Humérus
Néanmoins, cette fois-ci, j’ai pris la mesure que je ne pourrais pas partir « seul ».
Partir, certes, « lâcher prise », un peu ok,  mais me sentir accompagné, soutenu, bien évidemment.
Il fallait que mon entourage adhère.
Ce fut étonnement aisé.

J’irais donc retrouver mon fils à plus de 7000 km de chez moi. Traverser l’Europe puis le Moyen-Orient…à vélo.

Mais alors, comment impliquer les autres?
Ceux qui ne pouvaient pas.
Ceux coincés dans leurs contraintes professionnelles, coincés dans leurs contraintes physiques, coincés dans leurs contraintes familiales, coincés financièrement, coincés par leurs peurs, coincés par leurs doutes, coincés par leurs vies.
Si eux ne pouvaient pas le faire, j‘allais  humblement et très modestement tenter d’INSPIRER pour qu’un jour peut-être, une personne se dise: « Il l’a fait lui, pourquoi pas moi? »
OUI ! Pourquoi pas vous?
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Il y a quelques jours, à l’initiative d’un très bon ami, j’ai été amené à parler de mon projet à de parfaits inconnus, des personnes à la vie semée d’embûches, et qui à travers cet échange m’ont apporté beaucoup.
INSPIREZ !
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Pesant mes mots, j’ai lu dans quelques yeux combien certains m’enviaient, combien je les faisais peut-être rêver.

Combien je pouvais finalement:
INSPIRER !

Je prends ainsi la mesure que chacun de mes lecteurs/contributeurs va sans nul doute vivre, par procuration et via ce blog, ce que je m’apprête à accomplir.
Bousculé dans ce que je croyais de la nature humaine.
Surpris dans ce que je pensais des autres.
Je suis touché par ce que projet réveille chez chacun, et combien il invite une grande partie à se plonger dans une petite introspection qui « ne mange-pas-de-pain-aux-noix-raisins. »

Mon voyage m’appartient, mais je le dis sans pudeur aucune, que le partager avec vous tous est déjà pour moi une énorme richesse.

« Être inspiré est bien, mais inspirer les autres est incroyable. »

Pour m’aider c’est ici: http://www.kisskissbankbank.com/jamais-sans-mon-fils

Campeur nous fige !

C’est facile à faire, à dire, à présenter, à vendre.
C’est même très facile d’annoncer que l’on va faire un super voyage à vélo pour aller chercher son fiston qui vit à l’autre bout du monde.
Yoohoo !
À la limite, j’aurais pu même dire que j’allais le faire en un mois, en courant, en passant par la Syrie et l’Irak, tout nu sur un monocycle.
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Passé l’annonce, il y a : « Bon ben voilà, comment je fais maintenant ? ».
On commence par la route, puis on se dit que la route, il y en aura toujours.
On enchaine sur le budget, puis on se dit que se déplacer à vélo et que camper ça ne coûte pas forcément très cher.
On continue sur la logistique, et là, fort d’une petite expérience, on se dit qu’on devrait maitriser relativement bien, les aléas du voyage.

Et on termine donc par un truc qui tient relativement bien la route.
On se couche serein.
Ça, c’est au début, car comme tout projet, une volée de pragmatisme vient d’un seul coup d’un seul asperger vos ardeurs, étouffer votre engouement, écraser votre enthousiasme, et vous foutre une suée digne d’une bonne grippe de saison.
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Depuis que je me suis lancé dans ce voyage, et passé le cap du « tu es fou », j’ai eu à faire face à de nombreuses questions de la part de ma famille, de mes amis, ou de personnes auxquelles je disais naïvement que j’allais faire pas loin de 8000 km à vélo.
Questions légitimes sans nul doute.
Néanmoins, loin des considérations logistiques, je dirais que c’est plus leurs peurs qui transpirent à travers ces questions.
J’ai bien compris la règle des 3 de Ron Hood, sachant que l’on ne peut pas survivre trois secondes sans inattention/prudence, trois minutes sans respirer, trois heures sans protection/régulation thermique, trois jours sans boire, trois mois sans manger, trois mois sans se laver/relations sociales, et trois mille ans sans chat.
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Alors oui, j’ai quelques peurs, mais je préciserais que se sont plus des inquiétudes qui me pourrissent mes nuits.
Je m’endors comme un bout de roche à 23h et me réveille, certain d’avoir fait une bonne nuit, à 1h24 du matin !
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En fait, dans ma vie je n’ai peur que d’une seule chose : des requins quand je nage au large. Sachant que je nage rarement au large, sachant que les requins mangeurs d’hommes sont peu nombreux, sachant que je nage quand même hyper vite en brasse indienne, sachant que j’ai des amis dauphins, sachant que je m’appelle « Pascal le rorqual/le squale », j’arrive à vivre très bien avec cette peur.

Dans une société où la peur est cultivée par les médias (désolé pour le poncif), où l’on devrait avoir peur des jeunes (cons), des araignées mortelles, des étrangers (surtout les Bretons), des souris qui dorment sous les lits, des musulmans/juifs/chrétiens ra-di-ca-li-sés, des moustiques tigrés du Bengale, des lapins vampires, des OGM (bien le vélo…ok, je soirs), des pigeons chieurs, des maladies tropicale (attention à ne pas confondre rhume et rhum), d’Internet et de ses dérives, des chats, des chats, des chats, des chats, des chats.

Fi ! Que c’est pénible !

Donc, point de peurs, place plutôt aux inquiétudes.
Les miennes.
Hormis celles déjà citées (Où dormir? Que manger?), en voici quelques unes.

Inquiétudes quant aux chiens.
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Je sais, je fais une fixation, sur le meilleur ami de l’homme, mais le pire ennemi du cyclo-randonneur, c’est bien cette bête là ! Tous les cyclos vous le diront, voyager en Europe de l’Est offre rarement un moment de quiétude. Ces derniers vivent et vous coursent en meute. En meute, je vous dis !
Ce n’est pas le kiki, rat poilu et au manteau Jacquard dont je vous parle, mais plus du canidé, bâtard de son état.

Inquiétudes quant à la météo.
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En voilà une variable qu’il va falloir que je dompte. Se taper une pluie constante pendant des jours et des jours, ou un soleil de plomb, peu à la longue sacrément freiner l’enthousiasme du plus courageux des cyclos.
La pluie lave les ardeurs, le soleil les cuit, le vent les sèche, et le froid les gèle.
Une bonne recette, je vous le dis !
Je passerais sur les températures du sud Iranien du mois de Juin, bien entendu.

Mis à part ça :
Je resterai prudent.
Je resterai vigilant.
Je me préparerai au mieux.

Gardant toujours le fameux : « Stop – Think – Organize – Proceed » cher à toutes les personnes voyageant seul dans des contrées inconnues.
Pour le moment : « Même pas peur ! »
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« Dans 20 ans, tu seras plus déçu par les choses que tu n’as pas faites. Alors, sort des sentiers battus. Mets les voiles. Explore. Rêve. Découvre. » Mark Twain

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Mettre une « douche » de gaieté chez un cyclo-randonneur

Une fois n’est pas coutûme, je vous propose d’accompagner cet article avec un peu de musique…

Ça commence vers 16h30 environ.
16h32 peut-être.
L’heure du goûter.
C’est à ce moment-là que je me décide souvent à faire une dernière courte pause pour grignoter un petit quelque chose.
La fatigue est ancrée dans mes muscles, sourde et pesante.
Une lassitude se dessine.
Ça fait des heures que je roule.
Jusqu’à présent mes yeux aspiraient toutes les vues, buvaient tous les paysages, se nourrissaient des échanges, désormais, ils dévient, se font plus intéressés, et ne se concentrent que sur une chose : chercher un lieu de bivouac.
Où dormir ce soir ?
Quel coin pour poser ma tente à l’abri des regards ?
Quel lieu, couper du monde, m’apportera la sérénité et un repos bien mérité ?
Où pourrais-je faire mon petit caca matinal à l’abri des regards ?
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La transgression de ne pas faire quelque chose de forcément autorisé ajouté à la solitude, me replonge, gamin, où éclairé par une bougie, je lisais en fumant mon « Pif Gadget », caché sous une bâche en papier crépon imbibée d’essence.
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Et là, c’est un vrai problème pour moi… Je peux prendre des heures, vraiment, pour arriver au lieu « parfait ».
Je veux toujours un coin beau, propre, et sec.
Je veux une vue.
Surtout, je veux du calme.
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Malheureusement, j’ai découvert combien le bruit faisait toujours partie de notre environnement extérieur. L’absence de ce dernier peut être étouffant à ce propos, car nous n’y sommes pas habitués, urbains que nous sommes devenus.

Tantôt un chien qui aboie toute la nuit.
J’ai appris à haïr ces bestioles, leurs déjections urbaines, et leurs maitres.

Tantôt une vache qui beugle.
J’ai découvert que les vaches dormaient le jour et avaient une vie nocturne riche et complexe.

Tantôt un coq qui dès les premières lueurs se prend pour un rossignol.
J’ai été éveillé au fait que ces derniers n’attendaient même pas le jour pour « chanter », les bâtards !

Tantôt un rural, qui se déplace en mobylette, forcément bruyante.
J’ai découvert combien on entendait de super méga putain de loin et pendant putain de super méga longtemps, ces satanées deux roues.
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Dans la campagne les sons sont matinaux.
La grasse matinée est un concept à l’opposé de la ruralité.
Donc, première règle, pour bien bivouaquer (lire : « bivouaquer tranquillement »), il faut le faire tard – À l’heure où les gens sont absorbés dans leurs tâches quotidiennes: s’occuper des enfants, des chiens, des devoirs, des koalas, et regarder le tube cathodique.

C’est là, que dans la pénombre, je me livre à un rituel propre au cyclonomade que je suis.
Le déballage, le montage de tente, l’installation, tout doit être silencieux, précis. Bien sûr, en bivouac, pas question de faire de feu.
Un, c’est dangereux.
Deux, ça se voit/sent à 12000m à la ronde.
Trois, je mange ma viande encore sanguinolente.

Il y a quelques années, j’avais longuement hésité (j’insiste sur le longuement) à me poser dans une zone militaire bien définie avec ses panneaux.
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L’endroit semblait vaste, calme, sans personne à la ronde. J’avais finalement abandonné ce lieu qui semblait presque trop calme, pour me réfugier 15 kilomètres plus loin, dans un maquis.
Quelle bonne bonne bonne idée !
Oui, quelle bonne bonne bonne bonne idée. Pendant une partie de la nuit j’avais eu droit aux tirs de canons et autres grenades.
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Pour ce périple, je vais partir avec tout mon matériel de camping, ainsi qu’une bonne expérience du bivouac.
Cependant pour cette fois-ci, sur un voyage aussi long, je compte aussi utiliser l’immense réseau des « Warmshowers. »
Mais c’est quoi les « Warmshowers ? »
Pour ceux peu familiers avec la langue de James Bond, « Ouarme chaouère » signifie tout bonnement « douche chaude ».
Composé en majorité de cyclonomades, il s’agit d’un réseau mondial où l’on peut être hébergé gratuitement, on peut apprendre à dépecer un chat, on peut planter sa tente dans le jardin, on peut faire de la sculpture sur glace à la fraise de dentiste, on peut prendre une douche…chaude, on peut faire une lessive, on peut cuisiner, et on peut refaire le monde pendant des heures.
Pour ma part, je suis sur ce réseau depuis presque 3 ans et j’ai accueilli une bonne quarantaine de cyclos venant du monde entier: Brésil, Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Hollande, Pologne, France, Australie, Hollande, Suède, Corée du Sud.
Je me suis nourri de ces échanges et c’est quelque part, eux, qui au gré de leurs pérégrinations et aventures m’ont planté la petite graine du long voyage à vélo.

Les laissant partir, les matins, plus d’une fois je me suis dis qu’un jour ça serait moi qui partirais de chez quelqu’un pour aller loin.

Et bien voilà, bientôt, ça sera mon tour.
Bientôt.

« Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment. » David Foenkinos

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Les locaux motivent

Depuis que je fais des voyages à vélo, j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas trop planifier de choses.
Pas trop planifier les choses ne signifie pas ne rien planifier du tout, c’est juste que je laisse une place, toute relative, à la surprise, à la découverte, ou bien à…l’emmerde de premier ordre.
Question de point de vue.
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Cette totale liberté vient à un prix. Le prix du stress que le soir je me retrouve à dormir à l’arrache sur le bord d’un chemin boueux (déjà fait), ou que la route empruntée me conduise dans une forêt sombre peuplée de créatures maléfiques (pas encore fait et pas envie). Dans créatures maléfiques je compte les molosses baveux des fermes abandonnées, les fermiers célibataires très (trop ?) proches de leurs chèvres dociles, les braconniers aux grands grands grands couteaux aiguisés, et aux poules sauvages sanguinaires.
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Ma route empruntée est de fait très variable, et elle est définie essentiellement en fonction de mes envies – hormis peut-être l’année passée lors de la traversée des Alpes, où je n’avais pas trop le choix quant au parcours.
La Grande Traversée des Alpes à vélo me laissait que très peu de place à l’imagination.
Je devais monter, descendre, monter, descendre jusqu’à la mer.
Environ 58537,91m de dénivelé au total.
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Durant mes périples, il m’est souvent arrivé de tourner à gauche alors que la route « idéale » me conduisait à droite. Bon, je me suis planté souvent aussi, pestant pour un long moment : « Putain, mais quelle burne en plomb du Sahel d’avoir pris cette maudite route ! »
(Phrase répétée ad infinitum en ahanant bien sûr).
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J’ai le souvenir l’année passée où je me suis retrouvé perdu, oui perdu, en France.
Ok, perdu dans la Creuse.
J’avais regardé ma carte la veille, jugé que la route était suffisamment sympa pour s’y aventurer, et découvert en route qu’en fait ce qui apparaissait plus court était en fait affreusement plus long et douloureusement plus pentu.
Posé à un embranchement aux multiples routes, toutes les plus avenantes les unes que les autres (si peu qu’une route soit avenante), j’avais longtemps hésité – Pour moi, rester plus de 5 minutes au même endroit à me demander si c’est bien par là, n’est pas concevable.
Je fonce…et regrette assez rapidement, avant de me maudire: après, et longtemps, et pendant.
« Putain, mais quelle burne en plomb du Sahel d’avoir pris cette maudite route ! »
Et encore, je me suis calmé.
Je suis « presque » devenu raisonnable.
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Bref, sans le soleil pour me guider, sans panneaux pour m’aiguiller, et bien entendu sans l’ombre d’un humain à cent lieue à la ronde, j’étais resté planté à tourner ma carte dans tous les sens (totalement inutile, mais rassurant quelque part). J’avais crié à l’aide en Français, en Wallon, en Québécois, en Anglais, en Australien, en Américain, en Irlandais, et en Russe. Oui mesdames et messieurs, je parle super bien le Russe, surtout avec deux petites électrodes plantées dans les testicules et un sac de jute sur la tête.
Et, alors que tout espoir semblait perdu, et que j’allais simplement me laisser mourir au pied d’un frêne (un rien dramatique le gars, non ?), une voiture était apparue.
Enfin, une voiture, une 4L.
fougon
Sans le moindre état d’âme (ou plutôt sous le coup de l’inconscience du désespoir) je m’étais planté au milieu de la route le bras tendu et l’air déterminé (ou désespéré je vous dis) pour arrêter le véhicule lancé à vive allure, ce qui pour une 4L de 1962, devait frôler le 32 Km/h. La peinture avait depuis longtemps perdue son éclat d’antan, une mousse verte colonisait harmonieusement les joints des vitres, mais elle roulait et transportait un humain.
Le type qui, malgré une température quasi négative, roulait la fenêtre ouverte (sans aucun doute pour aérer l’habitacle de la fumée du chicot noirâtre qu’il fumait/mâchouillait) m’avait offert un visage avenant.
Il m’avait souri…presque.
Amusé, sans doute, que je puisse l’arrêter.
Allait-il m’assommer et me jeter dans le coffre pour me dépecer plus tard ?
Allait-il me rouler dessus encore et encore et encore et encore et encore jusqu’à ce que je ressemble aux petits hérissons tout plats qui abondent sur nos routes ?
Allait-il remplacer une de ses chèvres et…
Mon Dieu !!!
Il s’était arrêté, et avec son dialecte propre aux Creusois du sud, il m’avait gentiment indiqué la bonne/meilleure route. J’étais reparti, soulagé d’avoir ainsi pu échapper aux loups, aux bandits des grands chemins sévissant dans la région, et au rôle de la…chèvre !
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Alors si mon dernier billet parlait des cartes que j’affectionne tout particulièrement, les locaux sont souvent la meilleure source de renseignement.
Croyez-moi que je compte bien m’appuyer sur cette richesse.

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