Mettre une « douche » de gaieté chez un cyclo-randonneur

Une fois n’est pas coutûme, je vous propose d’accompagner cet article avec un peu de musique…

Ça commence vers 16h30 environ.
16h32 peut-être.
L’heure du goûter.
C’est à ce moment-là que je me décide souvent à faire une dernière courte pause pour grignoter un petit quelque chose.
La fatigue est ancrée dans mes muscles, sourde et pesante.
Une lassitude se dessine.
Ça fait des heures que je roule.
Jusqu’à présent mes yeux aspiraient toutes les vues, buvaient tous les paysages, se nourrissaient des échanges, désormais, ils dévient, se font plus intéressés, et ne se concentrent que sur une chose : chercher un lieu de bivouac.
Où dormir ce soir ?
Quel coin pour poser ma tente à l’abri des regards ?
Quel lieu, couper du monde, m’apportera la sérénité et un repos bien mérité ?
Où pourrais-je faire mon petit caca matinal à l’abri des regards ?
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La transgression de ne pas faire quelque chose de forcément autorisé ajouté à la solitude, me replonge, gamin, où éclairé par une bougie, je lisais en fumant mon « Pif Gadget », caché sous une bâche en papier crépon imbibée d’essence.
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Et là, c’est un vrai problème pour moi… Je peux prendre des heures, vraiment, pour arriver au lieu « parfait ».
Je veux toujours un coin beau, propre, et sec.
Je veux une vue.
Surtout, je veux du calme.
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Malheureusement, j’ai découvert combien le bruit faisait toujours partie de notre environnement extérieur. L’absence de ce dernier peut être étouffant à ce propos, car nous n’y sommes pas habitués, urbains que nous sommes devenus.

Tantôt un chien qui aboie toute la nuit.
J’ai appris à haïr ces bestioles, leurs déjections urbaines, et leurs maitres.

Tantôt une vache qui beugle.
J’ai découvert que les vaches dormaient le jour et avaient une vie nocturne riche et complexe.

Tantôt un coq qui dès les premières lueurs se prend pour un rossignol.
J’ai été éveillé au fait que ces derniers n’attendaient même pas le jour pour « chanter », les bâtards !

Tantôt un rural, qui se déplace en mobylette, forcément bruyante.
J’ai découvert combien on entendait de super méga putain de loin et pendant putain de super méga longtemps, ces satanées deux roues.
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Dans la campagne les sons sont matinaux.
La grasse matinée est un concept à l’opposé de la ruralité.
Donc, première règle, pour bien bivouaquer (lire : « bivouaquer tranquillement »), il faut le faire tard – À l’heure où les gens sont absorbés dans leurs tâches quotidiennes: s’occuper des enfants, des chiens, des devoirs, des koalas, et regarder le tube cathodique.

C’est là, que dans la pénombre, je me livre à un rituel propre au cyclonomade que je suis.
Le déballage, le montage de tente, l’installation, tout doit être silencieux, précis. Bien sûr, en bivouac, pas question de faire de feu.
Un, c’est dangereux.
Deux, ça se voit/sent à 12000m à la ronde.
Trois, je mange ma viande encore sanguinolente.

Il y a quelques années, j’avais longuement hésité (j’insiste sur le longuement) à me poser dans une zone militaire bien définie avec ses panneaux.
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L’endroit semblait vaste, calme, sans personne à la ronde. J’avais finalement abandonné ce lieu qui semblait presque trop calme, pour me réfugier 15 kilomètres plus loin, dans un maquis.
Quelle bonne bonne bonne idée !
Oui, quelle bonne bonne bonne bonne idée. Pendant une partie de la nuit j’avais eu droit aux tirs de canons et autres grenades.
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Pour ce périple, je vais partir avec tout mon matériel de camping, ainsi qu’une bonne expérience du bivouac.
Cependant pour cette fois-ci, sur un voyage aussi long, je compte aussi utiliser l’immense réseau des « Warmshowers. »
Mais c’est quoi les « Warmshowers ? »
Pour ceux peu familiers avec la langue de James Bond, « Ouarme chaouère » signifie tout bonnement « douche chaude ».
Composé en majorité de cyclonomades, il s’agit d’un réseau mondial où l’on peut être hébergé gratuitement, on peut apprendre à dépecer un chat, on peut planter sa tente dans le jardin, on peut faire de la sculpture sur glace à la fraise de dentiste, on peut prendre une douche…chaude, on peut faire une lessive, on peut cuisiner, et on peut refaire le monde pendant des heures.
Pour ma part, je suis sur ce réseau depuis presque 3 ans et j’ai accueilli une bonne quarantaine de cyclos venant du monde entier: Brésil, Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Hollande, Pologne, France, Australie, Hollande, Suède, Corée du Sud.
Je me suis nourri de ces échanges et c’est quelque part, eux, qui au gré de leurs pérégrinations et aventures m’ont planté la petite graine du long voyage à vélo.

Les laissant partir, les matins, plus d’une fois je me suis dis qu’un jour ça serait moi qui partirais de chez quelqu’un pour aller loin.

Et bien voilà, bientôt, ça sera mon tour.
Bientôt.

« Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment. » David Foenkinos

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