JSMF – Jour 7

Je suis au chaud.
Je suis au sec.
C’est important.
Il y a déjà une semaine que j’ai quitté Orléans sous la grisaille dans le froid et avec un fort vent de face.
Pour la majorité d’entre vous ce fut une semaine « normale » faite de:
« Purée de réveil ! Je viens juste de m’endormir… »
« Satané patron/chef !  »
« Y’a quoi ce soir à la télé? »
« Sales mômes !  »
« Ai-je mis de l’assouplissant? »
« Purée cette robe me boudine, il faut que je reprenne la drogue le sport ! »
« Ils sont nuls ces bleus ! »
« Ah y’a un billet blog ! »
La routine quoi !
De mon côté, j’ai le sentiment d’avoir vécu quatre mois en une semaine.
Des centaines de kilomètres parcourus (trop vite), des dizaines de paysages différents traversés (trop beau), des dizaines de chansons massacrées (trop fort), des millions de coups de pédales (trop cool) , des dizaines de personnes rencontrées (trop sympas), des accueils si chaleureux et généreux chaque soir, et un saucisson sec de dévoré !
Roulant beaucoup, désireux de quitter les lieux connus, pour me rapprocher un peu plus de mon fils, certes, mais aussi de pays étrangers inconnus, j’ai donc bien avancé en une semaine.
Me voici donc en Allemagne de l’ouest dans la toute petite ville de Kappel, lire « schmoutzweinstresseinumgardorhheinstressenwald », accueilli chez un couple que j’avais accueilli chez moi quelques années auparavant.
Super accueil une nouvelle fois !
La journée fut belle, belle, belle comme le jour 🙂
Elle a commencé par une visite aux chutes du Rhin en compagnie de mon hébergeur (dégazé et frais comme un iris) puis par deux heures de vélo dans la moyenne montagne  de la forêt noire toujours en sa compagnie.
Je tenais à réellement en profiter aujourd’hui et j’en ai bien profité, ne roulant que 89 km, mais avec de belles ascensions quand même, histoire de faire du sport.
Ainsi j’ai eu l’opportunité de me faire un kilomètre à 18 %, ce qui avec la charge que je me tape, correspond à porter douze enclumes en plomb, deux percherons, et quinze chats morts.
Je n’ai pas posé le pied, par orgeuil, et je suis arrivé au sommet, épuisé – je ne suis pas malin au cas où vous en douteriez !
La journée fut donc belle, belle, comme…bref, vous avez compris.
En fait, les choses ont commencé à se gâter avant de retrouver mes amis, et vingt minutes après avoir lâchement abandonné NED. Ayant pris une photo avec le loustic posé sur une sacoche, je n’ai réalisé que deux kilomètres plus loin que j’avais laissé tombé celui-ci.
J’ai dû rebrousser chemin pour récupérer un très faché  NED.
Plus tard Zorro la pluie est arrivée et les prévisions s’annonçent très pessimiste pour les quatre prochains jours: à savoir pluie, pluie, froid, et vent violent.
Même le présentateur de la météo était déprimé en l’annonçant.
Ainsi, je suis conscient que ce qui m’attend  va sans aucun doute tester mon mental, plus que mon physique.
Le camping c’est super QUAND IL FAIT BEAU…
Bref, demain matin, je repars en voiture jusqu’à Donaueschingen avec mon couple d’amis qui a décidé de passer la journée sous la pluie avec moi et de camper aussi avec moi à Sigmaringen. Eux repartiront lundi matin en train…
N’ayant pas réussi à trouver un Warmshower ou un Couchsurfing, je vais donc ne pas pouvoir poster avant un moment je pense…
Ma route devrait me conduire à Sigmaringen, puis Ulm, puis  Ingolstadt, puis Ratisbonne, puis Passau.
Sur ces belles paroles, je vais tenter de me reposer, si les cloches qui sonnent chaque quart d’heure, me l’autorisent.
Les photos du jour:

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Ned abandonné…

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JSMF2015 : Je me suis fait un tour de Rhin

Je suis dégouté j’avais écrit un long billet, et pouf il a disparu…
Bref, une superbe journée aujourd’hui avec 150 km de Saint Louis à Schaffhausen, en Suisse.
Je me suis beaucoup amusé à passé d’un côté à l’autre du Rhin. J’ai compté, je l’ai fait 7 fois au total.
Je suis bête, non?
Tiens en parlant de bête, bravo aux participants du jeu ornitho, il s’agissait bien d’un Fuligule Morillon, et d’un harle bièvre.
Sinon, j’ai beaucoup chanté aujourd’hui, mal, mais est-ce important?
La chanson Ricorée (pour ceux qui connaissent) a été revisité de nombreuses fois, je vous le dis 🙂
Comme j’avais un hébergement à Schaffhausen pour 19h, j’ai pu profiter de l’amplitude diurne pour prendre mon temps. Il est juste dommage d’être arrivé un peu tard aux chutes du Rhin – avec mon appareil photo, pas possible de prendre de belles photos. J’en ai juste pris plein les yeux…avec Ned 😉
J’ai énormément apprécié la partie Eglisau – Schaffhausen…le plus beau (et dur aussi) à mon goût sur cette fraction de l’Eurovélo 6.
En fait, je réalise combien mes journées sont riches et remplies. J’ai le sentiment de ne dire qu’une infime partie de ce que je vis..Je pourrais en écrire des pages…
Aussi, personne sur le parcours, j’ai vraiment été seul jusqu’au soir, je n’ai pas la saison des cyclos.
De toute façon, la langue parlée ici m’est inconnue, alors les échanges.
Merci encore pour vos commentaires que je découvre chaque soir. C’est un petit moment que j’apprécie particulèrement. MERCI.
Demain, je file retrouver des personnes que j’avais hébergé, il y a deux ans.
Le parcours devrait me conduire par Donaueschingen puis Villingen- Schwenningen (si ce sont des noms de villes et non pas des maladies 🙂
Ah j’oubliais en vrac…
– j’ai sauvé une vie…une oie prise dans des filets. Sans mon intervention héroïque, elle aurait sans aucun doute périe dans de longues et affreuses souffrances.
– j’ai mangé une patisserie allemande aussi grasse et calorique que bonne (tout est bon quand on a faim).
– Il a fait presque beau, et le vent m’a bien poussé.
– j’ai fait la course avec un cycliste: j’ai perdu.
– Poussé par la curiosité, je suis allé demander à une femme ce qu’elle ramassait dans la forêt. Malgré son anglais décent, je n’ai rien compris.
– Tout le monde ne parle pas anglais.
– J’ai oublié mes ciseaux à St louis.
– J’ai fait flipé un vieux en le doublant (en silence en côte) – je m’amuse comme je peux/veux.
– La personne m’hébergeant ce soir s’est défoncée à l’herbe ce qui fait que j’ai eu un soirée sans beaucoup d’échanges. Il est sympa quand même !
Allez sans plus attendre les photos avec ou sans NED 🙂

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JSMF – Jour 5

Bah voilà.
Le premier chapitre se clôt.
Si, si, il se clôt.
Comment ça, il se clôt?
Je suis arrivé?
Presque…mais pas encore !
Pourtant en roulant comme j’ai déjà roulé, on pourrait presque penser que j’arrive à Dubaï en fin de semaine prochaine…
Sauf que je vais me calmer et commencer à moins rouler.
Tenez, aujourd’hui, j’ai juste fait 102 km.
Juste.
J’ai flâné le long des canaux, trainé à Mulhouse, et pris mon temps.
La pluie, absente, a été remplacé par un vent froid que j’ai eu 50% dans le dos, et 80% de face 🙂
Ainsi, ce soir, je suis en Suisse, enfin presque puisque je ne suis qu’à deux kilomètres, accueilli à nouveau, au chaud à nouveau.
J’ai donc eu droit à une douche chaude, un bon repas, de chaleureux et sincères échanges avec une personne  que je n’avais pas vu depuis 20 ans.
Vraiment super toutes les rencontres faites en même pas une semaine.
Ainsi, après avoir quitté Orléans, être passé par St Amand en Puisaye, Vézelay, Avallon, Vitteaux, Dôle, Besançon, Montbéliard, Mulhouse, je suis ce soir à Saint Louis à quelques kilomètres de Bâle – moment géographie terminé 🙂
Demain, je quitte  donc la France pour la Suisse où je suis attendu demain soir.
Alors oui un chapitre se clôt, car désormais ma langue maternelle ne va plus m’être utile, mes repères vont être bousculés, et je me lance quelque part dans l’inconnu.
Vous me suivez?

Allez en attendant les photos du jour…Continuez à chercher NED…et petit bonus, identifiez les deux oiseaux pris en photo.

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Mon vélo à 1000 KM 🙂

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JSMF2015 – jour 4

Je pourrais me plaindre de la pluie constante durant le jour…
Je pourrais me plaindre du froid et de l’humidité aussi.
Je pourrais me plaindre de l’erreur de parcours qui m’a rajouté 20 km avec de belles côtes…
Je pourrais me plaindre d’avoir roulé de nuit et d’arriver après 177 km…oui vous lisez bien 177 Km !!!
MAIS, je vais me concentrer sur le positif:
– J’ai été royalement reçu chez de nouveaux Warmshower (le père est même venu me chercher à 6 km en pleine nuit alors que j’étais perdu et plus très lucide.)
– J’ai eu le vent dans le dos.
– J’ai vu beaucoup, mais alors beaucoup de paysages différents.
– Je suis au chaud et au sec.
– J’avais de nombreux commentaires à lire ce soir.
Demain dernier jour en France.
Allez hop les photos du jour
Amusez vous à chercher NED 🙂

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JSMF – jour 3

Pluie du matin
Soleil du midi
Orage du soir

Merci à tous vos commentaires, cela me fait très plaisir. Je ne dispose pas malheureusement de temps pour y répondre (bizarre non?)
Après juste 110 Km, je suis à Dôle ce soir…Demain, camping sauvage normalement.
Allez les photos du jour…Amusez vous à trouver NED 🙂

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DIJON, renversant non?

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Le début de l’EV6

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JSMF – ORLEANS – ST AMAND EN PUISAYE – VITTEAUX

Bon avant toutes autres considérations, je voudrais remercier les personnes présentes lors de mon départ. Cela m’a beaucoup touché, et il fallu que les dernières personnes me quittent pour que je vomisse verse une petite larme.
Merci aussi pour les nombreux messages, cependant même si j’ai pu les lire, je ne tiens pas à répondre, car je passe pas mal de temps à rouler, flâner, manger, et m’organiser.

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Bon pour en revenir aux larmes…
Celles-ci furent peu nombreuses, car à peine avais-je eu le temps de renifler et m’essuyer le nez morveux que deux types arrivaient et me bombardaient de questions.
Eux: « Vous allez où? »
Moi: « à Dubaî »
Eux: « Vous partez de Charles de Gaulle? »
Moi: « Non, j’y vais à vélo »
Eux: « Bla bla bla blabla »
Moi: »Bla bla bla »
du coup, je n’ai même pas pu pleurer tranquillement et après je n’en avais plus envie.
J’ai donc vomi !

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Sinon, la journée de dimanche fut donc très éprouvante.
Rouler 120 km le vent de face m’a épuisé et quand il fallu que je trouve un coin où dormir, je n’étais pas trop lucide.
Fort heureusement, en demandant si je pouvais me mettre « là-bas », une dame qui passait pas là, m’a gentiment proposé de m’installer dans sa grange. Cool, j’ai donc dormi à l’abri, mais malheureusement pas au chaud.

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Il a fait très froid la nuit dernière au cas où…
Sinon, j’ai été surpris de dévouvrir que dans certains coins de France, il n’y avait pas de connexion…téléphonique.
Pas de réseau, pas de 4G, 3G, 2G, G,  que dalle.
Il existe donc des coins où « Google » est le nom d’un fruit incestueux, où « Yahoo » est le cri des Village People, où « Facebook » est le mari de la chèvre de monsieur Seguin, et où un « tweet » est le cri du Pouillot Fitis.
Ici, le mail arrive à pied ou en voiture jaune, et les sms par pigeons voyageurs.
Vous auriez dû me voir le bras tendu à la recherche de petites barres de connexion, dans la nuit étoilée de St Amand en Puisaye.

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Le matin en me levant, je savais que j’avais des bornes devant moi.

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Google m’avait promis 127 km.
J’en ai fait 150 !
Oui 150 km de vélo…en 8h50…OUI OUI 8h50 de vélo !
Oh ce fut joli, oh ce fut superbe, oh ça a monté, oh il a fait beau…
La montée à Vézelay a été superbe, en revanche j’ai « pris cher »…Gros dénivellé, du coup en redescendant et après 4 km.
Hypoglycémie…numéro UN.
La seconde hypoglycémie est arrivée en fin de parcours où les 400 derniers mètres à 13% ont eu raison de mon corps…
Autant dire que je suis, comment dire, bien rincé.
Fort heureusement, l’accueil très chaleureux de mes premiers Warmshower m’a permit de récupérer un peu.
Demain direction Dôle…
Allez petit florilège de photos

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Vézelay

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L’amour est dans le « prêt »

Nait-on voyageur ?
Nait-on aventurier ?
Nait-on supporter de foot ?
Ou bien le devient-on ?
Je me garderais bien de me lancer dans un dissertation philosophique entre les déterminants biologiques du comportement et les déterminants sociaux.
PROUT !
Sommes-nous poussés par une force obscure, mystique qui fait que certains d’entre nous franchissent le pas de partir loin, longtemps ?
BURP !

Je vais me donner quelques mois avant de rendre ma copie.
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Mes sacs sont prêts.

À mes marques.

Tout est près.
Tout est prêt.

À mes marques.

Je serai donc ce dimanche 22 mars 2015, Place de Loire à Orléans, entourés d’un peu de famille, d’amis plus ou moins proches, et de curieux aussi, je pense.
Départ à 8h30 – couloir 4.

Je mentirais de dire que je suis serein.
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Brisant le cercle des familiarités, partagé entre l’excitation extrême d’un départ si longuement anticipé, enchanté par un voyage qui sera riche en rencontres, riche en histoires point narrées, je suis aussi absolument pétri de doutes, chargés de peurs, et d’inquiétudes.
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Lâcher prise.
Se laisser porter.
Vivre.

À mes marques !
Prêt ?
Pars !

Ah zut, pas encore, il me reste du chocolat à acheter.
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La loi de mon physique

Le cyclo-randonneur ( moi) ne s’est pas préparé physiquement (frimeur), « j’ai déjà une bonne condition physique » (hâbleur).

C’est par ces mots que la journaliste me décrivait, il y a un tout juste une semaine.
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C’est vrai, j’ai une bonne condition physique pour un jeune homme de 46,5 printemps (vantard).
Disons, que j’ai une condition physique supérieure à la moyenne française (fanfaron), et sachant que le Français moyen n’en rame pas une, je n’ai qu’un faible mérite (baratineur).
Je le revendique (crâneur).
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C’est juste que je n’ai plus beaucoup de cheveux là, là, là, et là, que mes poils blanchissent là, là, là, et là, ah non pas là, mais plus là, que j’entends de moins en moins bien ça, ça, et ça, que je me lève dix fois la nuit pour aller marquer mon territoire là-bas, là-bas, et là-bas, que je ride là, là, et là, que je me raidis par forcément où je le souhaiterais, que je fatigue plus rapidement après trois jours à plus de 8h de sport, que j’ai des maux divers là, là, là, là, et là aussi.
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Pendant très longtemps, j’ai abusé avec grand plaisir de mon corps, courant « beaucoup » et « vite » et pendant « longtemps ».
Il y a une semaine, je me sentais fort, confiant, et prêt, et non pas fiant, confiêt, et pront.
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Et puis, l’article est sorti…
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J’ai alors eu le sentiment quelque part en République Haïtienne (où je suis beaucoup lu) dans une petite maison reculée perdue au fin fond de l’île aux forêts verdoyantes, une cérémonie avait dû se tenir. On avait dû abondement piquer d’aiguilles là, là, et là, ma grossière représentation en raphia.
J’ai toujours été étonné du nombre, fort heureusement faible, de personnes qui pouvaient me haïr/jalouser sans me connaitre.
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Ainsi, c’est d’abord mon genou qui a commencé à me « titiller ».
Une gêne sourde, un truc bizarre, un truc de vieux.
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Et depuis ce weekend, c’est un rhume carabiné qui pompe mon énergie de cyclo.
Je suis las, las, et las.

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Pour en rajouter, mes nuits sont pétries de cauchemars.
Tantôt, j’ai oublié ce truc hyper important, des fois même c’est deux trucs !
Tantôt, je viens de perdre ce machin vital, genre ma prothèse de hanche ou mon doudou.
Tantôt j’ai laissé ce bidule essentiel brûler dans la casserole.
Tantôt j’ai adopté douze chats.

C’est l’hallali tralala, la curée dans mes pensées.

Je me roule dans les doutes comme des « doubitchous » sous des aisselles.
Suis-je prêt physiquement ?
Bah, pour le commun des mortels : oui !
Bah, pour moi : non !
Pourtant, je me suis entrainé, j’ai couru après le temps, couru après les autres, couru avec les autres, couru derrière les filles, couru derrière les chats avec un pic à glace, j’ai roulé avec mon petit vélo, fait des exercices pour travailler tous mes muscles.
J’ai tout le matériel du parfait cyclo.
J’ai planifié au plus prêt.
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En fait, je suis tellement prêt que j’ai le sentiment de ne pas l’être.

Des parts en voyage

Un peu de musique…

« Les heures, les minutes, les secondes coulent, glissent, et disparaissent en tourbillonnant, aspirées par le ballet aquatique qui se déroule devant mes yeux. »
Quel poète, je fais moi des fois…
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« La Loire, fleuve majestueux, charrie une eau boueuse, chargée de bois morts, et d’une mousse blanchâtre. Je suis posé. »
Non, mais franchement, j’ai dû rater une carrière moi…Créer une églogue à quelques jours de mon départ, quel romantique cet homme !
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« Arion est derrière moi.
Impassible. »
Bon, à la fois c’est un bout de ferraille…

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Je vais partir.
J’ai prêt, pardon, je suis prêt.
Ça me grattouille, ça me chatouille, ça me démange maintenant.
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J’absorbe depuis quelques jours tout ce que je peux.
Je prends part à tout.
C’est rigolo, une vraie petite éponge le Pascal.
Je me nourris de lumière (ah oui, ça se mange la lumière ?), de couleurs (même la couleur caca d’oie ça se mange ?), d’échanges, de paroles, d’attentions – Bon alors-là, c’est du délire total de manger ça !
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Le départ approchant, je prends la mesure de ce que je laisse derrière.
J’en suis conscient, et c’est bien.
C’est bien, bien, bien, bien.
Toujours regarder le verre de « Romanée-conti » 1945 à moitié plein.
Toujours.
Je laisse tant de choses derrière, mais j’en amène tant d’autres  – 25 kg environ et une petite œuvre unique (un pin’s) réalisée par cet artiste.
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Je laisse ainsi ma famille, mes amis, « mes » athlètes, mes bocaux de viscères de chats, mais je prends aussi « des parts d’eux…Gérard. »

Des parts en voyage, départ en voyage, des parts de voyage, départ pour le voyage, des parts pour le voyage.

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« Le soleil darde de ses généreux rayons, les timides badauds qui se oignent de lumière en bord de fleuve. Le printemps est bientôt là ! »
Non, mais là sérieux, cette phrase mérite un prix tellement elle est poétique, vous ne trouvez pas ?

Dernièrement, je me suis posé la question de savoir quel(s) livre(s) j’allais prendre (lire « porter ») avec moi pendant ce voyage. J’avais pensé à une liseuse, mais je doute fort qu’une femme veuille m’accompagner et me lire un livre chaque soir.
Donc, j’ai décidé de ne prendre qu’UN livre: « Oui-Oui dépèce un chat à la tronçonneuse », et ça sera tout simplement celui-ci:

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« Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. – Ô Rumeurs et Visions !
Départ dans l’affection et le bruit neufs ! »
Arthur Rimbaud, Illuminations

Allez, ceci est l’antépénultième billet dans la catégorie « Le Avant » avant de partir « rejoindre mon fils à la force de mes mollets » comme le dit la journaliste sur l’article très sympa qu’elle a écrit.
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Une brève histoire de matériel

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé dans cet article d’apporter quelques informations sur le matériel utilisé pendant MES voyages à vélo.
Loin de moi l’idée de dire ce qui est le mieux, mais simplement ce qui ME convient, et libre à vous de vous faire votre opinion.
J’espère modestement éclairer un peu les futurs cyclos randonneurs que vous allez un jour devenir !
Bon alors…
Il vous faut simplement prendre en considération:
– La longueur de votre périple (un week-end? une semaine? Trois semaines? Un an?)
– La météo éventuellement rencontrée et la saison durant laquelle vous allez voyager.
– Les ressources qui seront à votre disposition.
– Votre niveau de confort recherché (camping/bivouac/auberge/hôtel/restaurant).

Pas la peine d’avoir une forme physique exceptionnelle, celle-ci se fera au fur et à mesure de votre voyage.
Ainsi, pour la France pour quelques jours, il vous faut simplement: un vélo (sans les roulettes), une sacoche/un sac à dos (transport des vêtements, etc.), et une Carte Bancaire. Pour un voyage plus « roots », la liste va s’allonger et le poids croitre proportionnellement au niveau du confort que vous rechercherez.

J’ai le souvenir lors de mon premier voyage être parti vraiment très mal équipé.
Parti sur un coup de tête (aïe !), j’avais rassemblé en l’espace d’une semaine « ce que j’avais pu ».
Si je peux résumer rapidement ce que très mal équipé signifie:
trop trop lourd et surtout de trop de tout.
J’avais peur de « manquer » , alors qu’en France, on ne manque de rien.
Pour ce premier périple, qui m’avait conduit à couvrir 1500 km en 15 jours, j’avais transporté beaucoup d’inutile.
L’inutile à vélo est lourd, tout comme l’individu saoul à la sortie de boite de nuit.

Quand j’ai décidé à nouveau de me lancer dans de nouvelles aventures de cyclonomade, j’ai rapidement pris la mesure qu’un matériel de qualité était important, pas forcément nécessaire, juste important.
Important, et rassurant devrais-je ajouter.

Pour ce voyage, j’ai fait une liste de quelques éléments qui vont rendre mon voyage plus confortable.
Commençons  par le couchage:
Bien dormir en voyage à vélo reste une priorité.
Demandez à n’importe quelle personne revenant de voyage, on leur pose souvent la question: « Tu as bien dormi, tu as bien mangé, c’était beau, les monos étaient sympas? Tu as ramené des maladies ?  »
Donc, je disais, qu’en voyage à vélo, bien dormir est important.
On roule beaucoup, dans le froid, sous la pluie, dans la chaleur, dans le vent, et en plus ça monte sans arrêt.
Bref, on se fatigue.
Si on dort mal, on ne récupère pas, et si on ne récupère pas, on devient irritable, si on devient irritable, on s’épuise, si on s’épuise, on fait n’importe quoi, et si on fait n’importe quoi: ON MEURT !
Je vous renverrais à cet article.
Donc depuis quelques années, j’ai décidé d’investir dans de l’équipement de qualité.
Ma tente, bien qu’un peu lourde, reste très spacieuse, et moi j’aime bien mon confort comme les vieux.
De plus dans ma tente, je peux aussi y mettre mes affaires, ce qui n’est pas pour me déplaire en camping sauvage.
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Une fois dans la tente, je dors dans un duvet en plume de dodo (bien entendu, mouahaha) de la marque Triple 0 – je tiens à préciser que je ne suis pas sponsorisé par les diverses marques citées dans ce billet.
Acheté, il y a quelques années, il est vraiment tip-top camembert (aucun lien de parenté). Il pèse 853 g et mesure « pas beaucoup ». Pour compléter un peu la chaleur du duvet, j’ai fait l’acquisition d’un sac à viande (de chat) « Sea to Summit. »
Je compte aussi utiliser ce dernier comme seul sac de couchage quand les températures seront trop chaudes.
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Enfin, ma literie est complétée par un matelas « Sea to Summit » alliant confort et légèreté, ainsi qu’un oreiller « Thermarest » en plume de…dodo (ok, je sais je l’ai déjà faite cette blague, mais je ne m’en lasse pas et comme c’est mon blog, je fais/écrit/dit ce qui me plait, nananèreu !)
Voilà, je dois m’en sortir pour le couchage et dormir sereinement –  Et puis, pour rajouter un peu de quiètude lors de mes nuits en camping en sauvage, je dors avec des boules Quies (aucun lien de parenté), car comme j’en ai parlé ici, la nuit est souvent bruyante.

Note aux tueurs en série, pas la peine de vous fracasser la tête (et la mienne) afin d’être silencieux, je ne vous entendrais pas venir si vous voulez me manger et me cuisiner avec des oignons !
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Tout comme bien manger et bien boire est important.
Non, je recommence…
Au même titre que bien dormir au chaud et au calme, manger chaud quand il fait froid et très copieusement, est important, il ne faut pas négliger la nourriture. Lors de voyages à vélo, on ne mange pas, on se nourrit (de féculents), comme j’en ai parlé ici.
Pour chauffer de l’eau, je dispose d’un pocket Rocket de MSR.
Une tuerie cet engin.
Je suis passé de mon bon vieux bleuet à 1300 W une machine de guerre qui chauffe de l’eau en autant de temps qu’il vous en fallu pour lire cette phrase. Il a juste l’inconvénient de faire  le bruit d’un avion à réaction au décollage.
Pas forcément une bonne chose quand on veut être discret en bivouac.
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Sachant que je vais aussi me retrouver dans les endroits où trouver de l’eau risque d’être un problème, j’ai acquis une vache à eau (toi-même) de 6 litres. Ainsi, je pourrais l’utiliser pour non seulement m’hydrater, mais pour aussi éventuellement me laver les cheveux.
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Enfin pour clore le chapitre « transport d’eau », j’ai installé un porte-bidon « BBB » XL, pouvant accueillir une bouteille d’1,5L.
Ainsi, avec le thermos de 0,5L, j’ai la possibilité de transporter un minimum de 8L de liquide.
Ça ne semble pas forcément conséquent pour: s’hydrater, se faire à manger, et éventuellement se laver, mais 8L = 8 kg (le poids d’un chat mort adulte grassement nourri.)
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Dernières  acquisitions qui viendront compléter la liste de mon matériel.
– De vrais gants de vélo ainsi qu’une paire de chaussettes totalement étanches de la marque « SealSkinz ».
Bon, je ne garantis pas des pieds à l’odeur de rose, mais ayant eu à souffrir des pieds mouillés pendant des heures, je me suis dis plus jamais – Ainsi, ça devrait le faire.
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– Du côté de l’électronique.
Je dispose d’un téléphone, d’un petit appareil photo, d’un grille-pain,  et d’une tablette.
Si je ne compte pas utiliser mon téléphone très souvent, en revanche, l’écriture (journal et blog) va me voir utiliser la tablette plus régulièrement.
Après avoir longuement réfléchi (entre le chargeur solaire et la dynamo montée sur le vélo), j’ai opté pour l’acquisition d’une batterie « Anker » qui me permet de recharger mon téléphone, ma tablette, et mon appareil photo.
Bref, j’espère trouver de l’électricité assez régulièrement pour recharger celle-ci.
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Voilà, je répondrais avec plaisir à toutes les questions concernant le matériel dont vous pouvez avoir besoin pour vous aussi vous lancer dans la cyclo-randonnée.

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Alors, vous partez quand?