Sur la route de…mon fils

Il fait doux, bon, lumineux peut-être.
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Il est tôt, ou tard, vous prenez du temps pour enfin vous poser, et vous laissez porter par mes mots, bercer par les photos.
Il y a peut-être même posé à côté de vous, un thé, une tisane, un café, un soda, des chips, une « pizza pour la 12 ! » pour ce que j’en sais.
Merci !
Et là, vous vous émerveillez devant les paysages, les couleurs, les lieux que je vous présente.
« Ouaaaaaah, c’est vraiment super ! »
« Ça fait rêver ! »
« Mais c’est où ça ? »
« Purée, mais c’est super beau !« .
« Mon Dieu, il a vraiment fait ça? »
« Ouaaaaah la chance ! »

Oui, c’est vrai, ça fait rêver.
Mais il est temps que je me pose quelques minutes pour vous raconter la vérité.
Le côté obscur du voyage à vélo en mode solo.
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Car voyez-vous quand on voyage seul à vélo, on vit des émotions fortes, on fait des rencontres inoubliables, on prend des photos de coins très jolis, on puise au plus profond de soi pour avancer, mais en fait on reste toujours…seul.
De cette solitude nait une force, sans aucun doute, mais aussi des comportements « borderline ».
Soyez rassurés (ou pas), pas de folie, mais simplement de petits pétages de fusibles.
Un fusible.
Ou deux.
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Plus d’une fois, je me suis surpris à me raconter, en roulant, des histoires de nains de jardins pilotant des hélicoptères remplis de petits galets clignotants, à m’imaginer des scénarios abstrus comme je le faisais quand j’étais petit, le soir avant de m’endormir dans la cave où me laissaient mes parents pour la nuit.

Le mont Ventoux  sous la pluie, dans le vent, dans le froid,  et dans le brouillard: un régal?
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Passant entre 6 et 10h sur le vélo, on réfléchit sur sa vie, ses choix, ses succès, ses erreurs, ses accomplissements, ses regrets, et sur la vie des autres aussi.

On pense…on pense…on pense…
On pense à quoi ?

À tout et à rien.
On se vide.

Vous n’avez qu’à faire ,seul, un long périple en voiture SANS la radio,  et vous verrez ô combien, il vous sera impossible de vous rappeler ce à quoi vous avez pensé pendant le trajet – On peut aussi faire la même expérience en regardant un match de foot, ou en ramassant des œufs de Pâques.
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Lors de mes voyages à vélo, il m’est arrivé de ne pas dire un seul mot pendant presque 48h.
Forty eight fucking hours !
Pourtant j’aurais juré (sur la tête de n’importe quel chat) que pendant ce temps j’avais parlé.
Ben non !
En fait, c’était à l’intérieur que « ça» parlait.
Dingue non ?

Quelques fois, on cherche tellement à combler le silence de sons/bruits (musique, télé, radio, paroles) que lorsque ceux-ci sont absents, on s’en étonne.

Se faire sécher, ça donne ça:
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Je dois admettre qu’au début du voyage, c’est fréquent, je comble le vide (ex: les chants, les hurlements, etc.), puis, plus j’avance, moins j’ai besoin de parler.

Pourtant, je dois aussi avouer que cette solitude apporte un profond désir d’aller vers l’autre, de l’écouter, de vraiment l’écouter, de vraiment vraiment vraiment vraiment l’écouter, car souvent on a besoin de l’autre :
« Où est la ville de… ? »
« Où puis-je trouver cette route/de l’eau/un supermarché ? »
« Y’a un match de foot ce soir à la télé ? »

Bien sûr, les galères sont traversées seul, personne sur lequel s’appuyer, compter, parler, personne pour nous rassurer, pour nous donner un coup de pied au derrière.
Alors souvent je prends une photo, ou je filme, ou pire, je ME filme.

Je suis « deux. »

En avoir marre, ça donne ça:

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Et puis purée, tout est exacerbé !
Un truc n’est pas beau: il déchire trop de la balle sur la vie de ma mère !
Un truc n’est pas galère: c’est la Géhenne, mais en pire !

Le pépin classique, c’est ça:
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Plus d’une fois, je me suis mis à chialer, le cul sur la selle, car j’avais mal, j’en avais marre, je souffrais, et surtout ça durait bien trop longtemps. Subir les soubresauts incontrôlés de mon corps, accompagnés d’un nez morveux dégoulinant, le  tout en pédalant ne font pas rêver à ce moments précis.
Enfin, ça ne dure quelques minutes, et hop on repart.
On repart toujours.
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Plus d’une fois je me suis mis à hurler.
Oui, oui hurler.
Dans la montagne, tôt le matin, c’est du plus bel effet et ça fait un bien fou (et peur aux animaux aussi !)
Essayez vous verrez – En revanche je ne réponds de rien si des types en blouse blanche vous invitent à enfiler une veste aux manches très très longues, en vous parlant à voix douce: « Tout doux, tout doux, ça va aller« .

Regardez donc les 30 premières secondes de la vidéo, poussez à 12’33 (non le ridicule ne tue pas) et filez ensuite pour admirer mes talents de danseur (21’54):

J’ai donc chanté à tue tête, massacrant les classiques Français ou étrangers, oubliant souvent les paroles, en inventant d’autres (je suis très fort), et cela pendant très très très longtemps.
Essayez vous verrez – En revanche je ne réponds de rien si des types en blouse blanche vous invitent à enfiler une veste aux manches très très longues, en vous parlant à voix douce: « Tout doux, tout doux, ça va aller« .
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J’ai ri.
Tout seul, ça fait peur. Pourtant que rire est bon !
Essayez vous verrez – En revanche je ne réponds de rien si des types en blouse blanche vous invitent à enfiler une veste aux manches très très longues, en vous parlant à voix douce: « Tout doux, tout doux, ça va aller« .
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Je me suis senti heureux, mais alors heureux (presque comme « Ulysse qui a fait un long voyage »), aspiré par des moments d’une joie si rare, d’une exaltation si pure, simplement en me glissant le soir dans mon duvet sec ou bien en mangeant un chat grillé une soupe chaude.

Comme quoi, franchement, l’essentiel ne coûte vraiment pas cher !
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4 réflexions sur “ Sur la route de…mon fils ”

  1. Merci, je n’y manquerais pas – Tu pourras toujours suivre mes pérégrinations ici puisque je compte bien entendu poster sur ce blog régulièrement de mes nouvelles pour ma famille et mes amis 🙂

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  2. Bonjour Monsieur ! J’ai lu votre témoignage sur le Facebook de la république du centre j’étais très surprise. Vous bossez plus au lycée Saint Paul ?
    Bon voyage à vous 😉
    Alison Goyard

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