JSMF – TARABYA – RUMELI FENERI – TARABYA

Quand j’ai vu la grisaille ce matin et la relative fraicheur qu’il semblait faire, je me suis embouchonné dans mon duvet et j’ai fait la grasse matinée jusqu’à…7h.
J’ai vraiment démarré doucement, tout doucement, très doucement, profitant du temps moyen de ce début de jour pour aller à la poste. J’ai ainsi envoyé mon second paquet de « chosesdontjespereneplusavoirbesoin ».
J’étais passé la veille et la dame m’avait dit (elle parlait bien anglais) qu’il n’y avait pas de soucis pour les petits cartons. Sauf que moi, ce matin j’étais arrivé avec un gros petit carton.
Une boitounette quoi !
Elle m’a donc fait les gros yeux, m’a sorti un « gulgul machin truc », mais m’a diligement donné de quoi enturbanné la dite boitounette. J’ai passé dix bonnes minutes à m’assurer que le paquet était solide et bien ficelé. Il ne fallait pas que le sac de ciment, le chandelier en cristal, l’emmental entier, et les douze boules de pétanque ne s’échappent pendant leur retour en France.
J’ai emballé grave mon paquetounet tout en sifflant, car moi, j’aime bien siffler quand je fais des paquets.
Je siffle aussi quand je suis content et quand je mange des sushis. Cet exercice terminé avec une grande fierté et sous les applaudissements des deux vieilles dames présentes, j’ai regardé ma boitounette toute belle et bien solide (je venais de vider un rouleau de 600m à la postière), tout ça  pour m’entendre dire qu’en fait c’était trop gros, trop lourd, et que j’avais deux options : faire deux petits paquets, ou alors me taper 45 minutes de vélo (l’aller 45’ hein !) pour aller à la poste principale pour envoyer la dite boitounette. Vous savez tous ce que j’ai fait : ben oui, j’ai vomi pour me déstresser, et puis j’ai explosé ma jolie boitounette pour en faire deux petits paquets – les autres personnes présentes n’ont pas réellement compris ce que « visage pâle » faisait.
Je ne les blâme pas, bien que vomir est assez naturel quand même ? Ainsi, ce qui devait durer une dizaine de minutes a duré plus d’une heure.
Ce fut un mal pour un bien, car le temps ne semblait pas vouloir se dégager.
Aujourd’hui, j’ai donc roulé tranquillement en direction du ch’nord, remontant le Bosphore.
A l’heure du repas, j’ai fait ma pause déjeuner pour consommer les fameux Börek avant d’attaquer une belle ascension à la sortie de Sariyer – palpitant non ?
Une fois au sommet (content de ne pas à avoir à porter les sacoches), j’ai pu admirer la vue : souperbe, oui souperbe !
J’ai mieux compris pourquoi en arrivant sur Istanbul quelques jours auparavant, j’avais croisé tant de camions.
Le fameux troisième pont sur le Bosphore était là devant mes petits yeux ébahis, enfin les travaux de titan (pas le joueur de foot, mais l’acteur) pour le pont.
Impressionant ce travail de terraformation !
Cela m’a fait penser au Golden Gate Bridge de Châteauroux.
Une fois arrivé sur les bords de la Mer Noire, là où le Bosphore débouchait, je me suis fait une partie d’escalade pour avoir LA vue (The View) à moi tout seul et me dire pour la énième fois :
« Purée, je suis arrivé ici à vélo ! »
J’en ai profité, profité, profité.
Le retour fut malheureusement un peu plus frisquet, car le brouillard est descendu (de la montagne en chantant). Je prenais la mesure en traversant les forêts de conifères ce que la route du nord pouvait être : Grande forêt, humidité, Trolls, froid, ok sans aucun doute aussi très joli. Je pense que je suis arrivé à saturation de ce genre de climat. Je sais, je sais, je sais, il n’est pas impossible qu’un jour, j’en rêve de fraicheur.
Point pour le moment.
Je viens de recevoir un email de mon hôte qui me dit que demain, la traversée vers le centre-ville est quasiment impossible au risque de se faire expulser manu-militari (oui, comme la recette) du pays. Mon choix de repousser d’un jour semble être judicieux. Je vais éviter de me fâcher avec les policiers/CRS/militaires Turcs, les chiens me suffisent amplement (encore un emmerdement aujourd’hui), et puis je viens de sacrifier un chat, donc ça devrait aller !
A noter que j’ai dû aller faire réparer mes cuissards décousus de partout. Je n’ai pas osé me lancer dans un exercice que je ne maitrise pas et j’ai laissé ça à un monsieur compétent.
Allez quelques photos du jour en vrac.
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Des oreilles de lapins pour un chat – il n’a rien vu l’idiot !DSC03638

JSMF – ISTANBUL BIS

Pas de tente à ranger ce matin, pas de chiens à chasser, pas d’affaires à ranger, pas de coupe-ongles à aiguiser, pas de corps à faire disparaitre dans un bain de soude. Pourtant, je me suis levé à la même heure que les poules (et le muezzin) afin de croiser au moins quelques minutes la personne qui me laissait les clefs de sa maison. Quand, je dis prendre mon temps c’est faire une petite maintenance globale : rangement et réorganisation des sacoches (ôter le miel, non, mon miel, mon miel, mon miel…du fond de la sacoche), toilette poussée pour se sentir humain à nouveau, et lessive pour sentir bon la rose et le benjoin.
Loin de vouloir rester entre quatre mûrs, j’ai décidé de partir à vélo dans le centre-ville d’Istanbul. Je connaissais bien la ville pour y avoir séjourné une semaine, 18 mois auparavant. J’ai donc paisiblement longé le Bosphore pendant 5 km avant de m’arrêter en urgence suite à une pluie d’orage qui m’a fait apprécié le fait de pouvoir me protéger – la même chose m’était déjà arrivé dans les Causses et j’avais maudit la terre entière de ne pas pouvoir m’abriter. Ce fut là, le seul moment météo déplaisant de la journée – je passe sur les tremblements de Terre, les typhons, et les épidémies de varicelle, et  les tsunamis, c’est si commun ici.

Istanbul n’était qu’à 20 km (pile-poil) de mon lieu de résidence, et j’y suis allé comme si cela n’était « qu’à côté » (à la fois, après 4200 bornes, c’était à côté). Il faut croire que j’ai perdu la notion de distance. Naaaa, pas vraiment, car je sais que j’ai encore au moins autant de kilomètres avant d’arriver à Dubaï.

Bon, sans les sacoches accroché à mon cyle, ce fut une autre façon de se déplacer. J’ai adoré, je me suis senti léger comme neige au soleil !

20 kilomètres en campagne, cela parait énorme, ici, j’ai eu le sentiment de ne rien faire. Il faut dire que je ne faisais qu’en prendre plein les yeux (et les poumons aussi). De Tarabya jusqu’à la place Taksim, ce ne fut qu’une sucession de restaurants ( et de superbes demeures) qui invitaient tous à se poser et à regarder le Bosphore tout en grignotant du « Buloglu Yorim Neserim Pit pit voumenmetrétroasilvouplé » ou bien un truc dans le genre. Bien décidé à faire le touriste, j’ai posé mon vélo dans l’auberge de jeunesse à côté de la Tour Galata (suite au conseil de mon hôte) et j’ai arpenté la ville, trainant dans les lieux touristiques, bondés, mais si dépaysants. Je me suis laissé porté dans le grand bazar, j’ai trainé autour des diverses mosquées, et vite j’ai été épuisé – comme un vieux.
Oui, oui, épuisé alors que je n’avais que 20 km dans les jambes. C’était normal me direz-vous, si si, vous allez me le dire hein ? Après tant de jours à fond, mon corps a pu enfin se relaxer – il a intérêt à bien en profiter le coco, car dans quelques jours, ça repart.

Sur le retour, j’ai été content d’être à vélo compte tenu du trafic très dense de cette ville de 240 millions d’habitants (enfin je crois que c’est 240 millions, vous savez moi et les dates d’anniversaire). Dans tous les cas, je me suis fait plaisir à slalomer comme un malade entre les voitures et à rouler « léger ». Je dis bien léger, pas « fin », car ma conduite ne fut pas très intelligente, je le reconnais. Bon, je n’ai jamais dit que j’était intelligent non plus.

Pour la suite du voyage, deux options s’offrent à moi.

Parcours UN : « mer noire »/nord : c’est le plus court, le plus évident, le plus emprunté par les cyclos. Or c’est très humide à cette époque (je crois avoir eu mon lot de pluie) et frais voire froid (pareil, j’ai eu mon lot), et ce n’est pas forcément joli. En revanche, c’est assez boisé et moins fréquenté. En gros, je passerai par Karasu, Zonguldak, Sinop, Samsun, Trabzon, et Erzurum.

Parcours DEUX : « mer Egée»/sud qui est beaucoup plus long, plus touristique, avec de belles ascensions (oh ouiiiii),  mais aussi le plus chaud et sec. Ce parcours m’obligera à prendre un train.

En fait, j’ai une grosse contrainte : récupérer mon visa Iranien à Erzurum.

J’ai déjà repoussé de deux semaines ma présence là-bas, et je ne connais pas la patience du consulat du coin. Désormais, on doit déclarer à quel endroit on veut récupérer son visa. Avant il faut avoir obtenu un numéro de référence (que j’ai eu il y a 15 jours). Bon, c’est un petit stress, car je dois envisager un plan B si le visa m’est refusé. Si c’est le cas, je rentre à vélo par la Grèce et les Balkans !

Petit addendum-bibendum :

Je viens de terminer de discuter avec mon hôte, et mon cœur penche pour le parcours deux avec un départ le 2 mai, car le 1er mai cela s’annonce comme un gros bordel à Istanbul – manifs à gogo, ponts coupés, rues bloquées, et tensions pré-électorale si vous voyez ce que je veux dire. Je n’aime pas les chiens errants, je n’aime pas les gens saouls, je déteste les chats vivants (morts, je n’ai pas de problèmes), mais je ne suis pas chaud à l’idée de me retrouver au milieu d’une manifestation politico-syndicale en Turquie.

Donc, cela s’annonce comme un départ matinal le 2 mai pour filer prendre un ferry à Yenikapi pour arriver à Yalova en début d’après-midi. Ensuite, ça sera Yalova – Antalya (environ 600 km – arrivée prévue vers le 8 mai, le jour de mon non-anniversaire), puis Antalya – Kayseri (environ 600 km – arrivée prévue vers le 15 mai, le jour de l’arrivée de Charlemagne en Afrique du Sud). Ensuite, je prendrai un train à Kayseri jusqu’à Erzurum. Je pourrais ainsi disposer d’une dizaine de jours pour me rendre à la frontière Iranienne.
Comme ça, cela semble simple, hein? On en repalera sûrement…

Demain, je compte remonter vers Sariyer et le nord du Bosphore…Peut-être, car je dispose d’encore quelques jours pour tout caler.

Bon, je vous balance quelques photos stambouliote en vrac, et je ne me relis pas…je suis flapi !
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JSMF – PAZARLI – AKALAN – TARABYA

Quelle joie et quel plaisir hier matin de découvrir que mon pot de miel adoré, chéri, porté depuis plusieurs jours, s’était très largement renversé dans ma sacoche « super méga hermétique ».
Oui, quelle joie !
La journée ensoleillée commençait de la plus belle des manières. Bon, loin de vouloir abandonner à la nature ce précieux liquide, j’ai…j’ai…comment vous dire ? j’ai « épongé » avec du pain le fond de ma sacoche.  Ce fut un peu « rural, brutal, crade », comme vous voulez, mais j’ai pu en manger un peu avant que je ne rince celle-ci.
¼ de mon pot de miel parti bêtement : snif snif !
Heureusement, cela s’était produit durant la fraîche nuit, et du coup, le miel était un peu plus dur et n’avait pas trop coulé.
Y’en avait quand même tout le fond de la sacoche, et pas mal de choses étaient collantes.
Ouais, nettoyage du matin hyper méga rigolo, hein ?

Y voyant là un signe du Malin, j’ai égorgé deux oies présentes sur le terrain vague, et bu leur sang, nu dans une bassine d’urine de porc. Malheurement, l’appareil photo n’a pas fonctionné.
Dommage non ?

Avec toute cette histoire, j’ai commencé à rouler beaucoup plus tard…Il était 10h30.
Ça commencait à bien chauffer sur la route, et les 30 premiers kilomètres furent chiants.
Un paysage de champs (le Cher à nouveau), mais beaucoup plus crade (le plastique est partout et les gens peu conscients de la protection de la nature, ils balancent tout partout..une horreur ! ).
En outre, d’un seul coup d’un seul c’est devenu beaucoup plus urbanisé.
Sur la route, les camions, absents hier, ont représenté les 9/10e du trafic, les autres 5/10e étant les bus (des maniaques ces chauffeurs de bus), les 2/3 étant des voitures personnelles, et enfin la moitié restante étant des estafettes de plombiers.
Comme la Turquie semble en construction de partout – je ne pense pas qu’il y ait une crise du bâtiment, les camions sont typés « camion benne » (aucun lien de parenté) ou « camion-toupie » (oui, oui comme le chanteur du même nom !).
Les klaxons furent donc plus des avertissements que des signes de soutien comme lors de ma première journée en Turquie.
Je me suis fait frôler fort souvent : pas très agréable.

Parlant des véhicules, je crois que j’ai trouvé LE cimetière des R12. C’est sans aucun doute par milliers qu’elles viennent mourir ici, dans les montagnes perdues de la Turquie. J’en ai ainsi vu une, très âgée semblait-il, partir seule dans la forêt, tout doucement, toussant une fumée noire, une roue voilée…
Elle n’est jamais revenue.
Perso, à chaque fois que je vois une R12 TX ou Toros, je pense à ma jeunesse…Une époque la R12, non ?

Sinon, une fois les « pas beaux » champs quittés et ma pause-déjeuner terminée à Saray, je me suis engagé sur une route un peu moins fréquentée au milieu d’une forêt de chênes à peine en feuilles, ou à feine en peuilles.
Joli tout plein, mais, ce ne fut pas le coin préféré(ça c’est pour les personnes qui vont vouloir faire le même chemin que moi à vélo).
A partir de Binkilic (je crois), les paysages sont devenus plus sympas, et ce fut encore une fois le Roller-Coaster – je m’en suis bouffé de la côte et de la danseuse. De petites collines, des prairies verdoyantes, des prés, des arbres en fleurs, des petites maisons dans la prairie, des Omar Charlemeth Ingallsouglü qui coupaient du bois ou gardaient des moutons, une Turquie rurale fort jolie chers lecteurs.
Mon coin préféré depuis mon arrivée ici.
En revanche, c’est si rural qu’à l’heure où j’écris ces mots, je suis posé à la terrasse d’un café à Ihsaniye (y’en à 12000 des villes avec ce nom).
Pas d’Internet, pas de Wifi, que dalle, personne ne parle Français, c’est chiant.
Ils pourraient faire un effort…ou alors c’est moi ?
Je commence tout juste « à comprendre ce pays » : cool !
Une fois ma pause écriture terminée, j’ai fait 6 km et j’ai pu me poser sur LE terrain de foot de la ville d’Akalan – coin plat avec des tables de pique-nique.
Je ne pouvais pas rater l’opportunité de me retrouver surplombant la ville avec au loin loin loin la ville d’Istanbul, et ses lumières.
Un endroit superbe à mes yeux.
De plus, alors que je montais ma tente, mes voisins de pique-nique (un jeune couple avec un enfant) m’ont invité à partager leur diner : salade tomates/concombre, pain, fromage, et olives avec bien entendu du thé à gogo !
Vraiment une belle façon de terminer cette journée…même si ce fut bien difficile de se comprendre, on est arrivé à échanger.
Se poser, se relaxer, se laisser baigner par la douce soirée, j’ai écrit jusqu’à ce que la lune soit plus brillante que le soleil, et jusqu’à ce que les jeunes débarquent, foutent leur musique à fond, et s’amusent à faire des huit sur le terrain de foot, et aussi jusqu’à ce que les chiens se mettent à aboyer : « Concert canin en Do Majeur » et « 5e symphonie de Musique de Terrain de foot ».

Bon, il y avait les toutous en contrebas (gérable avec les boules Quies), mais surtout ceux juste à côté de ma tente qui n’ont cessés d’aboyer, grogner, et défendre leur territoire (flippant d’entendre des googoos grogner à 2h du matin, et encore plus flippant de faire un petit pipi nocture et voir qu’autour y’a dix chiens qui dorment…ou prétendre dormir – ça dort comment un chien?).
Ce matin, en émergeant de ma tente (avec mon coupe-ongles), j’en avais deux lovés à deux mètres de moi, endormi comme des bébés. Croyez-moi que je n’ai pas hésité à leur foutre des coups de pieds et à leur lancer des cailloux.
Non, en fait, je n’ai rien fait : je ne suis pas fou, ils étaient plus nombreux que moi, surtout qu’une de ces bestioles m’a suivi au moins deux bornes à plus de 28 km/h en descente (je vous laisse faire le calcul pour un chrono sur 800m)  tout ça alors que je quittais la ville…en aboyant.
D’ailleurs, cela m’est arrivé souvent aujourd’hui (pas d’aboyer), mais pleins de chiens, pas agressifs (enfin si quelques uns bien cons) qui se sont mis à me suivre à la recherche d’un bout à manger. Je pense que c’était pour manger, car je ne vois pas de quoi d’autre on aurait pu causer.
J’ai juste été nerveux une fois quand je suis passé devant une meute de douze toutous au milieu de la forêt. J’ai été content d’être en descente. A noter que les chiens d’ici n’appartiennent à aucune race…ce sont juste des chiens sans marques, ni étiquettes.

Hier, je vous avais parlé des camions…Aujourd’hui, ce fut un pur cauchemar.
Un truc de malade.
Déjà, je me suis retrouvé sur une autoroute (tantôt de 2 x 2, 3 x 3, 4 x 4 voies –  je vous laisse imaginer la sensation d’être à vélo sur une 4 x 4 voies) et cela pendant 50 kilomètres. J’ai estimé qu’en 2h30 d’autoroute, j’ai été doublé presque 2000 fois par des camions…autant m’ont croisés.
2000 camions !
Vous imaginez ?
La distance de la Terre à la Lune…presque !
Avec la chaleur, les côtes, et la poussière, une horreur !
Istanbul n’était plus très loin, ça se voyait, et surtout, j’ai appris qu’ils construisaient un ENORME nouvel aéroport.
Du coup, j’ai fait une pause-déjeuner à Göktürk pour tenter de choper Internet.
Installé à une terrasse d’un petit restaurant, je me suis fait royalement invité…
Encore une fois !
Depuis que j’ai quitté Edirne, la générosité est forte…et déstabilisante pour un occidental comme moi avec mes répères : je m’installe, je commande, et je paye.
J’embrasse cela les bras (et le ventre) ouvert et m’en nourrit bien entendu (au sens propre comme au sens figuré).
Je pourrais tomber dans des poncifs quant à ce que l’Orient pourrait nous apporter, mais à ce niveau-là, je crois que nous sommes battus…

Les 25 kilomètres avant mon arrivée furent à nouveau un bon moyen de mordre la poussière. Quand je me suis mouché, deux petits Mako moulage en forme de poney sont sortis de mes narines. Une fois la poussière disparue, ce fut les gaz d’échappement et ses particules fines: beurk. Je suis arrivé dans Istanbul (enfin pas vraiment le centre-ville), mais cela est considéré Istanbul, dans un trafic de dégénéré – la sortie de Sofia semblait de la rigolade.
Avec mon « piti vélo », je n’en menais pas large, mais j’ai réussi à rejoindre les berges du Bosphore.

Purée, je suis sur les berges du Bosphore et en plus j’y suis arrivé à vélo – je suis à Tarabya pour ceux qui veulent savoir où je me trouve exactement.
J’ai savouré, oui oui savouré, les derniers kilomètres avant d’arriver chez mon hôte…qui n’était pas là.
Il m’avait bien dit que sa porte était ouverte, mais il a quand même fallu que je m’assure que j’étais au bon endroit – je vous passe le sketch pour se faire comprendre des voisins.
Une fois douché (après trois jours dans mon jus et deux tonnes de poussières collantes sur mes membres), je suis allé me balader dans le coin.
Pour la première fois, depuis le 22 mars, j’ai pris la mesure (4200 km environ) de ce que je venais de réaliser, et où je me trouvais…
J’ai erré devant le Bosphore.
HEUREUX.
PLEIN.
Une espèce de joie bête, simple, et pure comme, comme, comme…un petit châton qui vient de naître et auquel on arrache les yeux avec un tournevis (ça calme non ?).

Oui, heureux…Une joie partagée avec mes deux Playmobils quand même !

Je suis « presque » content, car dans le quartier, les chats ont remplacé les chiens. Au moins, ces « trucs » n’aboient pas ! Enfin, j’espère !

Mon hôte n’arrivant pas avant 23h, j’ai du temps pour écrire, donc je vous balance la purée – ça c’est pour ceux qui aiment lire. J’espère pouvoir rester ici à Istanbul quelques jours avant la suite de mon périple. A bientôt !

Je vous poste les photos des deux derniers jours…pour ceux qui sont visuels.
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JSMF – EDIRNE – PAZARLI

Hier soir le type me l’avait bien dit en m’offrant un verre d’alcool très fort au goût anisé : « Tu verras tu vas très bien dormir », puis il avait ajouté, « Essaye ça mon gars, c’est un vin maison ». Alors moi bonne poire (d’Olivet), j’avais laissé le Ricard du soir, pour juste gouter (je suis poli) ce breuvage de jus de raisin bien rapeux, bien frais, et franchement plus proche de la brique de Gévéor que d’un Bourgogne classé. En revanche, ça a fait très bien dormir. Enfin petite précision, ça L’A très bien fait dormir. C’est simple, quand je les ai tous quittés vers minuit, je ne tenais plus debout (trop fatigué) et quand lui s’était couché, j’avais déjà fait un cycle de sommeil.  Lui s’était jeté comme une pierre sur sa couche,  avait répondu 6 fucking fois à son téléphone en braillant des « goulu goulu boum boum et vous m’en mettrez deux ». Il s’était endormi en deux secondes du sommeil du juste (saoul), et s’était putain de bordel de merde mis à ronfler comme, comme, comme, comme…je ne sais pas comme quoi, mais cela a réveillé des pulsions meurtrières en moi (que je réserve en général aux chats.) Cela n’a cessé que vers 6h, heure à laquelle je me suis levé. Pour vous faire simple, j’ai eu droit à tout. Les gros ronflements, les grognements, les paroles incompréhensibles (en Turc, c’est encore plus marrant non ?), les petits couinements, les toux glaireuses, les doubles quintes de toux asthmatico pulmono chronique, et les pets foireux.
LA TOTALE.
J’ai pensé à un moment me lever, et l’étouffer avec son petit oreiller à fleur. Cependant, j’ai préféré regarder le plafond et attendre que cela cesse. A noter que même avec les boules Quies dans les oreilles, cela n’a absolument rien changé. Je crois que même Gilbert Montagné l’aurait entendu…Quoi ? Il n’est pas sourd Gilbert Montagné ? On m’aurait menti ? En gros, je n’ai pas très bien dormi, hein !

J’ai quitté Edirne ce matin sous un crachin Turc et une fraicheur toute printanière. Epuisé et las. Un ras le bol plein les sacoches même.

Puis à la faveur de ma pause du midi, je suis posé  longtemps dans un café pour boire mon premier vrai thé sous un soleil enfin revenu. Afin d’éviter 250 km d’autoroute ou de voie rapide, j’ai opté pour une route beaucoup moins fréquenté me faisant passer par Kirklareli. Ce fut 60 km de montées/descentes. Je montais donc un kilomètre, puis descendais un kilomètre, et cela pendant 60 bornes – usant : physiquement et mentalement.
Mortellement ennuyant je pourrais rajouter, car j’étais entouré de champs avec une vision à 360° d’openfields . Joli quelque part, comme à chaque fois, mais pas super méga joli comme les Rhodopes avaient pu l’être – au moins il ne neigeait pas ! En tout cas cet ennui a été comblé par un nombres impressionants de coups de klaxons, de coucous, et autres signes de soutien reçus de la part des Turkoïdes. Cela fait toujours plaisir, et j’ai beaucoup apprécié ces touches de reconnaissances.

Bon alors la fin de la journée…

Après avoir eu l’occasion d’échanger avec un ami via une app, je suis reparti gonflé à bloc pour les 60 kilomètres restant. Une nouvelle fois, je me suis retrouvé sur une autoroute, mais avec une large bande d’arrêt d’urgence et surtout quasiment pas de voitures. Le pied.

Fatigué, certes, mais à nouveau très optimiste pour le reste de mon voyage, j’ai avalé les kilomètres pour finir par arriver dans la ville de Pinarhisar. Sachant que j’étais en bivouac, je me suis arrêté pour quelques courses, et là, suite à l’invitation du vendeur, je me suis fait offrir le thé et j’ai tenté de communiquer. Ce fut rigolo et sympa. Cent mètres plus loin, ce sont des jeunes qui m’ont interpellé et là aussi, je suis resté un bon moment pour papoter (en anglais cette fois-ci) avec ces curieux. Je dois avouer que c’est dans cette ville que j’ai eu le plus de « hello », « coups de klaxons », « coucou », etc. Durant la journée, ça n’a vraiment pas arrêté, et à chaque fois, je me suis nourris de ces moments-là.

Mon hôte de la veille m’avait assuré un bivouac dans le jardin derrière un restaurant, j’étais dans une certaine mesure rassuré de savoir que j’avais quelque chose pour le sir. Ayant passé par mégarde le resto, j’ai demandé ma route à un groupe d’hommes en train de festoyer. Ça n’a pas manqué, j’ai été invité. Néanmoins, comme je devais monter mon campement j’ai poliment refusé l’alléchant repas de mouton. Une fois au restaurant, et une fois ma tente en place, alors que j’allais me faire cuire mes pâtes, on est venu m’offrir un repas complet. Une grosse salade (j’en rêvais) et du poisson (j’en rêvais aussi), et plus tard alors que j’écrivais un thé.

Ce fut absolument parfait. Comme chaque restaurant, je dispose d’une connexion Internet et je suis prêt du feu en train de me sécher, car il y a eu une grosse averse d’orage et je suis mouillé comme une flûte traversière.

Une nouvelle fois, je suis très reconnaissant de l’accueil de prince qui m’a été fait.

Juste une petite précision pour mes fidèles lecteurs…

Cela fait deux jours que c’est dur moralement (physiquement, je me sens très fort), la météo, la gestion quotidienne de la logistique, et  la très courte et mauvaise nuit de la veille ont réellement plombé mon enthousiasme jusqu’à la mi-journée. Heureusement, j’ai eu 60 km pour rebondir, me remotiver, méditer, réfléchir sur le pourquoi de ce voyage, et réfléchir sur un bon nombre de choses pro et perso. J’apprends beaucoup sur moi, sur ma façon de fonctionner, de voir les choses, de les appréhender, et j’avance…N’est-ce pas là le principal ?

Tenez, je viens de recevoir une réponse positive pour un accueil au nord d’Istanbul, donc avant d’attaquer la partie Est de la Turquie, je vais me poser deux trois jours à Sariyer…à suivre.

Demain, je file vers Vize, puis Saray avant de continuer vers Sariyer. J’ignore si je pourrais y arriver demain, car ça risque d’être un peu long. A suivre !

Quelques photos…en vrac
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JSMF – KYPRINOS – EDIRNE

Je pensais en avoir terminé moi avec les clébards !
A peine venais-je de franchir la frontière Gréquoise qu’un espèce de molosse décérébré (et ce malgré les injonctions peu convainquantes du maître) s’en est pris à moi, me poursuivant pendant bien longtemps. Seulement, comme c’était plat et comme j’avais le vent dans le dos, et comme je suis quand même en bonne forme physique, je l’ai regardé s’épuiser derrière mon vélo tout en se moquant de lui…
Le chien est bête et bête est le chien, et moi je ne suis pas fin non plus.

J’ai ensuite roulé pendant une bonne dizaine de kilomètres pour arriver dans la ville de Kyprinos.
Cherchant un endroit où me poser, j’ai commencé à arpenter les rues les unes après les autres dans l’espoir qu’une bonne âme m’interpelle (ça faisait un peu louche quand j’y pense), que je fasse ma « cosette », et qu’au final je me fasse inviter.
Néanmoins, la seule chose que j’ai vu dans cette ville, ce furent les clébards à nouveau – du passif à l’agressif.
Finalement, j’ai tenté ma chance dans un café où deux pelés (mais sans tondus tenaient le comptoir.)
Un parlait anglais : ouf ! J’ai aussitôt dit qu’il aille se faire voir chez les Grecs, blague qu’il n’a pas « comprendu », alors j’ai continué et dit que je cherchais un coin camping tranquille et éventuellement une boulangerie pour mon goûter. Si ma dernière requête lui a semblé étrange, pour le camping il m’a donné comme conseil d’aller me poser  sur le terrain de foot (yeah, j’allais pouvoir faire caca sur le rond central) ou bien à l’école, car Un c’était calme, et DEUX, c’était fermé et les chiens ne viendraient pas me faire suer !
Ses explications n’étant pas très claires (gauche, droite, quatre fois à droite, tu tournes après la maison aux volets bleus, tu roules 7,6 km, tu fais trois demi-tours, et enfin, c’est en haut de la côte à 30%), j’ai insisté pour qu’il m’emmène et je me suis posé dans l’enceinte d’une ancienne école.
Cool.
Plus tard, alors que je venais de terminer mon diner, il est revenu le monsieur avec un petit paquet de sucreries au miel dont je rêvais plus tôt.
Rhoooo, gentil non ? Du coup, j’ai vomi.
Du coup, même fatigué, je n’ai pas pu refuser d’aller le retrouver pour boire un verre – je n’ai pris qu’un jus d’orange, mais bon.

Ça c’était le hier, maintenant le aujourd’hui.

Je n’avais que peu de kilomètres ce matin avant de rallier la ville Turquonnienne d’Edirne, donc je ne me suis pas pressé pour prendre la route. Ce fut très tranquille jusqu’à la frontière puisque le temps était idéal pour rouler et en plus c’était plat.
Pas forcément joli (des champs, mais plat) – du coup j’ai beaucoup très mal chanté et beaucoup fait de bruits avec ma bouche genre: « poum, poum tagadoum poum ».
Ainsi, je suis arrivé à la frontière vers 10h avec toujours cette petite appréhension qui me fait toujours craindre un « problème » du genre.
« Monsieur, veuillez descendre de votre véhicule et  voulez vous nous suivre s’il vous plait. »
« Quoi y’a un problème ? »
« Non, non, juste deux petites choses à voir avec mon supérieur. »
« Ah ok, mais je vous assure, l’héroïne et le crack ne sont que pour mon usage personnel, et les chats morts et éviscèrés ne sont pas à moi! »
Heureusement, les douaniers étaient plutôt de bonne humeur et je suis passé comme une lettre à la poste.
Voilà, j’étais en Turquie, mon avant-dernier pays.
Nouvelle culture, nouvel argent, nouvelle langue, nouvelle nourriture.

Si la Bulgarie était bien calme, tout de suite, j’ai senti que ça bougeait un peu plus.
Bon d’accord, nous étions samedi, le jour du…le jour…le jour du samedi.
Ne tenant pas à forcément visiter la ville de suite, mais plutôt me poser pour une fois de bonne heure, j’ai cherché mon hôte pour la nuit. Il s’agissait d’un magasin de vélo, comme lieu d’accueil et d’un appartement pour lieu de couchage.
Très facile à trouver, il avait dit le monsieur.
Sauf que le « très facile à trouver » s’est avéré plus compliqué à trouver, bien entendu.
Du coup, j’ai interpellé le premier Turc venu, j’ai vomi, et celui-ci s’est gentiment proposé de m’aider.
Il a ainsi marché à mes côtés pendant au moins deux bornes pour me déposer au magasin.
C’est pas sympa ça ?
Bref, je savais que j’allais partager l’appartement avec deux couples de sud-coréens et le type qui bossait au magasin de vélo.
C’est dans sa chambre que j’allais même dormir.
Moi qui rêvais d’un peu de calme et de tranquillité c’était mort.
Bien, après les courtoisies d’usage avec les autres cyclos, j’ai fait mon linge à la main s’il vous plait, et j’ai filé trainer et découvrir la ville. Mon moment préféré de toutes mes journées.
J’avais repéré plus tôt un marché couvert, je m’y suis précipité pour m’acheter quelques bricoles dont particulièrement un riz pilaf abosulment délicieux.
Posé un moment sur une cagette, j’ai regardé la vie grouiller.
Rien à voir avec les autres pays, j’étais réellement ailleurs : super ! Déstabilisant, mais super !
Terminée l’Europe.
J’attaquais la phase 4. (phase 1 : la France. Phase 2 : L’Europe de l’ouest. Phase 3 : l’Europe de l’Est. Phase 4 : Le Proche-Orient. Phase 4 : La Perse.)
Que me réservait ce pays ? Il me fallait tout apprendre à nouveau. Excitant et angoissant à la fois, comme à chaque nouveau pays.
Bon, j’allais y passer un mois.

L’apsect logistique terminé, j’ai filé me balader en ville à vélo. Là aussi, ça grouillait et j’ai arpenté les abords de la mosquée avec curiosité et plaisir. Néanmoins, je voyais bien que ma tenue d’occidental (en short) devait être perçue comme original, car bon sang qu’est-ce que l’on m’a dévisagé (enfin décuissagé).
J’étais, c’est vrai, le SEUL en short.
Du coup, par respect et pudeur, je me suis interdit de rentrer dans la mosquée habillé comme je l’étais.
J’ai juste trainé autour.
La pluie (oui encore celle-là), le vent fort et frais, et les orages m’ont poussé dans un café pour un petit…café avant que je ne rentre à l’appartement.
Je ne sais pas pourquoi, mais je culpabilisais presque de ne pas rouler aujourd’hui. J’ai passé un temps conséquent à faire des recherches sur le net et quand l’heure du diner est arrivée, j’ai eu le petit coup de blues…
Le petit coup de blues qui me frappait au moins une fois par semaine. J’avais eu des moments forts et difficiles, mais là, d’un seul coup, le fait de vivre dans la promiscuité, d’être loin des miens, le monde, le bruit, de ne rien pouvoir sur le moment partager avec quelqu’un, tout cela m’a un peu tiré vers le bas. Je suis allé me faire vomir.
Je regrettais presque mon camping sauvage. La douche chaude (mais très crade encore la baignoire, je ne vous dit même pas), le diner, l’écriture au son du muezzin, m’ont fait du bien…
Demain, je reprends la route vers l’est. Cependant au lieu de filer directement vers Istanbul, je vais passer par Kirklareli et me poser à Vize où j’ai semble-t-il un hébergement pour la nuit.
Toujours rien pour Istanbul.

Bon, je balance quelques photos, en vrac, si ça passe, car nous sommes 5 sur le Wifi et ça rame.
Désolé de ne jamais prendre de temps pour le relire, mais je suis toujours épuisé quand je termine d’écrire.  J’espère être cohérent.
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JSMF – KARDZALI- IVAJLOVGRAD et un peu plus loin

Rappelez vous, je vous avais laissé hier après-midi, sous un beau soleil, posé à une terrasse de café en train de siroter un jus de noisettes à la chiure d’escargots.
J’avais décidé de me faire un bivouac.
Pour moi le bivouac comme j’ai déjà pu le dire est synonyme de liberté. Il doit être un endroit calme, reculé, plat, et beau. Sachant que je suis hyper-méga difficile (voire con, chiant, et obtus), ça devient vite un casse-tête voire un brin stressant. J’aime bien l’image du brin, mais en fait à mon humble avis, on pourrait le remplacer par une tige plus imposante, genre tronc pour mon cas. J’ai quitté Kardzali, sur une belle 2 x 2 voies, pour me retrouver assez rapidement à Momcilgrad. Le soleil était encore haut, il ne faisait pas trop froid, et j’étais confiant sur mon lieu de camping. J’ai donc commencé à regarder, épier, le « coin de rêve ». Il y avait des terrains plats, mais recouverts de moutons.
Qui dit moutons, dit berger, qui dit berger, dit chiens de berger, qui dit chiens de berger, dit méga emmerdements, voire agressions, attaques, saignements, hémorragie, agonie lente et seule,  et MORT.
Ce fut donc un big no no.
Alors, j’ai continué à rouler, et le temps a passé…et là, boum: côte. Pas la petite côte, non, non, le truc qui vous plombe les jambes et vous fait couler de la sueur dans le dos même par – 15°C. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à me haïr, me maudire, me dire que sincèrement, je devrais être moins exigeant, que je devrais me contenter de peu, je devrais reprendre le sport, je devrais m’abonner à « Paris-Match », bref, vous avez compris, pendant super méga trop longtemps, j’ai cherché en vain un coin où me poser.
Finalement, après 6 km et deux vomissements, une ouverture dans la végétation, un chemin, et là, le SPOT où je suis posé le soir. Topissime.
Pas de chiens, pas de bergers, pas de gens (hormis la visite d’une voiture avec un couple à la recherche d’un coin tranquille pour partager leurs salives ou plus si affinités.)
Je l’avais trouvé mon coin, mais bon sang quel stress. Maintenant, le seul souci avec les bivouacs c’est que s’il m’arrive quelque chose genre crise d’elipepsi (ou coca, je ne suis pas difficile), si je me coupe un membre comme le genou en ouvrant un sachet de nouilles chinoise et bien je vous le dis, je suis mal, très mal.

Bon, je vous retrouve à Ivajlovgrad – une ville à la frontière Grecquienne où il y a de grandes chances pour j’aille me faire voir ce soir (à nouveau en camping sauvage.)
Demain, j’ai normalement une douche qui m’attend à Edirne, en Turquie.
Purée, je suis arrivé en Turquie à vélo…Non mais c’est dingue non ?

Que s’est-il passé depuis en gros (pas toi, lui) 24h.

Ça a commencé par un « coucou ».
Je rêvais.
Je rêvais que je venais tout juste, mais alors tout juste, de terminer mon collier en tortue de Luth, quand « coucou, coucou, coucou, coucou… » Vous l’avez deviné c’était cet oiseau migrateur, parasite à ces heures, qui perché à deux mètres de ma tente, a, pendant 32’41 (mon record sur 10 km), chanté comme un malade, jusqu’à ce que je ne sorte de ma tente et que je lui lance des pierres.
Tout nu, cela a dû le faire rire.
Bon, ensuite, ce fut le rangement, et là : la blessure. En ôtant une de mes sardines, les mains un peu froides, je me suis légèrement ouvert le doigt du milieu. Perte de sang abondante, vomissements, évanouissements, et réveil deux heures plus tard au milieu des moutons.
Je pense survivre, mais ce soir, je mange du boudin !

Bon, comme la veille j’avais bien monté, ce matin, j’ai bien descendu dans de jolis paysages.
Cela faisait quelques jours que j’étais dans une végétation de montagnes, là ce fut beaucoup plus minéral. Je suis arrivé dans la ville de Krumovgrad pour l’heure de ma pause café. Depuis que j’étais en Bulgarie, les villes et villages étaient souvent vides, mais là, ça grouillait de monde, ça bougeait, ça vivait.
Un régal de voir du monde et de regarder ces gens manger un Kebab ou hot-dog à 10h.
Enfin, pour voir de regarder les gens fut un plaisir.
Ensuite, une fois la bonne rigolade avec les panneaux puisque j’ai, en l’espace de 3 km, vu trois kilomètrages différents pour la même ville, j’ai retrouvé ma solitude de nomade et les forêts de conifères et de feuillus (avec ce vert printannier) jusqu’à Ivajlovgrad.
Je me suis régalé: le temps fut parfait pour le vélo, les paysages furent variés, et j’ai pris mon temps.
Je commence à apprendre à prendre mon temps, même si je me cogne de belles journées sur mon vélo.
Voili, voilà.
Je vous balance ça dans son jus…en espérant être cohérent.
Je file en Grèce pour la nuit et vous dit normalement à demain en Turquie.
Quelques photos en vrac d’hier et d’aujourd’hui à 16h30.

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JSMF- RAIKOVO – KARDZALI et un peu plus loin

Assis autour d’une table dressée pour l’occasion avec au choix vin rouge Italien ou vin blanc français, le tout accompagné de saussices locales (toi-même), de fromage local, j’ai terminé cette journée dans la chaleur alors qu’elle avait commencé dans le froid. Ce fut un réel plaisir et fort agréable.
Une nouvelle belle rencontre.

Ce matin en quittant le couple qui m’avait accueilli, j’ai eu droit à un petit sac avec à l’intérieur deux sandwichs, un œuf, et un bout de dessert au fromage : c’est pas gentil ça ? En tout cas ,ça m’a fait très plaisir à moi.

J’ai retrouvé le printemps aujourd’hui.
Presque.
Je suis arrivé à Kardzali plus rapidement que je ne l’avais pensé/imaginé à la faveur d’un parcours en descente (mais pas que, car j’ai eu de belles ascensions quand même !)
Je réalise que même si je couine, j’aime quand ça monte. En fait, j’aime arriver en haut de « nimporte quoi » et admirer le paysage pendant longtemps.
Je me dis toujours : «  ouah c’est beau, non ? » et je vomi.

Quand en plus la vue est dégagée et faite de superbes paysages ou les couleurs se mélangent de façon harmonieuse, j’adore ! Toute la journée, et celle-ci n’est pas encore terminée, j’ai traversé une vallée encaissée où « au milieu coulait une rivière », puis une fois mes 7 km de montée, j’ai eu droit à une vue à 360° faite de collines verdoyantes où les feuilles étaient enfin de sorties, de monts enneigés, de collines ou paissaient les vaches et les canards (si un canard paisse, si je veux).

Ça a fait du bien.

En revanche, je suis toujours aussi épouvanté de l’état déplorable des routes. C’est un pur cauchemar, physique et nerveux
Physique, car je dois me cramponner à mon guidon pour amortir les nids de poules et autres cratères, et nerveux, car je dois être très vigilant et je ne peux de fait pas profiter du paysage qui déroule devant moi – c’est usant. Descendre à 50 km/h et se taper un nide de poule vous secoue, de la tête aux orteils (le cou n’aime pas, ni les épaules, ni les coudes, et si par malheur vous êtes assis, je vous assure que vos parties molles s’en prennent un bon coup derrière les oreilles – photo sur demande).

La ville de Kardzali ne trouve pas les charmes des autres villes, donc une fois ce court billet publié, je vais aller me réfugier ailleurs et continuer d’avancer en direction du Sud pour changer vers la ville de Momcilgrad, Krumovgrad (mais ça fait loin, je pense).
J’ai bien envie de tenter le camping sauvage ce soir. Il fait beau.
Mon vélo a fait 4000 km, moi, pas encore, car je ne sais plus combien avait le compteur quand je suis parti…je ne suis pas loin des 4000 km c’est sûr !

Allez quelques photos pour ce court billet, et je file.
Il est un peu plus de 16h.

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JSMF – DOSPAT – RAIKOVO

Bis repetita placent », hier soir avec un lieu de bivouac très joli (vue sur la frontière greco-bulgare avec les montagnes enneigées et le soleil couchant) avec un petit luxe supplémentaire, de l’eau disponible pas très loin. Du coup, comme j’avais roulé 2 kilomètres en côte et que j’étais arrivé un peu en sueur, j’ai bravé la fraicheur (il faisait 4°C avec une bise roborative) pour me rincer avec ma bouteille d’eau. Ce fut saisissant (quand je dis « saisissant » je veux dire que j’ai maudit toutes les créatures ressemblant de près ou de loin à un chat quand l’eau a coulé le long de mon corps musculeux – surtout au niveau des parties molles), mais après deux jours sans même une toilette de ch…de chi…de poule, cela m’a fait du bien. En revanche, la fraicheur, que dis-je, le froid m’est tombé dessus (aïe) une fois le soleil disparu.
Cette nuit j’avais bien plus ou moins entendu, dans un semi-sommeil-comateux fait de hurlements de bêtes et de rêves de mouches en plâtre jouant de l’ocarina pour le 14 juillet, que dehors il se passait « quelque chose », et quelle surprise ce matin de découvrir le petit manteau neigeux recouvrant tout autour de moi les jolis paysages et bien entendu ma tente. Elle était même gelée : une première pour ce voyage. Le ciel était clair (il devait faire -50°C), c’était déjà une bonne chose. Bon, ça caillait bien quand même, et le réveil fut un peu « brutal » – je ne vous raconte pas sortir du duvet bien chaud pour faire un pipi. J’aurais pu uriner dans ce dernier, mais cela n’en valait pas la chandelle, sachant que le matin, je bois mon urine. Rien de tel pour se réchauffer ! 🙂

Un mois pile poil que je suis parti d’Orléans et son port. J’ai enfourché mon cycle très motivé à l’idée de reprendre ma route vers l’est et de découvrir de nouveaux paysages. J’avais à peine roulé 10 kilomètres, qu’une voiture se cala à mon niveau et le type à l’intérieur me tapa la causette. Sympa. Il me laissa en me souhaitant un bon voyage et surtout une belle journée, car le temps s’annonçait superbe.
Trente minutes plus tard, il s’est mis à pleuvoir.
Cela a commencé doucement, avec de petits goutasses de rien du tout, juste le temps de me vêtir en conséquence.
Super pour la belle journée ! Si j’avais retrouvé le type qui m’avait annoncé un beau soleil, je crois que je lui aurais arraché son membre viril avec mon coupe-ongles.
La pluie n’a ensuite pas cessé, en fait si elle a cessé, c’est même devenu de la neige.
Enfin, oui, enfin, les quelques villages traversés, croisant les vieilles dames coiffées de foulards typiques des Pomaks, ont pris un peu plus de cachet aujourd’hui. Cool !

Une fois les 30 premiers kilomètres avalés, j’ai commencé à monter. Pas la grosse ascension, le petit truc tranquille qui calme juste un peu mon ardeur de rouleur fou. Néanmoins arrivé dans le joli  village de Siroka Laka (que je me suis mis à hurler en passant le panneau d’entrée en ville, à la grande stupeur des débardeurs de bois que je n’avais pas vu), la pluie était tellement forte que trempé comme une oie, j’ai décidé de me poser pour le déjeuner. N’ayant pas envie plus que ça de pique-niquer (avec ce temps, j’aurais été le seul couillon dehors à agir de la sorte), j’ai opté pour une petite-taverne – moi j’aime bien le mot « taverne », ça fait typique et on s’attend toujours à trouver du local et du rural.  Ce fut très bien pour 3 euros.
Bien entendu quand le menu m’a été présenté, j’ai eu le réflexe habituel. Purée, je prends quoi ? Des couilles de rats dans du beurre de radis ou alors une omelette sucré au cérumen de porc? J’ai opté (en fait, j’ai pointé du doigt en couinant un « hunhunhun ») pour le traditionnel plat du jour que tout le monde semblait déguster et que surtout j’avais vu de mes yeux vus. Il s’agissait d’une soupe de petits pois avec un pilon de poulet. Ce fut comestible. J’ai même terminé par une grosse crêpe (toi-même) au miel. Pendant, ce repas, je me suis tapé l’inscrute avec des femmes qui déjeunaient là.
Ce fut sympa et je les ai faites rires avec mes photos.
Au moins, je faisais rire quelqu’un ici en Bulgarie ! Juste avant de me quitter, et alors que je terminais ma danse nu sur la table, la dame m’a dit que pour aller à Smoljan, ça allait monter.
Bah, « j’ai fait les Alpes moi madame, et même le mont Ventoux, et que même j’ai déjà fait un mot de 100 points au Scrabble. »
Elle a vomi.

Elle avait raison la bougresse, ça a bien monté, mais rien d’ingérable. En revanche, je pensais que la veille j’avais à peu près tout vu en terme de météo. Bah, aujourd’hui, j’ai pris TRES cher ! Douze kilomètres d’ascension sous une nouvelle tempête de neige qui a fait passer celle de la veille pour une douce averse de floconnets.
Purée ! Avec le vent, c’était, comme dire, « intéressant ? unique ? ». Etonnement, je me suis senti vivant, heureux, et fier de monter sous ces conditions sous ces sapins couverts de neige sous ces flocons de la taille d’œufs de lapins sous ce temps sous peu choux.

Ça ne pouvait pas être pire !
J’avais tort !
L’arrivée au col (mon 3e en une semaine) m’a vu basculer vers la ville de Smoljan.
Et là, ce fut pire.
L’horreur ! J’ai hurlé de froid ! Crié comme un glaçon !
Je pensais descendre à tombeau ouvert, seulement, la route était tellement défoncée et recouverte de neige que j’ai bien cru terminer au service d’urgence de Smoljan.
Je me suis fait LA frayeur de ma vie ! Arrivé bien trop vite avec des freins totalement inefficaces, ma roue avant est partie en live, j’ai pris un nid de poule de la taille d’une piscine olympique et j’ai commencé à me diriger vers le ravin très accueuillant avec son eau glacée. Par un réflexe de survie, j’ai réussi à quitter la zone dangeureuse pour me taper nids de poule sur nids de poule. Ça a duré très longtemps cette connerie, et quand j’ai réussi à stopper ma machine. Je faisais moins le malin. Les dix kilomètres suivants furent tout aussi flippant. Ça glissait, c’était défoncé, et les voitures slalomaient un coup à droite un coup à gauche alors que moi je descendais. Bien entendu, pour rajouter un peu au drame, j’étais frigorifié. Je suis arrivé en ville sous la pluie, des contractures de partout, et j’ai aussitôt cherché un café avec Internet. Je devais faire pitié quand je suis arrivé, mais bon voici un bon moment que je suis ici, et je ne compte pas en bouger, pour la simple et bonne raison que je me suis fait invité.
Je vous raconte:
Alors que je m’installais, un type est venu me taper la causette. Il m’a aussitôt offert une patisserie locale, puis il a payé mon chocolat chaud, avant de dire à son copain de m’héberger ce soir. Cool, donc ce soir, je serais au chaud et au sec. Je comptais aller un peu plus loin aujourd’hui, mais le destin en a décidé autrement, et comme disait Victor Hugo : « C’est en cherchant la peau de l’ours que l’on devient forgeron » ou un truc comme ça !
Pour ceux que ça intéresse, j’ai fait 75 km (avec du gros dénivelé) et il doit m’en rester 5 je pense. Je ne sais pas trop ce qui m’attend ce soir, j’ai rendez-vous à 18h30, mais je pense que cela va être encore une belle expérience. Je ne manquerai pas de vous narrer tout ça, sauf s’ils ont un chien, des chats, et des lapins nains angora.
Si c’est le cas, je ne réponds de rien. Comme vous pouvez le voir, j’écris beaucoup, mais sachez que je prends beaucoup de plaisir. Je passe plus de deux heures (oui 2h) par jour pour écrire ici (quand je le peux) et dans mon journal.

Merci comme toujours pour vos commentaires qui me font toujours autant plaisir et qui me boostent quand c’est dur. Et des fois même que c’est dur!
Je pense à vous tous !
A bientôt pour de nouvelles aventures, en attendant voici quelques photos d’hier et d’aujourd’hui…Ned et Jaden sont toujours présents partout hein ! (presque).

Addenum Bibendum: Bon, j’ai même une connexion Internet ici, donc je profite de cet accueil très chaleureux (j’ai un poêle à bois qui me chauffe le dos: ooooooooh yes !) pour poster quelques photos en plus, et vous dire que je suis heureux d’être dans ce petit appartement ce soir. On m’offre le dîner, j’ai une douche chaude, un lit: je ne demande pas mieux…ah si, un massage par une jeune Bulgare 😉

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JSMF – PESTERA – DOSPAT et ailleurs

Je vous avais laissé à Pazardzik, juste avant de filer dans les montagnes.
Après avoir roulé « un petit moment », je me suis posé dans un beau, calme, et sympa bivouac.
Un bivouac avec vue, à défaut d’un « balcon avec vue ». Pas de chiens n’est venu me pourrir mon coin à moi, juste le vent frais a fait que je me suis mis dans la tente de bonne heure – à 21h, j’avais éteint le groupe électrogène et terminé de lire une histoire à Ned et Djena (« Comment égorger un chat avec un fil à couper le beurre ou une grenade au plâtre ») – ils adorent.
J’espérais un levé de soleil de la plus belle facture ce matin, cependant la pluie nocturne et surtout les nuages matinaux sont venus ruiner cet espoir de la vue de la vie de ma mère !
J’ai ainsi hurler à la mort ma détresse en haut de la montagne !

Bien, j’ai pris presque 1h30 pour tout plier ce matin et filer sous la pluie dans les montagnes…ça caillait, ça caillait grave (il devait faire – 30°C avec du vent à 150 KM/h) et j’ai commencé par me faire une « entorse de la tête » (je vous expliquerai), ou plus précisément, en retenant mon vélo qui allait tomber, j’ai fait un faux mouvement, mais une vraie acrobatie pour éviter le pire. Du coup, j’ai un trapèze (muscle reliant la tête, le coude et la cheville) qui me fait balancer à gauche – je suis tordu (au sens propre comme au figuré).

Bon, je savais que ça allait monter aujourd’hui, et ce fut actuellement le cas.
30 kilomètres d’ascension dans leurs Alpes à eux, les Rhodopes. Je ne vois pas pourquoi, ils se sont fatigués à trouver un nom tel que Rhodopes alors le nom Alpes existait déjà…
Non des fois, les gens sont bien compliqués. Déjà, pourquoi ils ont pris les « yaourts Bulgares » ? Hein dites-moi ? Pourquoi pas « Yaourts nature » ?

Sinon, j’ai fait ma première vraie pause à Batak après 16 km de montée dans les gorges locales – avec quelques beaux passages à 9% (ça calme avec la charge).
En fait, je comptais la faire à cet endroit pour manger ma sucrerie grasse et crèmeuse que j’avais achetée à Pestera, mais un petit vieux m’y a invité, me hêlant de la main (ça se dit ça ?).
Sympa tout plein, avec quelques mots en français à son vocabulaire (évier, courbatures, et spéculos), il a été très prévenant avec moi. Je lui ai offert un verre de thé (j’ai toujours ½ litre de ce précieux breuvage pour réchauffer mon corps.) Quand je lui ai dit que je cherchais une autre sucrerie, il m’a alors invité dans une petite échoppe où se battait deux petits pains, et trois trucs à boire dans le frigo – dont la fameuse boisson de la veille (le truc à vomir). J’ai encore une fois eu le sentiment d’un mauvais épisode de:
« Bienvenue en URSS en 1968 – ou Pascal chez les Bulgariens  », tellement les étagères étaient désespérement vides. J’ai tout de même profité de la présence du monsieur comme gardien pour aller faire une courte visite afin d’avoir une « vue du haut » de la ville. Il était gentil cet homme, cependant, lorsque, content de cet échange, j’allais repartir, il m’a demandé de l’argent : mon innoncence a éclaté en morceaux et j’ai vomi. Sa prévenance n’était qu’intéressée ! Arf !

Je suis reparti dans une nouvelle ascension. J’avais plus de 10 km sur route déserte et très jolie. Sauf que les deux derniers ont été accomplis sous une tempête de neige…
J’ai  pu mangé à l’abri, thank God, avec un réel blizzard comme compagnon – la tempête de neige du jour d’avant la fin du monde si vous voyez ce que je veux dire.
Annoncer que ce fut aisé aujourd’hui, serait honteusement mentir. J’ai « pris cher », et plus d’une fois, lorsqu’entouré de neige à cailler comme un butor, je me suis dit que la « belle et peu fréquentée » route n’était pas forcément le meilleur des choix pour aller à Istanbul. En trois jours, je suis passé du printemps, à l’été, à l’hiver. Les mûrs de neige, la végétation endormie, et le froid (agrémenté d’un vent fort) ne m’ont pas invité forcément à la flânerie.
Là, tout de suite, maintenant, je suis posé dans un petit café à Dospat et je ne sais toujours pas où je dors. C’est LE méga stress du soir, surtout que ça caille. Le soleil est revenu, c’est au moins ça.

Je n’ai fait que 74 km, mais sincèrement, je ne me vois pas faire beaucoup plus. Je suis épuisé, le froid et la météo m’ont bien usés. Demain, je file vers Smoljan, et ils annoncent de la pluie et du froid…
Ouais !
Allez quelques photos d’hier soir et d’aujourd’hui…si ça passe.

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JSMF – SOFIA – PAZARDZIK et un peu plus loin

J’ai bien roulé…c’est le moins que le puisse dire. Levé aux aurores (comme d’hab’), j’ai quitté mes colocs encore assoupis en hurlant dans les couloirs et en criant « libéraaaaaaaable, dans ta face ! Libééééraaaaable), il était 7h30. Il faisait froid, et ce n’est pas prêt de se réchauffer sachant que je vais prendre de l’altitude. On verra.

Bon, revenons, quelques minutes, sur le « j’ai bien roulé », voulez-vous ?

Je savais que quitter Sofia allait être compliqué. Pas de réelles petites routes, donc ce fut la « gran’ route », la très grande route même puisque j’ai fait 20 kilomètres comme un cinglé (lire à bloc en serrant les fesses) sur l’autoroute ! Rien que ça ! Sur la 4 x 4 voies, au milieu du trafic matinal d’un lundi matin. Je ne vais pas vous dire combien de fois, je me suis fait frôler, klaxonner, j’en passe et des meilleurs, je passe même les meilleures. Je n’ai pas été très fier, mais bon…Ce fut presque rigolo avec mon gilet jaune au milieu des camions, des embouteillages, et le reste. Un peu stressant quand même. Heureusement, après 15 kilomètres, j’ai pu avoir la bande d’arrêt d’urgence pour moi tout seul (c’est pas tip top ça ?), et rouler plus sereinement (enfin sereinement, je ne me suis pas relaxé quand même). Quand je suis finalement sorti de l’autoroute avec mon vélo (phrase irréelle quand j’écris ça), je me suis retrouvé au milieu de la forêt dans un calme à l’opposé de ce que je venais vivre. J’en ai alors profité pour poster un paquet de cartes postales. Ce fut une nouvelle fois un grand moment de solitude. Les nombreux petits vieux me passaient tous devant comme si j’étais transparent comme Pierrette et le pot au lait. Il a fallu que je menace tout ce petit monde avec mon coupe-ongles pour que l’on s’occupe de moi. Non mais ! Bon, après j’ai fait chier les vieux en envoyant mes cartes dans des pays compliqués – ça a pris deux plombes et de savants calculs de la part de la préposé aux timbres. Personne ne doit envoyer de cartes postales de ce bureau de poste, c’est sûr. Cela a pris une éternité donc, mais je pense que j’ai réussi à les envoyer ces cartes…Je dis bien que je crois, car elles sont partis avec la dame qui faisait OUI ou NON, je ne sais plus. Ensuite, j’ai roulé, roulé, roulé, poussé par un vent très fort. Ce fut royal, et j’avalé les kilomètres comme si ce n’était rien du tout. Tant et si bien que j’ai roulé 123 kilomètres en 5h30, et ecnore sans forcer et pleins de pauses, tellement les paysages traversés furent superbes. De grandes plaines entourés de montagnes enneigées, une petite vallée encaissée avec « au milieu coule une rivière ». Bon, je dois reconnaitre que les quelques villages traversés furent réellement déprimant. Personne, de petits magasins vieillots, pas un bruit, des routes dé-fon-cées et désertes, une voiture pétaradant de temps à autres, la misère à chaque coin de rues, des maisons en briques sales et délabrées…Quelque part quand on le découvre, comme moi, cela a son charme. Y vivre, c’est à se pendre…encore faudrait-il avoir des cordes.

Juste avant ma pause déjeuner sur le bord d’un petit ru « qui descendait de la montagne » (en chantant), je me suis fait un court arrêt pour m’acheter de la nourriture. Bon, toujours le gros problème pour moi sachant que je ne peux rien lire : « Est-ce sucré ou salé ? » Des fois il s’agit de belles surprises, des fois il s’agit de drôles de surprises, et des fois il s’agit de mauvaises surprises. Aujourd’hui, j’ai voulu testé une boisson qui semblait « bonne ». De l’extérieur on aurait dit une boisson à base de céréales, sucrée, et avec du lait. Quand ma pause est arrivée, j’ai voulu y gouter, et là rien qu’à l’écrire, ça me tire encore au cœur. Une pure horreur ! J’ai cru que j’allais vomir, vraiment vomir, et même m’évanouir. J’ai bu deux gorgées (comme quoi je suis aventurier, car une seule aurait suffit) et le goût m’est resté dans la bouche au moins deux heures.

Voilà, il est 16h30, je suis à Pazardzik, et je vais filer en direction de Dospat pour chercher un lieu de bivouac pour la nuit. Le soleil est encore haut, mais il ne fait pas chaud. Je tenais simplement à vous donner quelques news avant la montagne. J’ai reçu mon numéro pour me présenter au consulat Iranien, sauf que j’ai au moins un mois avant d’y arriver au consulat choisi (à Erzurum, je vous laisse Googler.)

Allez quelques photos à 16h45…
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