JSMF – LINZ – SCHÖNBÜHEL – VIENNE

Ça c’était hier :
A l’heure où j’écris ces mots, il 20h, il fait presque nuit et je suis posé en camping sauvage après avoir roulé 142 km. Une belle journée où j’ai à nouveau eu mon lot de bonnes averses de neige et de vent fort (de face quitte à choisir), mais aussi dans le dos (il faut que j’arrête de me plaindre). La distance semble conséquente, mais je n’ai vraiment pas eu le sentiment de faire 8h de vélo. Les paysages furent variés (et même très jolis) et hormis la traversée d’une zone industrielle horrible, le parcours plat m’a permis de bien avancer. J’adore toujours autant le camping sauvage. On choisit son coin, souvent sympa, et il y a toujours le côté « into the wild » qui ressort. Ce qui m’a beaucoup plu hier, fut l’arrivée en fin de journée devant l’abbaye de Melk. Un truc grandiose qui pour l’occasion sous le soleil semblait ressortir sur le fond de ciel gris.
En plus, j’ai eu droit à un concert de cloches du plus bel effet.
J’ai chaudement remercié Quasimodo.

Ça c’est aujourd’hui :
Levé aux aurores, ça aussi c’est la joie du camping sauvage, j’ai surtout décidé de partir tôt afin d’éviter la pluie annoncé et partir sec.
Important de partir sec.
De plus en camping sauvage, on se doit de se poser tard, et de filer tôt. Même en était prêt à filer à 7h, j’ai eu droit au petit vieux qui promenait son chien. Y’a toujours un petit vieux quelque part qui promène son chien ou bien qui va relever ses pièges super tôt le matin, et surtout au milieu de nulle part.
J’ai donc quitté mon lieu de villégiature sur les bords du Danude sous un timide soleil. J’avais bien caillé cette nuit – dormant pour l’occasion en moonboots et ciré. Pourtant les 12 pneus brûlés la veille se consumaient encore quand je suis parti. Rien de tel que de faire un feu de barbecue  de pneus pour griller la viande (de chat) et se réchauffer après une journée de vélo.
Ainsi, à peine avais-je quitté la douce ville de Schönbühel que je me suis pris ma première averse de neige. Quand je dis première, c’est que, vous l’aurez compris, je m’en suis mangé un petit paquet (moins que la veille) aujourd’hui.
A chaque fois, c’était la même chose : soleil, puis nuages gris, puis vent violent de face, puis neige qui pique les joues, puis vent de face, puis soleil.
Plus d’une fois, j’ai plié, mais point rompu.
Il faut dire que de Schönbühel jusqu’à Krems ce fut très joli.
Tantôt le Danude coincé entre les montagnes, tantôt entre les verges et les vignobles, le tout agrémenté de concerts de cloches. Elles sonnent sans arrêt j’ai l’impression. Ça n’est quand même pas pour moi ? Ou alors y’a une troisième guerre mondiale et je ne suis pas au courant.
Sinon, de Kremps jusqu’à Vienne, ce fut moyen (comprendre moins joli) puisque je me suis retrouvé avec le vent de côté pendant presque 50 km. Pas très agréable. J’ai juste terminé ma route avec un Allemand et deux Irlandais en route aussi pour Vienne (ils faisaient un périple de quelques jours) – toujours sympa après deux jours seul de papoter un peu.

Allez le moment galère/drôle du jour…
J’avais rendez-vous avec un type à Vienne vers 18h30.
Arrivé de bonne heure, j’avais pris mon temps de découvrir un petit peu la ville.
Quand le jeune homme est arrivé avec sa chevelure d’un bleu azuréen, j’y ai vu un éclair de beauté dans la grisaille de ces derniers jours, et quand ses mains aux ongles peints de toutes les couleurs m’ont donnés les clefs de son appartement, j’ai aussitôt senti un petit malaise.
Euh quoi ? Je ne suis pas chez toi ce soir ? Tu ne viens pas avec moi ?
Bah non, voilà les clefs, l’adresse, salut.
Oui bien entendu, voilà…aaaaah grosse crise de stress, et rien n’a tué sous la main.
Me voici donc à 19h dans Vienne, la nuit tombant, la neige aussi, le vent s’étant mis à souffler à nouveau fortement (et bien entendu contre moi) pour encore 8 km à travers la banlieue crade et pourrie de la ville.
Purée, quelle galère !
Je suis finalement arrivé dans une zone faite de barre de HLM frigorifié et fatigué après 133 km.
J’ai tourné un moment, et j’ai dû interpeller une ado de passage, la prier en langage des signes (elle ne parlait pas anglais) d’appeller le type pour que je sache où EXACTEMENT se trouvait son appartement. Il était 20h quand je me suis enfin posé chez lui ? Ouf !
Aussitôt, je me suis fait à manger, fait pipi dans les coins, fait un peu d’écriture, faisant comme chez moi comme l’avait dit le monsieur aux cheveux bleus et aux ongles roses. Ma douche terminée, tandis que j’étais en train de me regarder nu dans la glace, faisant rentrer et sortir mon ventre, gonflant mes biceps comme les hommes devant un miroir aiment le faire, un type est apparu de nulle part !!!
Le coup de frayeur ! Mon Dieu , my God…Il y avait un autre humain dans une chambre de l’appartement.
Et quel être humain ! Un doux mélange de Shrek, Michel Blanc aux cheveux longs, rares, et gras, et un troll…à lunettes couvertes de dentifrice (je pense) portant des chaussons crades à la forme de Titi. Voilà, vous devriez avoir l’image.
Je me la suis joué cool en me rhabillant, mais j’ai réellement eu un sacré coup de flip. Moi qui pensais être seul !
Du coup, j’ai terminé cet écrit dans ma chambre avec la porte fermée. On ne sait jamais, je ne sais pas ce qu’il mange…En plus, il m’a dit qu’il ne bougeait jamais de sa chambre. Jamais ! Heureusement que j’ai mon coupe ongle au cas où…
Bref, j’ai encore longuement écrit sans me relire (désolé) et sans plus attendre les photos de ces deux derniers jours…
Demain, je visite Vienne un peu mieux, car la ville m’a semblé très belle.

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Aujourd’hui

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18 réflexions sur “ JSMF – LINZ – SCHÖNBÜHEL – VIENNE ”

  1. Ohoh… I am so sorry having arranged this (obviously unexperienced) host for you 😦 I hope you forgive me! Lesson learnt: Never recommend somthing/someone you have not actually met 😦
    Hope the Apfelstrudel made up for a bit of your short nights….
    Greetings from Linz

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    1. Oh do not worry, Michael was fine, it was just challenging arriving in unknown town and having to find a place 8 km north…He is a truly nice guy. I am very thankful he helped me 🙂 Thank you for your hospitality, you were the best 😉 (miss those bagels)

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  2. jolie moyenne de km depuis le départ, tu faiblis pas,c’est un plaisir de lire tes aventures j’ai pris mon habitude. perso je m’en serais pas remis de shrek!!!!

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  3. Rien de tel qu’un peu de camping sauvage pour retrouver les sensations de l’aventure à vélo !

    Un peu froid pour se baigner nu dans les étangs on dirait Mr Braz..? (sympa votre vidéo du ptit voyage 2013 qui m’a fait découvrir vos pérégrinations solitaires…!). Et..en attendant les miennes je prends du plaisir à regarder les vôtres !

    Pour continuer à honorer mes amis les piafs, un petit clin d’œil à votre CORNEILLE MENTELEE (et non pas mentholée). N’allez pas croire, il m’arrive parfois de côtoyer de vrais gens de type « personne physique » 🙂

    Bonne route

    Un tarin amical

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  4. Pardon Pascal, j’avoue, j’ai ri en te lisant, si si ! (fallait que je la place en Autriche, double pardon…)
    Pffffff…« La Nature envers vous me semble bien injuste », pour reciter Jean (lequel, au passage, n’était pas que poète… avant tout homme de vertu et d’engagement : un des rares à avoir soutenu et visité Fouquet en prison jusqu’au bout… moraliste pas que sur le papier, y avait quand même Louis XIV en face ! ). Que veux-tu, ton voyage est juste… complet ! De l’exploit sportif, météorologique, à l’exploration animale, pâtissière, je vois que tu t’adaptes et te transformes en anthropologue urbain ! Tu vas devenir aussi plastique que Ned (ouille les articulations ! )
    Merci pour le zoom sur l’abbaye bénédictine de Melk, je ne connaissais pas. J’ai creusé : un mastodonte qui revient de loin (ai lu qu’elle avait subi de sérieux revers : incendie au 13e siècle, réforme, menace turque, contre-réforme)… et toujours debout !
    Je vois également que tu as pris un peu d’avance… « Quasimodo »… se fête le premier dimanche après Pâques : tu roules toujours aussi vite ! Au-delà des intempéries et rencontres cocasses ( à qui sont ces « narines blanches »?), j’imagine que la traversée de notre continent est l’occasion de lire l’esprit qui l’anime et a conduit à l’Union européenne et 65 ans de paix. C’est pas rien, quel périple ! (tiens je me pose aussi une question : la racine étymologique de «périple » est-elle en lien avec « péril »?)
    Bon, « je quitte tout souci », les cloches pascales ne sonnent pas le glas !
    Amitiés au petit vieux du matin, savoure bien les viennoiseries pour nous !
    PS : Ned a perdu sa plume ? Le vent ?

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  5. Avé Pascal
    Toujours autant de plaisir a te lire et les photos sont Tip-Top .
    Dis moi , c’est L »AVENTURE a tous les étages !! aussi bien dedans que dehors !! lol
    Tu avance vite , ton kilométrage est tjrs aussi impressionnant
    Profite bien de ta journée de repos
    Pascal81

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