JSMF – NOVI SAD – BELGRADE

Quelle belle journée !
C’est vrai ça, il a fait beau.
Très beau même !
Un temps parfait pour faire du vélo en Serbovie, Serbonie, Serbie.
Je suis posé à Belgrade après tout juste 110 km. Je sais, je sais, petite journée en terme de kilomètrage, mais après plusieurs jours de plaines, j’ai eu le droit à quelques belles ascensions aujourd’hui…Enfin, pour un homme qui traversé les Alpes, ce n’est pas 4 kilomètres qui vont lui faire peur…non mais !
En quittant Novi Sad ce matin, j’ai eu réellement de très jolis paysages avec des collines et des vignes un peu partout. Le printemps est désormais bien présent, et si ce n’était pour le calendrier on se croirait même en été. J’ai roulé en t-shirt toute la journée : une première bien agréable. (Oh la, la, je vous raconte ma vie, bientôt, je vais vous dire ce que j’ai mangé le matin, le midi, et le soir.)
Après la petite colline au niveau de Sremski Karlovci et ses vignes, je suis redescendu dans la plaine jusqu’à Belgrade. Une plaine couverte de vergers en fleurs…Au moins ça change des champs de blés de la Hongrie.

Durant ce parcours, à un moment donné, il m’a été offert l’opportunité de me rallonger un peu…J’aurais pu filer et avaler les kilomètres, cependant l’Eurovélo offrait une variante qui devait  me conduire sur les bords du Danube. Et là, quelle bonne idée ce fut mon ‘ti Pascal (oui je me parle des fois !). Bon, je me suis retrouvé sur un chemin fait de deux traces en ciment qui serpentait au milieu de maisons secondaires toutes plus jolies les unes que les autres. Ça sentait la petite maison de campagne de riches Serbinois, Serbonnais, Serbions, bref, personnes Serbes, qui voulaient quitter la ville de Belgrade et sa chaleur estivale étouffante. Enfin, c’est ce que j’en déduis moi ! Par contre, pour sortir de ce petit coin de « paradis », j’ai pour la première fois dû poser le pied en montée. Si je dis ça, c’est que j’ai horreur de mettre le pied en montée, question d’orgeuil à la noix  – hey, j’ai traversé les Alpes à vélo moi Monsieur. Or comme je suis tout seul, c’est juste mon orgeuil et moi. Je n’ai rien à prouver à qui que se soit, mais j’aime bien m’offrir de petits challenges physique de temps à autre. Par exemple, je roule comme un dératé pendant dix kilomètres et je vomi,ou bien je monte un talus pour arriver avec les jambes « qui brillent » au sommet et je vomi, ou bien je fais 30 minutes de danseuse et je vomi, ou bien je décide de pédaler qu’avec une jambe pendant cinq kilomètres et je vomi, ou bien je pédale en jonglant avec des torches enflammées assis sur les épaules d’un nain. Il faut bien que je m’occupe de temps en temps.

Depuis Besançon, je n’avais vu, ni croiser de cyclos et aujourd’hui alors que je venais de terminer de manger mon petit pain à la confiture d’un fruit rouge, je suis tombé sur un autre cyclo-nomade et comble du comble, il s’agissait d’un français.
Quelle coincidence !
Du coup, j’ai vomi !
Bien entendu, on a discuté de nos expériences respectives.
Il était en plein tour d’Europe avec deux mois d’avance sur moi. Ce fut bien sympathique d’échanger, et même si nos routes étaient différentes, les perceptions et la façon de fonctionner étaient identiques.
Un chic type croisé en Serbie !

Suite à une longue pause-déjeuner dans un petit café au bord du Danube, j’ai rejoint Belgrade après m’être au moins tapé 10 bornes sur une route terriblement fréquentée. L’arrivée sur la ville fut tout aussi fréquentée, mais par les piètons !
Un truc de dingue.
Les dix derniers kilomètres furent un long slalom entre les badauds qui venaient se balader sur les bords de la rivière, boire un coup, manger du pop-corn, manger une glace, et profiter de ce super lundi de Pâques !
Une fois en ville, je me suis offert une belle balade.
J’adore ça en fait.
Autant,  je n’aime pas l’arrivée dans les grandes villes (pollution, bruit, laideur), autant une fois en centre-ville ( ce que permet le vélo), cela devient un pur régal. Découvrir les ries de la sorte est un sincère plaisir.
J’en ai bien profité ça c’est sûr, et avant de rejoindre mon hôte, je me suis posé pour ma glace quotienne sur l’avenue principale. J’ai pris la mesure qu’au fur et à mesure que j’avance, les 7000 Km prévus, vont de transformer en 9000 – tiens j’ai raté la marque 3000 puisque que j’ai pris la photo du compteur, il indiquait 3004 !

Mon hôte, d’une grande gentillesse et générosité vit dans un endroit crade qui bat des records et fume comme un pompier, vraiment ! A peine sa cigarette terminée, il en allume une autre. Je crois que l’appartement de Vienne était en comparaison « propre » et « sain ». J’ai pris une douche en priant que mes défenses immunitaires soient suffisamment fortes pour résister aux différentes bactéries, virus, et autres créatures malfaisantes qui peuplaient le fond de la baignoire. Bon, je n’ai pas de tente à monter ce soir, et je n’ai rien à payer, on ne peut pas tout avoir : se faire égorger par des Serbes saouls ou mourir d’une infection.
De plus le type, bosse de nuit (il travaille dans une centrale d’appel qui « dispatch » les appels pour les réservations de limousine à New-York !) donc je suis seul…Enfin, seul, il y a les créatures un peu partout dans l’appartement, les chiens qui hurlent dehors, les Belgradois qui gueulent dans la cour, et le putain de ventilo de son ordinateur qui, comble de comble, ronronne bordel !
Donc, on peut dire qu’officiellement je suis seul dans son appartement et cela jusqu’à son retour demain matin. Quand lui reviendra, moi, je serais en train de sortir de mes rêves. Vous savez les rêves avec les chats, les supporters de foot, et les femmes nues.

Le programme pour les prochains jours s’annoncent un peu différent et plus lent. Je peux être hébergé à Sofia qu’à partir de lundi prochain, donc ma route (pour ceux qui mettent de punaises sur celle-ci) devrait me faire passer le long du Danube : Smederevo, Râm, Golubac, Dobra (pas de chocolat), les Portes de Fer puis là, j’hésite à passer en Roumanie au niveau de Drobeta Turnu Severin, on verra.
Aucun hébergement de dispos, pas de campings non plus semble-t-il, et pour les petits hôtels je ne sais pas. Il va donc s’agir de camping sauvage, ce qui veut dire que vous allez devoir vous passer de mes billets d’humeur.
En tout cas, ce soir, je vous ai mis une tartine !
Pour ceux qui n’aiment pas lire, quelques photos:

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14 réflexions sur “ JSMF – NOVI SAD – BELGRADE ”

  1. Sur la dernière photo, la boisson a l’air délicieuse lol ça serait pas ça qui te fait vomir ?
    En tout cas tu vas être affuté ! Entre rouler et vomir…

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  2. Si « camping sauvage » = privée de votre petit journal quotidien, alors voici une raison supplémentaire pour laquelle je hais le camping !!!! Bonne route et bonnes glaces pour les jours à venir

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  3. Merci pour la touche rose dans les vergers, ça apaise et adoucit le bleu électrique !
    Cyclo-jumeaux… le jeu des 7 différences ? … je n’en vois qu’une : la petite touche patriotique flottant au vent que tu n’arbores pas ?
    Mettre son orgueil dans ses faiblesses?

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      1. pour un géographe il peut être paradoxal de considérer que les lieux n’ont pas de sens … le chemin plutôt que la place?
        j’adhère assez à l’idée.
        c’est dingue, y’a du pastis au robinet serbe ?!
        belle journée à toi, de toutes les couleurs !

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      2. le trouble s’estompe ouf ! tu semblais sceptique sur la photo
        en même temps, l’appréhension première est bien légitime (c’est drôlement trouble quand même, le sol doit être fichtrement calcaire !)
        l’eau serbe, c’est un peu comme les maths ou les huîtres alors ? quoique pour ces exemples, je ne suis jamais parvenue à franchir le pas !
        Les Balkans approchent j’imagine.

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