JSMF – BERKOVITSA – SOFIA

La histoire de le hier soir:
Quel bivouac !
Enfin, quelle vue de mon bivouac !
Les montagnes enneigées : ouaaaaah, les prairies verdoyantes : ouaaaah, les petits oiseaux qui chantent : rôôôôô, seul au monde caché derrière une pinède à quelques centaines de mètres de la ville de Berkovica, la liberté ultime, mon « into the wild » à moi, SAUF que la route est très proche et est très passante et que ça roule, ça roule, ça roule ! A croire que l’essence n’est pas assez coûteuse bon sang (pas pensé à ça quand je me suis posé moi !). De plus, la ville n’étant pas loin, j’entends ces clébards qui aboient, et aboient, et aboient, et aboient à qui mieux mieux – j’ai le sentiment que la Bulgarie est un chenil géant. J’ai même eu une petite peur en voyant débarquer deux individus de belles tailles qui aboyaient tandis que je terminais mes huitres, ma tartiflette, et mon savarin. Heureusement, j’ai sorti mon couple-ongles et ils sont partis – du moins je l’espère, car par précaution, je vais dormir avec ma bouffe et ma poubelle. Sales bêtes ! Enfin, les humains n’étant pas loin non plus, j’ai droit à un concert de musique locale.
Alors que je venais de terminer ce petit écrit, les deux chiens sont revenus en aboyant : non d’un yaourt bulgare avarié ! Et là, je suis dans ma tente et c’est d’un seul coup beaucoup moins drôle, car vous voyez dans mon esprit fertile, y’a « Cujo », et croyez-moi, là tout de suite, maintenant, je parle d’une expérience très réelle. Il n’a rien de pire que de se dire que y’a des chiens dehors en liberté (ils se foutent de la montagne enneigée eux, j’en suis certain) qui aboient, qui grognent, et QUE L’ON NE VOIT PAS ! Je me suis brossé les dents à la va-vite, en poussant des grognements moi aussi, avant de me jeter dans la tente et de tout fermer. Font chier ces toutous.

Bien, je suis tout de même satisfait de mon lieu de bivouac. C’est rarement parfait, et puis avec 120 dans les gambettes, je n’ai pas fait le difficile. Ça va faire trois jours que je suis dans mon jus, et là tout de suite, maintenant, je rêve d’une douche. Il faudra attendre demain et Sofia. Je ne suis qu’à 75 km d’après les panneaux. Tiens parlons-en des panneaux Bulgares! Je me demande si la BITE (Bulgarian Instution for Transit Evaluation) fait bien son travail. Combien de fois je lis « Poumatica » 25 km, puis je fais 2 kilomètres et je vois « Poumatica » 12 km. Dans ce sens là, ça va, en revanche quand c’est « Poumatica 54 km », c’est moins drôle. Il y doit y avoir les nouveaux et les anciens kilomètres peut-être. En tout cas, la BITE est molle quand il s’agit des évaluations. Je ne sais pas si c’est mieux  pour le PIPI (Portugese Institute for Pedestrian Invalids) ou le fameux CACA (Croatian Analyze Center for the Alcoholic).

La histoire de le matin:
Bon, j’ai relativement bien dormi…les bâtards ne sont pas revenus (j’ai dû uriner autour de la tente pour marquer mon territoire peu après m’être couché en chien de fusil pour l’occasion.) Je savais que j’avais une belle ascension pou aller au col de Petrohan ce matin (très bon pour les pellicules, le col de Petrohan). J’ai donc attaqué ces 20 kilomètres prêt mentalement à en baver un peu. Cependant, après avoir fait les Alpes moi môssieur, un petit col de 20 km pour me conduire à 1400m et des brouettes, ne me faisait même pas peur. Pendant un peu plus de deux heures j’ai monté, monté, monté au milieu d’hêtres encore en mode hivernale, le tout plongé dans un univers enneigé : super méga beau. Je ne sais pas si c’est la fatigue, la beauté du coin, le fait que j’arrivais dans une nouvelle capitale, l’altitude, la solitude de ces trois derniers jours, le fait de ne pas avoir pris de douche depuis longtemps, les endomorphines de l’effort, toujours est-il qu’à un moment, sans que cela ne soit prémédité ou attendu, je me suis mis à chialer comme une buse. Cela faisait plus de deux heures que je montais en danseuse (ma meilleure position pour grimper) et là boum badaboum, le coup de blues, et boum, la crise de larme incontrollée, le nez morveux, et les yeux mouillés. Heureusement, ça n’a pas duré longtemps, mais bon…Cela m’était déjà arrivé en Allemagne alors que je luttais contre le vent et dans le froid – c’était lors de la seconde semaine quand la pluie m’avait bien usé. Aujourd’hui, il n’y avait pas de réelles raisons. Le col avalé, je suis redescendu dans la vallée pour les 50 derniers kilomètres vers Sofia. Ce ne fut qu’un roller-coaster, montée – descente – montée –  descente, etc. J’ai simplement fait quelques arrêts auprès des nombreux vendeurs de miel afin de savoir s’ils vendaient des pots de 500 gr. Or, que dalle, que des pots de 1 kg pour 5 euros. C’était too much, je ne veux pas ajouter des grammes alors que je vais faire un peu le ménage dans mes affaires et me renvoyer des trucs (mon ventilateur, mon micro-onde, et mes deux sacs de ciment) j’ai donc zappé le joli miel.
Peu de temps avant l’arrivée à Sofia, j’ai eu droit à ma plus belle attaque de chien. Allez, je vous raconte, si, si, si, je vous raconte. J’étais en pleine côte, fatigué, et tout, et tout quand je repère un agressif petit toutou aboyant comme si ça vie (quelle vie peut avoir un chien en Bulgarie ?) en dépendait. J’accélère un peu histoire de ne pas le tenter, néanmoins, je vois qu’il est attaché. Super, j’en profite pour faire le beau (avec un sucre sur le nez hein) et lui jette un : « bah alors kiki, tu es attaché hein ? Rôôô, c’est pas… » . J’avais à peine terminé ma phrase qu’un molosse, pas attaché lui, et pas kiki du tout, sort de nulle part et commence à m’attaquer, cherchant la partie la plus tendre de mon corps – à savoir mon mollet droit (partie bien charnue de mon anatomie pour ceux qui me connaissent en vrai). Hurlements de canaris (je vous expliquerai), coups de pédales frénétiques avec coups de pieds (là aussi, je vous expliquerai), et accélération cardiaque fort dangereuse : Pascal 1 – Molosse 0 : Purée, ce coup de flipouille encore. Je vais finir par adorer les chats moi…NON quand même pas. Bon, je suis arrivé sous la pluie à Sofia où je vais passer deux jours. Je suis posé à un café en train d’écrire et de siroter mon expresso – ok, on ne sirote pas un expresso, ça se boit en 2 minutes, c’est juste pour l’image d’accord ! Il pleut des gnous et je dois filer retrouver mon hôte du soir : Sava.

La histoire de le soir:
Je suis arrivé chez Sava (bien et toi, merci) mon hôte pour deux jours sous une pluie d’orage de fin du monde – je ne vais pas le revoir puisqu’il part pour le weekend. Je suis donc dans une grande maison, en rénovation, où se concentre trois autres cyclistes. Un couple d’américains en lune de miel et en voyage à vélo pour deux ans autour du monde (cool) et un type du costa-rica en route aussi pour un tour du monde pour…pour…pour…pour longtemps, je pense. Bref, des rencontres très sympathiques. Je suis au chaud et au sec, et j’ai pu me laver (je ne vous dis pas la crasse après trois jours) et laver mon linge (mais il m’a fallu essorer toutes le fringues manuellement ; j’en ai tordu du t-shirt je vous le dis !). Ce soir avec le couple, on va se faire un petit restaurant…Demain au programme : repos, visites, et organisation des prochains jours.
mon logiciel de mise en ligne d’article fait des siennes, c’est une vraie plaie…Je mets des photos de la veille aussi. Enjoy !

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24 réflexions sur “ JSMF – BERKOVITSA – SOFIA ”

  1. Pfuiiii pauvres chiens ! Les animaux de compagnie rendent le monde meilleur pourtant… non … 😉 bon ben apparemment pas en Bulgarie !
    Bon courage. Bise.

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  2. Merci Pascal de nous faire partager cette superbe aventure, c’est chaque jour un grand moment  » JSMF « .
    Pour les chiens: la bombe de lacrymogène, radical ! mais attention, les Playmobil n’apprecient pas non plus !!
    Bon courage, et à demain,
    fifiiiiiii…. .

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  3. Merci Pascal de nous faire partager… « La histoire de ta vie  » lol .
    On te sent en forme a travers ton récit malgré ton p’tit coup de blues dans le col .Perso , je ne suis pas surpris , tu a une tonne de chose a digérer c’est pas rien ce que tu fait !!
    Le vélo et le matos vont bien ?
    Repose toi bien et prend du bon temps .
    Pascal

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  4. merci Pascal, d’ici on a vu monter un feu d’artifice de ton explosive, touchante, désarmante et généreuse transparence
    impuissants, on voudrait effacer toutes ces bêtes inutiles de ta route ! sérieusement il n’existe pas des trucs à ultra sons ? (si l’odeur est inopérante !)
    Je laisse le mot de la fin à Nadejda : « on sème en pleurant et on récolte en chantant »
    Non, en fait, j’ai menti, ce n’est pas d’elle.

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      1. ahhh, je ne savais pas
        tu roules vite, tout va bien, je cesse de m’inquiéter donc
        belle et « sage » visite aujourd’hui
        PS : paraît que les Martiniquais et les Réunionais les jettent à la mer comme appâts de pêche au requin… y a tout un réseau de la SPA pour les adopter et les sauver de la noyade, et au passage les dresser à ne plus chiquer les mollets des cyclo !
        une 3e voie?.

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