JSMF – KYPRINOS – EDIRNE

Je pensais en avoir terminé moi avec les clébards !
A peine venais-je de franchir la frontière Gréquoise qu’un espèce de molosse décérébré (et ce malgré les injonctions peu convainquantes du maître) s’en est pris à moi, me poursuivant pendant bien longtemps. Seulement, comme c’était plat et comme j’avais le vent dans le dos, et comme je suis quand même en bonne forme physique, je l’ai regardé s’épuiser derrière mon vélo tout en se moquant de lui…
Le chien est bête et bête est le chien, et moi je ne suis pas fin non plus.

J’ai ensuite roulé pendant une bonne dizaine de kilomètres pour arriver dans la ville de Kyprinos.
Cherchant un endroit où me poser, j’ai commencé à arpenter les rues les unes après les autres dans l’espoir qu’une bonne âme m’interpelle (ça faisait un peu louche quand j’y pense), que je fasse ma « cosette », et qu’au final je me fasse inviter.
Néanmoins, la seule chose que j’ai vu dans cette ville, ce furent les clébards à nouveau – du passif à l’agressif.
Finalement, j’ai tenté ma chance dans un café où deux pelés (mais sans tondus tenaient le comptoir.)
Un parlait anglais : ouf ! J’ai aussitôt dit qu’il aille se faire voir chez les Grecs, blague qu’il n’a pas « comprendu », alors j’ai continué et dit que je cherchais un coin camping tranquille et éventuellement une boulangerie pour mon goûter. Si ma dernière requête lui a semblé étrange, pour le camping il m’a donné comme conseil d’aller me poser  sur le terrain de foot (yeah, j’allais pouvoir faire caca sur le rond central) ou bien à l’école, car Un c’était calme, et DEUX, c’était fermé et les chiens ne viendraient pas me faire suer !
Ses explications n’étant pas très claires (gauche, droite, quatre fois à droite, tu tournes après la maison aux volets bleus, tu roules 7,6 km, tu fais trois demi-tours, et enfin, c’est en haut de la côte à 30%), j’ai insisté pour qu’il m’emmène et je me suis posé dans l’enceinte d’une ancienne école.
Cool.
Plus tard, alors que je venais de terminer mon diner, il est revenu le monsieur avec un petit paquet de sucreries au miel dont je rêvais plus tôt.
Rhoooo, gentil non ? Du coup, j’ai vomi.
Du coup, même fatigué, je n’ai pas pu refuser d’aller le retrouver pour boire un verre – je n’ai pris qu’un jus d’orange, mais bon.

Ça c’était le hier, maintenant le aujourd’hui.

Je n’avais que peu de kilomètres ce matin avant de rallier la ville Turquonnienne d’Edirne, donc je ne me suis pas pressé pour prendre la route. Ce fut très tranquille jusqu’à la frontière puisque le temps était idéal pour rouler et en plus c’était plat.
Pas forcément joli (des champs, mais plat) – du coup j’ai beaucoup très mal chanté et beaucoup fait de bruits avec ma bouche genre: « poum, poum tagadoum poum ».
Ainsi, je suis arrivé à la frontière vers 10h avec toujours cette petite appréhension qui me fait toujours craindre un « problème » du genre.
« Monsieur, veuillez descendre de votre véhicule et  voulez vous nous suivre s’il vous plait. »
« Quoi y’a un problème ? »
« Non, non, juste deux petites choses à voir avec mon supérieur. »
« Ah ok, mais je vous assure, l’héroïne et le crack ne sont que pour mon usage personnel, et les chats morts et éviscèrés ne sont pas à moi! »
Heureusement, les douaniers étaient plutôt de bonne humeur et je suis passé comme une lettre à la poste.
Voilà, j’étais en Turquie, mon avant-dernier pays.
Nouvelle culture, nouvel argent, nouvelle langue, nouvelle nourriture.

Si la Bulgarie était bien calme, tout de suite, j’ai senti que ça bougeait un peu plus.
Bon d’accord, nous étions samedi, le jour du…le jour…le jour du samedi.
Ne tenant pas à forcément visiter la ville de suite, mais plutôt me poser pour une fois de bonne heure, j’ai cherché mon hôte pour la nuit. Il s’agissait d’un magasin de vélo, comme lieu d’accueil et d’un appartement pour lieu de couchage.
Très facile à trouver, il avait dit le monsieur.
Sauf que le « très facile à trouver » s’est avéré plus compliqué à trouver, bien entendu.
Du coup, j’ai interpellé le premier Turc venu, j’ai vomi, et celui-ci s’est gentiment proposé de m’aider.
Il a ainsi marché à mes côtés pendant au moins deux bornes pour me déposer au magasin.
C’est pas sympa ça ?
Bref, je savais que j’allais partager l’appartement avec deux couples de sud-coréens et le type qui bossait au magasin de vélo.
C’est dans sa chambre que j’allais même dormir.
Moi qui rêvais d’un peu de calme et de tranquillité c’était mort.
Bien, après les courtoisies d’usage avec les autres cyclos, j’ai fait mon linge à la main s’il vous plait, et j’ai filé trainer et découvrir la ville. Mon moment préféré de toutes mes journées.
J’avais repéré plus tôt un marché couvert, je m’y suis précipité pour m’acheter quelques bricoles dont particulièrement un riz pilaf abosulment délicieux.
Posé un moment sur une cagette, j’ai regardé la vie grouiller.
Rien à voir avec les autres pays, j’étais réellement ailleurs : super ! Déstabilisant, mais super !
Terminée l’Europe.
J’attaquais la phase 4. (phase 1 : la France. Phase 2 : L’Europe de l’ouest. Phase 3 : l’Europe de l’Est. Phase 4 : Le Proche-Orient. Phase 4 : La Perse.)
Que me réservait ce pays ? Il me fallait tout apprendre à nouveau. Excitant et angoissant à la fois, comme à chaque nouveau pays.
Bon, j’allais y passer un mois.

L’apsect logistique terminé, j’ai filé me balader en ville à vélo. Là aussi, ça grouillait et j’ai arpenté les abords de la mosquée avec curiosité et plaisir. Néanmoins, je voyais bien que ma tenue d’occidental (en short) devait être perçue comme original, car bon sang qu’est-ce que l’on m’a dévisagé (enfin décuissagé).
J’étais, c’est vrai, le SEUL en short.
Du coup, par respect et pudeur, je me suis interdit de rentrer dans la mosquée habillé comme je l’étais.
J’ai juste trainé autour.
La pluie (oui encore celle-là), le vent fort et frais, et les orages m’ont poussé dans un café pour un petit…café avant que je ne rentre à l’appartement.
Je ne sais pas pourquoi, mais je culpabilisais presque de ne pas rouler aujourd’hui. J’ai passé un temps conséquent à faire des recherches sur le net et quand l’heure du diner est arrivée, j’ai eu le petit coup de blues…
Le petit coup de blues qui me frappait au moins une fois par semaine. J’avais eu des moments forts et difficiles, mais là, d’un seul coup, le fait de vivre dans la promiscuité, d’être loin des miens, le monde, le bruit, de ne rien pouvoir sur le moment partager avec quelqu’un, tout cela m’a un peu tiré vers le bas. Je suis allé me faire vomir.
Je regrettais presque mon camping sauvage. La douche chaude (mais très crade encore la baignoire, je ne vous dit même pas), le diner, l’écriture au son du muezzin, m’ont fait du bien…
Demain, je reprends la route vers l’est. Cependant au lieu de filer directement vers Istanbul, je vais passer par Kirklareli et me poser à Vize où j’ai semble-t-il un hébergement pour la nuit.
Toujours rien pour Istanbul.

Bon, je balance quelques photos, en vrac, si ça passe, car nous sommes 5 sur le Wifi et ça rame.
Désolé de ne jamais prendre de temps pour le relire, mais je suis toujours épuisé quand je termine d’écrire.  J’espère être cohérent.
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19 réflexions sur “ JSMF – KYPRINOS – EDIRNE ”

  1. Hello Pascal, tu as bien fait de ne pas rentrer dans la mosquée bleue parce que là, pour le coup tu aurais vomi, tellement ca sent les pieds à l’entrée ! 😉 Merciiiii pour la carte et bon courage pour la suite ! 🙂

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  2. Salut mon Squale!
    W T F ! Trois Pays en vélo en a peine plus de deux jours. ..
    c’est un Arion a réaction 😉
    Bienvenue en phase 4.
    Encore et continuellement merci pour le récit de tes Aventures.
    ON PENSE A TOI.
    Lov from the centre

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  3. Merci pour ton billet d’humeur quotidien qui nous fait voyager par procuration. Partager ton expérience nous donne quelques leçons de vie.
    Maintenant un petit peu de culture : ce ne sont pas les Turcs qui ont inventé les fameux WC du même nom : ce sont les Belges. Les Turcs ont juste ajouté un trou….

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  4. Salut Pascal,
    Une bergeronnette printanière ? son vol au-dessus des ruisseaux est des plus fluides (je pencherais pour une sous espèce locale, Feldegg?)
    Ici aussi les colza sont en fleur, as usual toujours plus émouvants à voir qu’à sentir
    La vivification de la ville exacerbe le sentiment de solitude?… profite du confort (ok ok tout relatif) pour mettre tes sens sens dessus dessous au vert, pour poursuivre ta grande vadrouille jusqu’à ton fils !
    la touche de jaune dans le gris… faudra que tu expliques comment tu fais ça et le reste ! merci pour tous les effets !
    Bon repos à toi
    PS : bise à Bourvil si tu le croises aux turkish bath…tu te souviens du mot de passe ?…

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      1. repasser après la lessive pour le confort tu crois? pfffff quelle exigence !
        ma foi, on ne partage pas les mêmes soucis ! pour ma part (conseil gratuit d’amie) : j’opte le plus souvent possible pour des matières modernes qui m’en dispense ! y a mieux à faire, non?!

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      2. ah oui c’est vrai ! ils font les choses bien ces Australiens, tu sais chez eux, tu serais moins embêté avec les lapins, quoique, ils ont de plus longues dents…… suffirait de leur lancer une carotte pour avoir la paix !
        rinçage et essorage te donc suffisent, cool !
        j’imagine que ta machine tourne à 800 tours minute minimum ?!
        quel parcours, c’est chouette !

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