JSMF – EDIRNE – PAZARLI

Hier soir le type me l’avait bien dit en m’offrant un verre d’alcool très fort au goût anisé : « Tu verras tu vas très bien dormir », puis il avait ajouté, « Essaye ça mon gars, c’est un vin maison ». Alors moi bonne poire (d’Olivet), j’avais laissé le Ricard du soir, pour juste gouter (je suis poli) ce breuvage de jus de raisin bien rapeux, bien frais, et franchement plus proche de la brique de Gévéor que d’un Bourgogne classé. En revanche, ça a fait très bien dormir. Enfin petite précision, ça L’A très bien fait dormir. C’est simple, quand je les ai tous quittés vers minuit, je ne tenais plus debout (trop fatigué) et quand lui s’était couché, j’avais déjà fait un cycle de sommeil.  Lui s’était jeté comme une pierre sur sa couche,  avait répondu 6 fucking fois à son téléphone en braillant des « goulu goulu boum boum et vous m’en mettrez deux ». Il s’était endormi en deux secondes du sommeil du juste (saoul), et s’était putain de bordel de merde mis à ronfler comme, comme, comme, comme…je ne sais pas comme quoi, mais cela a réveillé des pulsions meurtrières en moi (que je réserve en général aux chats.) Cela n’a cessé que vers 6h, heure à laquelle je me suis levé. Pour vous faire simple, j’ai eu droit à tout. Les gros ronflements, les grognements, les paroles incompréhensibles (en Turc, c’est encore plus marrant non ?), les petits couinements, les toux glaireuses, les doubles quintes de toux asthmatico pulmono chronique, et les pets foireux.
LA TOTALE.
J’ai pensé à un moment me lever, et l’étouffer avec son petit oreiller à fleur. Cependant, j’ai préféré regarder le plafond et attendre que cela cesse. A noter que même avec les boules Quies dans les oreilles, cela n’a absolument rien changé. Je crois que même Gilbert Montagné l’aurait entendu…Quoi ? Il n’est pas sourd Gilbert Montagné ? On m’aurait menti ? En gros, je n’ai pas très bien dormi, hein !

J’ai quitté Edirne ce matin sous un crachin Turc et une fraicheur toute printanière. Epuisé et las. Un ras le bol plein les sacoches même.

Puis à la faveur de ma pause du midi, je suis posé  longtemps dans un café pour boire mon premier vrai thé sous un soleil enfin revenu. Afin d’éviter 250 km d’autoroute ou de voie rapide, j’ai opté pour une route beaucoup moins fréquenté me faisant passer par Kirklareli. Ce fut 60 km de montées/descentes. Je montais donc un kilomètre, puis descendais un kilomètre, et cela pendant 60 bornes – usant : physiquement et mentalement.
Mortellement ennuyant je pourrais rajouter, car j’étais entouré de champs avec une vision à 360° d’openfields . Joli quelque part, comme à chaque fois, mais pas super méga joli comme les Rhodopes avaient pu l’être – au moins il ne neigeait pas ! En tout cas cet ennui a été comblé par un nombres impressionants de coups de klaxons, de coucous, et autres signes de soutien reçus de la part des Turkoïdes. Cela fait toujours plaisir, et j’ai beaucoup apprécié ces touches de reconnaissances.

Bon alors la fin de la journée…

Après avoir eu l’occasion d’échanger avec un ami via une app, je suis reparti gonflé à bloc pour les 60 kilomètres restant. Une nouvelle fois, je me suis retrouvé sur une autoroute, mais avec une large bande d’arrêt d’urgence et surtout quasiment pas de voitures. Le pied.

Fatigué, certes, mais à nouveau très optimiste pour le reste de mon voyage, j’ai avalé les kilomètres pour finir par arriver dans la ville de Pinarhisar. Sachant que j’étais en bivouac, je me suis arrêté pour quelques courses, et là, suite à l’invitation du vendeur, je me suis fait offrir le thé et j’ai tenté de communiquer. Ce fut rigolo et sympa. Cent mètres plus loin, ce sont des jeunes qui m’ont interpellé et là aussi, je suis resté un bon moment pour papoter (en anglais cette fois-ci) avec ces curieux. Je dois avouer que c’est dans cette ville que j’ai eu le plus de « hello », « coups de klaxons », « coucou », etc. Durant la journée, ça n’a vraiment pas arrêté, et à chaque fois, je me suis nourris de ces moments-là.

Mon hôte de la veille m’avait assuré un bivouac dans le jardin derrière un restaurant, j’étais dans une certaine mesure rassuré de savoir que j’avais quelque chose pour le sir. Ayant passé par mégarde le resto, j’ai demandé ma route à un groupe d’hommes en train de festoyer. Ça n’a pas manqué, j’ai été invité. Néanmoins, comme je devais monter mon campement j’ai poliment refusé l’alléchant repas de mouton. Une fois au restaurant, et une fois ma tente en place, alors que j’allais me faire cuire mes pâtes, on est venu m’offrir un repas complet. Une grosse salade (j’en rêvais) et du poisson (j’en rêvais aussi), et plus tard alors que j’écrivais un thé.

Ce fut absolument parfait. Comme chaque restaurant, je dispose d’une connexion Internet et je suis prêt du feu en train de me sécher, car il y a eu une grosse averse d’orage et je suis mouillé comme une flûte traversière.

Une nouvelle fois, je suis très reconnaissant de l’accueil de prince qui m’a été fait.

Juste une petite précision pour mes fidèles lecteurs…

Cela fait deux jours que c’est dur moralement (physiquement, je me sens très fort), la météo, la gestion quotidienne de la logistique, et  la très courte et mauvaise nuit de la veille ont réellement plombé mon enthousiasme jusqu’à la mi-journée. Heureusement, j’ai eu 60 km pour rebondir, me remotiver, méditer, réfléchir sur le pourquoi de ce voyage, et réfléchir sur un bon nombre de choses pro et perso. J’apprends beaucoup sur moi, sur ma façon de fonctionner, de voir les choses, de les appréhender, et j’avance…N’est-ce pas là le principal ?

Tenez, je viens de recevoir une réponse positive pour un accueil au nord d’Istanbul, donc avant d’attaquer la partie Est de la Turquie, je vais me poser deux trois jours à Sariyer…à suivre.

Demain, je file vers Vize, puis Saray avant de continuer vers Sariyer. J’ignore si je pourrais y arriver demain, car ça risque d’être un peu long. A suivre !

Quelques photos…en vrac
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13 réflexions sur “ JSMF – EDIRNE – PAZARLI ”

  1. Hello Monsieur Pascal, je t’avais un peu perdu car fort occupé avec des trucs du genre plans d’entraînement et réunions, bref. Je vois que tu avances bien et que la forme est là. Je te remmercie également pour ta carte. En tout cas ne doute pas de ce que tu fais, car nous qui te suivons un peu on pense que ta démarche est belle et que tu as raison de faire ça car c’est toi qui en a décidé ainsi. Pour le reste j’ai confiance en tes capacités physiques et mentales. Ne lâche rien, toujours vers l’avant, toujours…

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  2. Qui n’avance pa recule.Alors, ne pas lacher son but.Toujours ce fichu mental.Je sais que tu ne baisses jamais les bras ni les jambes d’ailleurs.Courage courage.Nous pensons tous à toi ici tres fort.Merci encore une fois pour les photos et les cours de géo.

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  3. Okay, imagine a swedish mountain cabin ( quite big, type youth hostel) in winter. We arrived after a long tour with our cross country skies and found out that the swedish army was doing a trip with their militairy attachees. So they had ski scooters to bring a lot to eat AND to drink. They invited us, but I only drank one glass of wine because we wanted to leave early the next morning.
    So now back to that bunch of drunken militairy guys: because the toilet was outside, one after the other was stumbling with his boots outside, slamming the door….and: our four nice room mates ( Army Offiziers in their late fifties) were snoring so loud, that I was beating them with my pillow – without any reaction….
    We ended up sleeping in a small room, full of sweaty clothes, used for drying….not really much better – but I thought I should leave before killing the guys.
    Next morning after an almost sleepless night, I was complaining and they gave me some packages of ear plugs…

    Alors Jamais sans mes boules Quiès
    😉

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  4. 1ère photo : miammm toutes ces fraises !
    Sérieusement, elles sont apaisantes ces couleurs pastel. Tu sembles plus grand, effet de contre plongée ? quoi qu’il en soit ça fait bizarre de te voir marcher et non pas sauter.
    Chouette arbre au milieu.
    l’hospitalité proche-orientale n’est pas un mythe alors? le prochain mois s’annonce riche en contacts !

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  5. Tu arrives au proche orient et visiblement les gens sont davantage bienveillants et reconnaissants…à méditer pour nous européens. Bon, pour tes baisses de moral, sache qu’il y a plein de personnes que tu ne connais même pas qui te suivent. Et bien sur tout le monde est admiratif et personne à ma connaissance ne doute du bien fondé de ce que tu fais. Et personne non plus ne doute que tu vas y parvenir. Bonne route.

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