JSMF – ISTANBUL BIS

Pas de tente à ranger ce matin, pas de chiens à chasser, pas d’affaires à ranger, pas de coupe-ongles à aiguiser, pas de corps à faire disparaitre dans un bain de soude. Pourtant, je me suis levé à la même heure que les poules (et le muezzin) afin de croiser au moins quelques minutes la personne qui me laissait les clefs de sa maison. Quand, je dis prendre mon temps c’est faire une petite maintenance globale : rangement et réorganisation des sacoches (ôter le miel, non, mon miel, mon miel, mon miel…du fond de la sacoche), toilette poussée pour se sentir humain à nouveau, et lessive pour sentir bon la rose et le benjoin.
Loin de vouloir rester entre quatre mûrs, j’ai décidé de partir à vélo dans le centre-ville d’Istanbul. Je connaissais bien la ville pour y avoir séjourné une semaine, 18 mois auparavant. J’ai donc paisiblement longé le Bosphore pendant 5 km avant de m’arrêter en urgence suite à une pluie d’orage qui m’a fait apprécié le fait de pouvoir me protéger – la même chose m’était déjà arrivé dans les Causses et j’avais maudit la terre entière de ne pas pouvoir m’abriter. Ce fut là, le seul moment météo déplaisant de la journée – je passe sur les tremblements de Terre, les typhons, et les épidémies de varicelle, et  les tsunamis, c’est si commun ici.

Istanbul n’était qu’à 20 km (pile-poil) de mon lieu de résidence, et j’y suis allé comme si cela n’était « qu’à côté » (à la fois, après 4200 bornes, c’était à côté). Il faut croire que j’ai perdu la notion de distance. Naaaa, pas vraiment, car je sais que j’ai encore au moins autant de kilomètres avant d’arriver à Dubaï.

Bon, sans les sacoches accroché à mon cyle, ce fut une autre façon de se déplacer. J’ai adoré, je me suis senti léger comme neige au soleil !

20 kilomètres en campagne, cela parait énorme, ici, j’ai eu le sentiment de ne rien faire. Il faut dire que je ne faisais qu’en prendre plein les yeux (et les poumons aussi). De Tarabya jusqu’à la place Taksim, ce ne fut qu’une sucession de restaurants ( et de superbes demeures) qui invitaient tous à se poser et à regarder le Bosphore tout en grignotant du « Buloglu Yorim Neserim Pit pit voumenmetrétroasilvouplé » ou bien un truc dans le genre. Bien décidé à faire le touriste, j’ai posé mon vélo dans l’auberge de jeunesse à côté de la Tour Galata (suite au conseil de mon hôte) et j’ai arpenté la ville, trainant dans les lieux touristiques, bondés, mais si dépaysants. Je me suis laissé porté dans le grand bazar, j’ai trainé autour des diverses mosquées, et vite j’ai été épuisé – comme un vieux.
Oui, oui, épuisé alors que je n’avais que 20 km dans les jambes. C’était normal me direz-vous, si si, vous allez me le dire hein ? Après tant de jours à fond, mon corps a pu enfin se relaxer – il a intérêt à bien en profiter le coco, car dans quelques jours, ça repart.

Sur le retour, j’ai été content d’être à vélo compte tenu du trafic très dense de cette ville de 240 millions d’habitants (enfin je crois que c’est 240 millions, vous savez moi et les dates d’anniversaire). Dans tous les cas, je me suis fait plaisir à slalomer comme un malade entre les voitures et à rouler « léger ». Je dis bien léger, pas « fin », car ma conduite ne fut pas très intelligente, je le reconnais. Bon, je n’ai jamais dit que j’était intelligent non plus.

Pour la suite du voyage, deux options s’offrent à moi.

Parcours UN : « mer noire »/nord : c’est le plus court, le plus évident, le plus emprunté par les cyclos. Or c’est très humide à cette époque (je crois avoir eu mon lot de pluie) et frais voire froid (pareil, j’ai eu mon lot), et ce n’est pas forcément joli. En revanche, c’est assez boisé et moins fréquenté. En gros, je passerai par Karasu, Zonguldak, Sinop, Samsun, Trabzon, et Erzurum.

Parcours DEUX : « mer Egée»/sud qui est beaucoup plus long, plus touristique, avec de belles ascensions (oh ouiiiii),  mais aussi le plus chaud et sec. Ce parcours m’obligera à prendre un train.

En fait, j’ai une grosse contrainte : récupérer mon visa Iranien à Erzurum.

J’ai déjà repoussé de deux semaines ma présence là-bas, et je ne connais pas la patience du consulat du coin. Désormais, on doit déclarer à quel endroit on veut récupérer son visa. Avant il faut avoir obtenu un numéro de référence (que j’ai eu il y a 15 jours). Bon, c’est un petit stress, car je dois envisager un plan B si le visa m’est refusé. Si c’est le cas, je rentre à vélo par la Grèce et les Balkans !

Petit addendum-bibendum :

Je viens de terminer de discuter avec mon hôte, et mon cœur penche pour le parcours deux avec un départ le 2 mai, car le 1er mai cela s’annonce comme un gros bordel à Istanbul – manifs à gogo, ponts coupés, rues bloquées, et tensions pré-électorale si vous voyez ce que je veux dire. Je n’aime pas les chiens errants, je n’aime pas les gens saouls, je déteste les chats vivants (morts, je n’ai pas de problèmes), mais je ne suis pas chaud à l’idée de me retrouver au milieu d’une manifestation politico-syndicale en Turquie.

Donc, cela s’annonce comme un départ matinal le 2 mai pour filer prendre un ferry à Yenikapi pour arriver à Yalova en début d’après-midi. Ensuite, ça sera Yalova – Antalya (environ 600 km – arrivée prévue vers le 8 mai, le jour de mon non-anniversaire), puis Antalya – Kayseri (environ 600 km – arrivée prévue vers le 15 mai, le jour de l’arrivée de Charlemagne en Afrique du Sud). Ensuite, je prendrai un train à Kayseri jusqu’à Erzurum. Je pourrais ainsi disposer d’une dizaine de jours pour me rendre à la frontière Iranienne.
Comme ça, cela semble simple, hein? On en repalera sûrement…

Demain, je compte remonter vers Sariyer et le nord du Bosphore…Peut-être, car je dispose d’encore quelques jours pour tout caler.

Bon, je vous balance quelques photos stambouliote en vrac, et je ne me relis pas…je suis flapi !
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19 réflexions sur “ JSMF – ISTANBUL BIS ”

    1. Ah oki ! Je le porte toujours je te rassure, surtout aujourd’hui ! En fait, c’est un pantalon Gore Bike Wear Windstopper (cadeau de Noël datant de trois ans ! ). Il n’est pas waterproof, et je pense que je choisirai un Goretex la prochaine fois. ça vaut une blinde, mais c’est top…J’ai le bas (les jambes) qui se dézippe et ça fait deux jours que je porte ça pour les petites distances – tu n’as regardé les photos, je ne suis plus en cuissards. En revanche, pas de poches, hormis un petit truc derrière, et ça c’est dommage !

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  1. Salut Pascal
    je lis tes aventures avec passion tous les matins a 5h30 heure a laquelle mon coq (heu mon fils) me tire des bras de morphe ! Non j’exagère il est presque 7h ! Enfin ce que je préfère bien entendu ce sont les images de la fin……
    En tout cas une chose est sûre loin des yeux mais pas du coeur on pense a toi et tes billets nous rassure sur ta bonne santé.
    J’ai l’impression que plus tu avances et mieux tu va.
    tu as raison de te poser un peu pour te reposer et visiter car 1 il n’y a pas le feu au lac
    2 tu ne feras pas un voyage pareil plusieurs fois dans ta vie donc profite pour visiter quand même
    3 tu n’es plus tout jeune il faut menager ta vieille carcasse
    ici les nouvelles sont brèves on prépare les interclubs ……
    comme toi je ne me relis pas
    bise l’ami

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    1. Hey, ça me fait plaisir de te lire et de savoir que vous vous préparez bien comme il faut – je me doute que tu progresses très bien…je ne sais pas si plus j’avance plus je vais mieux, mais la météo est tout de même plus facile à gérer. De plus, je commence à comprendre comment le cyclonomadisme fonctionne. Il me reste encore un gros morceau hein ! Comme je l’ai déjà peut-être écrit, ce n’est pas le physique qui est dur à gérer, plus la logistique de mon mode de déplacement…Bonne prépa donc, et au plaisir de lire vos résultats ! Bises.

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      1. Demain séance de groupe a l’ile charlemagne pour la fête du travail! Si tes oreilles sifflent entre 18h et 20h bah……c’est nous! Ah cette foutue logistique les escargots ont tout compris eux.
        a très bientôt et courage courage force et bravoure

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  2. Salut le Kangourou
    Enfin tu te pose !! A ce rythme je serais sous perfusion hi hi hi ….
    Je m’apprête a faire mes premiers tour de roue en camping et j’ai 2/3 questions existentiel .
    Comment tu affronte la pluie « pantalon » surtout… « gore-tex » ? J’ai vu ton bike , tu na pas monter les pédales auto ?
    Pour la bouffe au bivouac , comment ça marche , tu va au plus simple ou tu a fais suivre la salière and co ?
    Et tu satisfait de ton Thermarest « prolite » je crois ? voila j’arrête là pour les questions .

    Histoire de barbier
    Cela commence normalement, il me taille les pattes avec un peigne et des ciseaux, prend ensuite une tondeuse pour me faire les joues et la moustache, puis en change pour me faire les poils de la nuque, des pommettes et du cou.

    Ne partez pas s’il vous plait, j’arrive aux moments intéressants :

    Il ressort les ciseaux, me fait proprement les contours des lèvres et des joues, en profite pour égaliser 2 ou 3 poils insensibles aux lames des tondeuses et me fait les poils du nez (!?!). Jusque là rien d’anormal, mais comme d’habitude, une surprise m’attend : il sort un briquet (?), le teste (?!), me voit émettre un regard interrogateur, sourit (??!?) et, sans crier “gare”, me brûle les poils des oreillles au briquet (?!!!??!). Content de sa surprise, il se retient de rire alors que je me demande encore si je viens de rêver. L’odeur de poils grillés me prouve que non.

    La suite est plus standard, il me passe le visage à l’eau brulante puis applique une série de lotions : une au citron qui sent très fort puis une plutôt crèmeuse. Il finit en me parfumant avec la même eau de cologne qu’utilise mon grand père. Le tout a duré 20 minutes mais je m’en souviendrai un certain temps

    Prend soin de toi
    Pascal

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    1. C’est vrai j’ai bien failli partir à mi parcours…et d’un seul coup d’un seul je prends conscience, Grâce à vous, que Naître au Féminin me convient pile poil !
      Votre acuité audio s’en trouve améliorée sans aucun doute !
      MERCI pour le partage de cette expérience incandescente et heureuse !
      Joyeux tours de roues et prélassements sous la tente !
      Hi hi hi !!!

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    2. Oui, je me pose…je culpabilise presque ! Sinon pour répondre à tes questions. Pour la pluie, il n’y a rien de super. Soit tu sues car trop bien protégé, soit tu respires, mais tu mouilles. Un très bon pantalon Goretex étanche devrait faire l’affaire – s’il fait froid tu peux porter un collant en laine mérinos en dessous…y’a pas de solutions miracles, idéalement, il faut éviter de rouler sous la pluie 🙂 Pour les pédales: pas de pédales auto pour moi, je m’en porte très bien…j’ai vu les deux cas. Pas d’opinions pour moi. Pour la bouffe, c’est souvent pâtes et mélange de sachet de soupe pour donner du goût…la semoule est bien aussi, enfin comme je l’avais dit, c’est plus se nourrir que manger. Je fais au plus simple, car par exemple quand tu fais tu bivouac et que tu ne peux pas nettoyer ton matos, le lendemain matin, tu bois ton thé (pour moi) avec un goût de soupe aux poireaux ! Le matelas est un Sea to Summit et j’en suis très content, vraiment. C’est juste chiant de le gonfler à la bouche, mais c’est plus rapide que mon ancien thermarest. Voilà, j’espère t’avoir éclairé !

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  3. Au fond, tu es en train de nous dire que depuis que tu es né tu profites d’une triple célébration de libération le jour de ton anniversaire ?! celle de ta maman, bonjour et respect Madame, celle des Alliés, grand merci Grand Charles, et celle d’Orléans, hip hip hourra Jeanne et Jean (preux Commandant balgentien, sans qui Jeanne, qui avait beau être casquée et pas si analphabète que ça, n’aurait peut-être pas fait sauter le verrou des tourelles aussi facilement). L’embrasement des tours… en fait ce sont un peu tes bougies ? pfffffff, grandiose en même temps faut du souffle ! Je les verrai autrement désormais !
    Je vois que tu continues à drôlement bien viser toute arrivée ! L’avenir se structure, ça ne doit pas être simple pour toi de tout conjuguer, le ici et maintenant et le là-bas demain.
    Bel et bon séjour stambouliote !

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