JSMF – TARABYA – ANADOLUFENERI – TARABYA

Il m’avait dit qu’il reviendrait vers 19h, et il était plus de 21h30 quand il est arrivé.
Mon hôte depuis trois jours a une notion du temps toute sienne. En fait, le temps ne semble pas avoir de sens pour lui, en fait si, c’est simplement que les transports en commun qu’il utilise sont toujours pris dans les embouteillages !
Istanbul est chaotique pour la circulation. C’est bien connu.
A plusieurs reprises, j’ai tenté de savoir un peu ce qu’il faisait et à chaque fois, il a fallu que je rajoute entre deux et trois heures pour avoir une idée globale de son heure d’arrivée . Ce n’est pas que cela me dérange, puisque je suis ici « chez moi » et que je ne l’ai presque pas vu durant mon court séjour. Sa porte n’est jamais fermée, et il a été très très sympa, répondant à toutes mes questions, et tout, et tout.
Un petit havre de paix qui m’a fait le plus grand bien.

Bref,  hier soir quand il est arrivé avec sa copine et que j’ai vu qu’elle tentait de réparer ses lunettes de natation, j’ai embrayé et demandé si elle nageait souvent, blablabla…Meuh non, en fait, ces lunettes servaient de protection contre les gaz lacrymogènes. Euuuuuh ?
Pendant la soirée ils ont passé une bonne demie heure à se préparer pour la manif du lendemain.
Ils devaient partir à 8h ce matin, ils sont partis à 10h30 avec masques à gaz, lunettes de natation, foulards, casques à vélo : super !
La manifestation allait sans aucun doute prendre des alllures de combats de rues, la police ayant une forte propension à gazer à outrance, semblait-il. Comme il me l’avait dit, tout était bloqué ! Juste avant qu’ils ne partent, je lui ai demandé s’il ne voulait pas prendre le chat avec lui, comme projectile ça pouvait aider. Il a juste vomi…Pfff !

Moi, pour le coup, pour célébrer ce 1er mai (où tout était ouvert en fait), je suis allé en Asie, enfin en Asie, sur la partie Asiatique de la ville – quel frimeur je fais !
J’ai donc pris un « piti » bateau et j’ai traversé le Bosphore pour arriver à Beykoz. Pourquoi Beykoz ? Beykoz c’était le plus proche.
A la nage cela aurait sympa aussi, sauf que l’eau est  vraiment très crade et à – 12°C, qu’il y a des bâteaux de partout (dont des gros porte-containers de 12 millards de tonnes), qu’il y a anguille sous roche, et que les méduses sont nombreuses.

Ce fut rigolo d’embarquer dans cette coquille de noix pour aller « l’autre côté ».
Une fois posé, j’ai repris une dose de Böreks ainsi que des trucs briochés aux olives (comme une buse, je pense que cela était du chocolat), et j’ai filé vers le nord comme je l’avais fait la veille, mais sur la partie orientale cette fois-ci.
Ce fut beaucoup plus calme sur cette route que ce que je vivais depuis quelques jours. Monter au milieu de la forêt aux essences multiples avec en fond sonore, qui résonnaient dans la vallée (de Dana), les muezzins, avait un côté, comment dire, irréel.
J’ai adoré.
La dizaine de kilomètres en pleine forêt d’essences variées, forêt des sens aussi, fut un régal.
J’ai ainsi poussé jusqu’à Anadolufeneri avant de me poser un long moment sur la plage de Poyaz.
Oui, la plage au sable noir!
J’ai ainsi mis les pieds (ok deux doigts de pied) dans l’eau glacée du Bosphore et de la mer noire.
Le soleil a même fait son apparition, découvrant le majestueux Golden Gate Bridge en construction.

Ma troisième et dernière journée stambouliote fut donc calme et très plaisante.
Néanmoins, je commence à avoir les cuisses qui me démangent et j’ai envie de reprendre la route et continuer ma découverte de ce pays. J’ai beaucoup apprécié cette pause, mais la route est encore très longue. J’ai devant moi deux semaines de vélo.
Je pars demain tôt pour aller prendre un ferry à Istanbul qui devrait me conduire à Yalova. Une fois dans la ville, je vais me diriger vers Sölöz (tout seul) puis prendre de petites routes jusqu’à Karasil, Inegöl, Pazayeri, Bozüyük et Eskisehir où je compte passer une nuit chez un warmshower (ces détails sont pour ceux qui punaisent le parcours sur une carte papier).
Le parcours qui devrait me conduire jusqu’à Antalya le 8 mai s’annonce difficile avec de belles ascensions – on m’a prévenu.
Voilà, il est fort probable que je ne puisse pas publier avant ma pause à Eskisehir, car demain je compte me faire un bivouac.
Cependant, je ne suis pas à l’abri d’une bonne surprise, car comme on dit ici: « on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise, surtout si elle est bonne. »
Quelques photos en vrac.
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23 réflexions sur “ JSMF – TARABYA – ANADOLUFENERI – TARABYA ”

      1. ahhh merci, j’y vois plus clair !…enfin, non, désolée, je ne vois toujours pas le lien… ah si une piste peut-être …j’enlève le « t » (vert?), j’obtiens « fou »? mais bon j’imagine qu’il en faut une bonne dose pour se risquer à quitter la route bien frayée, hein ?!
        Puisses-tu ces prochains jours trouver de nouvelles pitites routes, pas trop sèches, avec les joyeuses rencontres inhérentes !
        Au plaisir de te lire (quand je ne suis pas effrayée par tes manies sacrificielles archaïques !)

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  1. Salut Pascal. Ton dernier message date du 1er mai et nous sommes le 3 mai à 15h30. Pas de problème j’espère ! Tu as traversé le Bosphore ? Au plaisir de te lire… A bientôt.

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  2. Coucou Pascal,tes ptis amis mobiles ont l’air de bien supporter ton voyage.Dis moi à quelle hauteur fais tu tes sauts pour te lancer de l’autre côté?
    Bon je te souhaite bon courage pour la reprise,encore quelques km en effet.Bises et prend soin de toi.

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    1. Pour aller un peu plus loin je propose les boules Quies pour la Grosse Bertha et le pince-nez pour l’explosion atomique… l’Homme…!

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  3. Effectivement, une piste d’athlé comme ça, tu ne pouvais pas ne pas la photographier. Tu as fait des séries de 30 »/30 » j’imagine ?

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  4. Veinard…le soleil… la plage… la traversée…le petit plouf…en même temps…Je vois que tu es assis, alors je peux balancer comme tu dirais : aujourd’hui en France, en lieu et place de la moitié nord au sud de Paris et pour nourrir ta fixation féline : « it was raining cats and dogs ! » T’as loupé ! on peut pas être par monts et par vaux, hein?
    Sérieusement, difficile à croire qu’on est début mai, on se serait volontiers cru en octobre avec une pointe fébrile à 12°C, tu parles d’un réchauffement climatique ! moi je ne suis pas sortie, comme le chat et le fer, je crains l’eau !
    Tiens, au passage du réchauffement climatique, j’ai lu hier que, sans ce dernier, l’Homo Erectus, si si, celui qui est décrit comme « découvreur du feu…fait un bond immense dans le règne animal…chasseur de petits animaux…marche parfois jusqu’à 50km par jour pour survivre…se lance à la conquête du monde…entre en Asie…curieux de tout… invente l’habit et peut-être le rire… » (lien Internet sur demande) n’aurait disparu et cédé la place à l’Homo Sapiens… Mythe de l’évolution humaine ? Nothing to report for Homo Cyclopedus…(not yet?)
    Bonne cyclo-reprise demain, au plaisir de lire tes nouvelles et poilantes découvertes !

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      1. Reste le Golf persique… on y a enregistré les températures marines les plus élevées sur Terre : 35,80°C, ça t’ira?

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      2. Oui. « Saute en l’air » aussi. Tu l’as croisé en chemin ?
        Je le cite mais je n’adhère à toujours à ce qu’il écrit.
        ça vaut pas Bourvil !

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