JSMF – ERZURUM 3

Comme un petit caillou ou presque…j’ai dormi comme un rocher, et je me suis réveillé reposé.
Enfin !

Je n’avais pas prévu de publier quelque chose aujourd’hui, mais comme j’aime ça, et que chaque journée est différente, je me suis dis que je pourrais poster un bricole…Et puis ça fera sans aucun doute plaisir à vous mes chers lecteurs.

Debout tôt, car il faisait super beau, je n’ai eu qu’une envie : filer découvrir la zone. Ainsi, alors que je tenais à partir découvrir le coin, un des jeune de l’appartement a tenu à m’accompagner. On est ainsi parti se balader un peu, et discuter beaucoup. Souvent, les gens sont très heureux de parler en anglais avec un étranger. Ils sont curieux, et l’anglais est une langue qu’ils adorent pratiquer.
Sur le retour de la balade matinale, nous nous sommes arrêtés dans un lycée afin de jouer au basket. Je suis nul au basket – comme en natation synchronisée, en para-pétanque (pétanque en parachute), en point-de-croix, et en physique nucléaire. Ne pouvant pas résister à l’appel d’une activité sportive autre que le vélo, j’ai immédiatement accepté. Faire du sport au niveau de la mer est bien. En faire à 2000m, sans acclimatation, est compliqué. Votre corps vous rappelle à l’ordre rapidement et vous êtes essouflés en moins de temps qu’il ne faut à un joueur de foot pour comprendre une blague Carambar. Ce jeune, plus grand (10 cm), plus lourd (25 kg) m’a explosé pendant 5 minutes. Après, le « vieux monsieur » dont il se moquait gentiment a commencé à montrer que quand même : « il n’était pas si vieux » et que quand même : « il avait une bonne forme physique ». Il a explosé. A la fin, il m’a appelé « vieux tigre ».
Bon de mon côté, les poumons ont bien brulé.
2000m, ça fait haut, et je l’ai senti à chaque déplacement aujourd’hui.
Dans l’attente de mon contact pour le soir, j’ai passé pas mal de temps au magasin de sport à discuter avec les personnes présentes. Ski, VTT, rando-ski, escalade, de vrais petits montagnards. Très très très sympas en plus. J’ai partagé leurs repas et leur goûter. Ce fut rigolo lors du déjeuner, ils m’ont sorti une assiete alors que tous mangeaient dans un plat commun. Immédiatement, j’ai posé la question : « Pourquoi je mange dans une assiette et pas vous ? ». Ils m’ont répondu qu’ils pensaient que je voudrais pas manger dans le plat commun avec eux. Bien entendu, j’ai dit que cela m’était égal et au final, ils ont versé mon assiette dans la gamelle.

L’agence que j’avais utilisé pour mon visa Iranien m’avait dit de me présenter avec mon numéro de réferénce mardi 19 mai. Cependant, ayant du temps devant moi, j’avais décidé de tenter ma chance, quitte à passer pour un débile de touriste. Mon excuse était planifiée : « euh ben euh je me euh suis euh trompé de date euh, désolé, euh, je vous en fais combien de pompes monsieur ? ».
Je suis arrivé le premier à l’ouverture de l’après-midi.
Parfait.
Le monsieur m’a demandé mon passeport et mon numéro de référence, puis il a disparu, me laissant seul, comme Pierrette et son pot au lait pendant trente cinq minutes. Ce fut long d’attendre devant ce guichet. Derrière, j’entendais que ça papotait, que ça riait, ça buvait du thé. Que se passait-il ? Mon esprit fertile a pris le dessus…
En fait, avec mon passeport, ils m’avaient colorié les dents en noir, ils m’avaient rajouté des cheveux, et une moustache Hitlérienne. C’était ça !
Ou alors, ils avait changé « Brazey » en « Braguette », en « Bronzé ». Ou bien, ils préparaient la pièce sombre et sale dans laquelle, ils allaient me tortuter avec des batteries de 12V, de l’eau, des pièces de métal chauffées à blanc, de la confiture de cerise, de la pelure d’oignons, du cirage, et des plumes.
Puis, un autre monsieur est arrivé, l’air grave, pour me dire que comme le lendemain était férié, ils pouvaient me faire mon visa dans l’heure à la condition d’aller à la banque, de payer 75 euros, et de revenir.
Ou bien je pouvais revenir dans deux jours. Je devais simplement revenir avant 16h. Il était 15h25. La banque était à 645m.
Que croyez-vous que j’ai fait ? VOMI pour commencer, et filer en 4e vitesse (comme un chat auquel on aurait coupé la tête) jusqu’à la banque.
Alors que je traversais les rues sans vraiment faire attention aux véhicules, aux gens, je me suis fait interpellé : « Paaaaaaaascaaaaaaaal ! »
Qui? Qui dans une ville de 400000 habitants que je fréquentais depuis 24h, me connaissait ?
C’était le jeune qui était dans une voiture : rencontre improbable ! Bref, une fois arrivé à la banque, accompagné par un policier que j’avais sollicité, j’ai récupéré mon ticket pour faire la queue comme tout le monde. Mon numéro 453. On en était à 408. Il était 15h30. J’avais donc 25 minutes pour : expliquer ma situation, donner mes euros, vomir, repartir au consultat avant 16h – ça allait être chaud, mais j’avais une grande confiance au système banquier Turc.
Sauf, oui sauf, que des milliers de personnes devaient avoir décidé de venir à la banque en ce jour !
Partout à Erzurum, les distributeurs de billets étaient pris d’assaut, les banques bondées. Avec les minute défilant, j’ai commencé à être vraiment nerveux quant à ma possibilité d’avoir le papier de paiement nécessaire.
J’ai vomi.
A 15h45, ne tenant plus, je suis allé voir un agent de la sécurité et expliqué avec mon index sur mon poignet tournant frénétiquement que je devais changer de l’argent rapidement.
Celui-ci m’a aussitôt donné un ticket en utilisant son numéro de client de la banque. Super !
En cinq minutes j’étais à un guichet.
A 15h52, j’étais dans la rue à faire le trajet en courant jusqu’au consultat.
« Pardon monsieur…Pardon madame…Oups désolé…Pardon, pardon, pardon, oups, c’était votre chat… ».
Après deux minutes, l’altitude m’a rappelé à l’odre.
Ah oui, j’étais à 2000m !
Je suis arrivé à 15h57. Ouf !
Le monsieur est alors revenu avec un papier à remplir avec :  votre vrai nom, votre vision à l’œil gauche, la date de naissance de Molière, mon meilleur scrore au Scrabble , le nombre approximatif de chats tués dans les dernières 24h, et si j’étais atteint de vomissements intempestifs. J’ai menti sans honte sur mon score au Scrabble !
Puis, j’ai donné deux photos, le paiement, mon passeport.
Il m’a dit de revenir dans une petite heure.
Chose que j’ai faite.
A 17h, j’étais en possession de mon visa Iranien valable pour 30 jours. Je peux ainsi entrer dans le pays les deux mois et y passer 30 jours. Cool !
Voilà donc une autre porte qui s’ouvre et le voyage qui prendre une autre dimension. En sortant, je suis tombé sur deux jeunes autrichiens dépités de s’être  vus refoulés car ils étaient arrivés trop tard. Ils étaient coincés à Erzurum pour au moins trois jours. Pour ma part, j’étais content d’être venu aujourd’hui et non pas le lendemain comme cela m’avait été recommandé. J’allais pouvoir envisagé la suite de mon voyage plus sereinement.

Voilà en gros la situation à 18h55. La personne devant m’accueillir ce soir ne m’a pas donné de signe de vie. Il semblerait donc que je doive filer en camping sauvage ce soir.
Si je n’ai pas de nouvelles après la publication de ce billet, je file, et je quitte la ville demain.  Je vais donc vous laisser…

Petit ajout du matin du 19 mai avant de bouger:

C’est à 19h10, la nuit tombant et la fraicheur aussi, que j’ai dû prendre mes affaires, les charger sur le vélo et filer dans la montagne (et faire trois kilomètres en côtes à plus de 2000m – je vous laisse imaginer le petit exercice physique). Au final, mon lieu de bivouac avait une vue absolument grandiose sur toute la ville. Absolument superbe ! Mes prochains jours en Turquie vont me conduire vers le lac de Van. Pour ceux qui aiment me suivre, ça devrait être : Horasan – Agri – Patnos – Ercis – Tatvan – Van, puis l’Iran. Au gré de mes connexions…à bientôt. Je pars !

Je balance quelques photos.
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16 réflexions sur “ JSMF – ERZURUM 3 ”

  1. Salut Pascal
    Premier commentaire mais un suivi au quotidien de ton fantastique voyage .BRAVO A TOI

    Content que pour toi que tu puisses poursuivre ton périple .Bonne route. la ligne d arrivée se dessine de plus en plus à l horizon.

    Mais sur les photos qui est ce monsieur avec pas de cheveux et une grande barbe…….???

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  2. Un épisode qui fait plaisir à lire, la route est à toi ! Sinon ce basketteur ne savait pas à qui il avait à faire : le recordman du Loiret vétéran sur 800 m. Faut pas déconner merde !

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    1. Oui, ça fait plaisir de se dire que j’ai le visa, y’avait un peu de stress quand même ! C’est souvent la même chose avec les jeunes, ils ne se rendent pas compte que j’ai une forme physique correcte pour mon age !

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      1. Veinard, tu dois te régaler, j’ai jeté un oeil aux paysages du plateau arménien, sublime !
        Si je peux me permettre : gare aux failles en descendant en chantant, le plateau continue de se soulever !
        Pléthore de buses paraît-il ! ET, tu vas pas le croire, le Lac de Van est le berceau d’une race rare de chat dit « nageur », le chat Turc de Van… Bon ap’ ! (vigilance toutefois : il a le poil long… manquerait plus que tu t’étouffes, ça a failli arriver à Alf, petit cousin éloigné de Chewbacca et qui articules un poil mieux).

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      2. Je crains qu’il ne te faille faire preuve davantage d’imagination pour venir à bout de ce chat hors norme : ce dernier est excellent nageur ! si si, j’ai vu des photos ! On nous aura une fois de plus menti ?!
        en même temps, hélàs, je fais confiance en tes capacités d’adaptation et de créativité !

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