JSMF – VAN 3

J’ai passé une super soirée hier soir, vraiment super !

Comme prévu avec un des profs présent la veille, j’avais rendez-vous à son collège pour qu’il me présente à sa classe, et que les élèves rencontrent un « touriste », un vrai bon touriste français sentant bon le camembert et le Saint Nectaire – mes fromages préférés, putain ça me manque un bon fromage ! Il m’avait dit que son école accueillait uniquement des Kurdes qui n’avaient pas l’occasion de voir des étrangers – des ruraux quoi !
J’allais donc être LA curiosité, LA chose, l’animal rare (« noooon, je ne suis pas un animal, mais un homme ! ») Je venais à peine de mettre le pied, ou plutôt, le vélo, dans l’enceinte de l’école que j’avais des dizaines de gamins autour de moi me criant des « Hello, ouatsiournaime ! »  ou me tenant la main, ou le bras.
Une émeute.
J’étais Michel Sardou à la salle des fêtes de Châteauroux un dimanche de novembre.
J’étais Plastic Bertrand en tournée en Islande l’hiver dernier.
La vedette, surtout quand j’ai sorti mes tronçonneuses et que j’ai jonglé debout sur un ballon, avant de vomir. Passer dans les classes fut tout autant riche et rigolo. Les gamins étaient curieux, plein d’énergie, fascinés par ce que je faisais ici, comment je me déplaçais en Turquie, et d’où je venais où j’allais.
« Avais-je peur des loups en camping ? Non j’ai mon coupe-ongles »  -cette question est revenue très souvent, car cela est un souci dans les campagnes apparemment.
Bien entendu, je ne pouvais pas QUE parler, c’était des collégiens en face de moi, et j’ai donc sorti mon matériel de camping, et monté la tente dans la classe.
Montrer, expliquer, démontrer, partager.
Ce fut un des rares moment où les élèves furent silencieux (des collégiens silencieux dingue non ?). Ils furent très intéressés par ce que je faisais, ça c’est sûr, et fascinés par la façon dont je m’exprimais – j’ai une forte tendance à utiliser mes mains quand je parle avec passion :  mon côté Islandais du sud sans aucun doute.
Je ne devais passer qu’une heure dans ce collège, j’y suis resté quatre ! (Dans un chaos très très bruyant dans les couloirs, vous n’imaginez pas !). En fait, après une classe visitée, ce fut deux, puis trois, avant de terminer par la salle des profs. Le bruit a circulé qu’il y avait un étranger dans le bâtiment, et ça courait de partout pour me voir, m’interpeller, me lancer un « Hello ».

Pour le déjeuner nous sommes allés au lycée. Rien à voir avec le collège et sa population défavorisée, car il s’agissait du meilleur lycée de Van, néanmoins je n’ai pas vu de réelles différences. J’ai eu droit à mes multiples : « hello, ouatsiournaime ? ouèredooyookomfrom ?».
Arriver dans la cafétaria fut un moment assez exceptionnel, je dois le reconnaitre. Je sentais des dizaines de paires d’yeux posés sur moi et une envie plus ou moins discrète de vouloir échanger avec l’étranger de service. J’ai simplement été invité à venir dans une classe de première ou ces jeunes Turcs furent tout aussi curieux que les collègiens une heure plus tôt. Comment refuser cette invitation ? Les jeunes étant si intéressés et avides d’entendre ce que j’avais vécu, ou ce que je pensais de la Turquie.
Je devais souvent donner les raisons de ce voyage: « Pourquoi ne pas prendre directement un avion?  » Ce à quoi je répondais invariablement: « si cela avait été le cas, je ne serais pas en train de vous parler, non?  »
J’ai quitté les écoles super content d’avoir eu ces échanges et un peu déboussolé d’avoir côtoyé tant de monde après quelques jours seul dans la nature. Vraiment cela restera comme un de mes grands moments de ce voyage.
De plus, le type avec lequel j’avais sympathisé la veille et qui m’avait invité à son école m’a réellement touché : une belle personne. Il avait vécu des choses « pas cool » que la pudeur lui interdisait de nommer ; j’ai juste su qu’il avait passé pas mal de temps dans un camp de réfugiés Kurdes et qu’il était d’une très large famille. Pour le reste, son amour de la vie, sa générosité, sa joie furent un régal. Un chic type, adorable !

Il m’a fallu quelques kilomètres pour absorber ce que je venais de vivre, et j’ai filé retrouver mon nouvel hôte en centre-ville, néanmoins juste avant d’arriver là-bas, j’ai fait un arrêt pour faire réparer ma béquille. Ce fut un peu compliqué de se faire comprendre et de trouver le lieu disposant du bon matos.
Pascal y est tout de même arrivé !
Ce fut très rapide, très aisé (pour eux , car pour moi, il aurait fallu deux ans de dur labeur), et ça m’a couté que dalle !
Béquille opérationnelle : Yoohoo !

Ainsi, mon séjour en Turquie se termine après y avoir passé cinq semaines. Hormis les anecdotiques lancés de pierres, ce fut très intense, avec de superbes paysages, des moments de vie puissants (durs quelques fois), des rencontres multiples et diverses. Comme je l’ai écrit, j’ai été bousculé, et cela à tous niveaux.

Demain je file pour l’Iran – je pense rentrer dans le pays le 30 mai. Voici donc la phase 5. Le dernier pays de ce voyage commencé le 22 mars. Des dizaines de questions, des doutes, des peurs, de l’excitation, de la curiostié se bousculent dans ma tête à l’heure où j’écris ces mots. Nouvelle culture, nouveau code, nouvelle langue, nouvelle monnaie, il n’y a que mon vélo et moi qui allons rester les mêmes.
Je file donc vers l’inconnu prêt à me laisser porter par la Perse.

Ma route : Ozalp – Saray – frontière Iranienne – Khoy – Tabriz (ville de plus de 2 millions d’habitants où je cherche vainement un hébergement pour m’y poser quelques jours).

Je vais prendre deux jours avant d’arriver à la frontière (avec de nouveaux pas mal de bivouacs en perspective), avec une grande incertitude quant à mes possibilités de publication après, mais je tenais à mettre un petit quelque chose avant de vous abandonner. Mon hôte ne disposant pas d’Internet, je me suis posé dans un café ou ça joue, ça fume, et ça boit du thé.
C’était Pascal live from VAN.

A bientôt.

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3 réflexions sur “ JSMF – VAN 3 ”

  1. Well, I had assumed that Plastic Bertrand was dead and buried something like… ten years, but I may be wrong!? Lol. Either way, I could picture the scene. That made me laugh! Well done and fair play to you! I can imagine how those kids felt and how much dream and envy you have spread, with your bike, your tent, your cyclist tan and your sense of freedom. well done. I m glad to hear you’re now leaving Turkey with a big smile on your face. The gift of self is defnitwly the best one you can give… And get back. Hopefully, one of the kids who threw stones at you was in the classroom that day?… And learnt his lesson. As for the cheese heartbreaking story, I sympathise… I leave far my favourite St nectaire… And life is tough at times. I wish you all the best in Iran. Looking forward to reading your adventures. Bonne route! Xc

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  2. Waouhhh tu parles d’un truc, quel jubilé de sortie du territoire turc ! t’imagines ce que tu as pu semer dans leurs petites têtes ?
    Va savoir, peut-être qu’en l’un d’entre eux, d’entre elles, sommeille UN grand aventurier de demain !
    So, on the road again !
    Enjoy ! A fond !
    PS : en te souhaitant, que l’Iran vous transforme, toi et ton vélo, encore, à fond !

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