JSMF – Le retour

Comme une « lettre à la poste », où plutôt comme un « carton dans l’avion », c’est par ces termes que je peux définir mon retour en terre Gauloise.
Je suis arrivé le 22 juin à 7h à Paris après être parti le 22 mars 9h d’Orléans. Vous voilà rassurés.

La veille, je m’étais accordé une courte baignade dans l’eau à 32° C du Golfe Persique. 32 ° C ! La température du corps humain devant son poste de télévision…Impossible de se rafraichir. je pense que même les poissons transpiraient.

Désormais, je suis chez moi…
Mon réfrigérateur est plein, mon lit frais et propre, pas de chiens, de muezzins, je n’ai pas eu à être accueilli ce soir, je me suis fait à manger dans ma cuisine, et la wifi fonctionne.
Aujourd’hui, j’ai retrouvé mes repères. C’était comme si je venais de partir.
Désormais, on me pose des questions sur mon voyage. Si je réponds volontiers à celles-ci, je voudrais ici, vous posez une question:

« Quel a été votre moment préféré de mon voyage?  »

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JSMF – La fin

Dubaï est là, devant moi.
C’est terminé, enfin presque.
Je prends l’avion demain soir pour arriver à Paris lundi matin, trois mois exactement après avoir quitté à vélo, Orléans.
Je viens aussi de quitter mon fils pour quelques semaines – Dure séparation à nouveau.

Je suis à quelques centaines de mètres au dessus du sol, au 67e étage de la « Princess Tower » de la Dubaï Marina, la Palm Jumeirah Island devant mes yeux. Irréelle vision. Je ne réalise pas pour vous dire.

Quand au mois de janvier, je me suis lancé ce petit défi personnel, je ne savais pas trop ce dans quoi je m’engageais.
On ne le sait jamais vraiment. Et c’est tant mieux, sinon, on ne partirait pas !

Un grand merci à toutes les personnes ayant participées au financement de ce voyage.
Merci à toutes les personnes qui ont prises du temps pour lire et commenter mes billets.
Merci aux personnes qui ont crues en moi, tandis que moi, je doutais.

Vous m’avez accompagné, suivi, pendant trois mois. Vous avez souffert, ri, pleuré avec moi. Vous vous êtes étonnés, inquiètés, vous avez découvert des lieux inconnus, vous m’avez envié (ou pas), je vous ai fait rêvé peut-être un peu, et finalement, je peux dire que vous avez roulé avec moi.

Comme j’ai pu l’écrire,  je me suis « éclaté » tous les soirs à tenter de raconter, avec mon style propre, ce que je vivais, choississant les meilleurs moments, mais pas toujours.
C’est une chance d’écrire, cela en est une autre d’être lu.
Certes, des chats sont morts, je me suis moqué des supporters de foot, j’ai aussi pas mal vomi, Châteauroux en a pris pour son grade, et je voudrais m’en excuser.

Non, je déconne, qu’ils crèvent !!!

Les yeux dans le vide, je regarde dehors par la fenêtre de cette tour, les lumières de la ville qui scintillent en bas. Dubaï, ville sans âme et artificielle, me laisse indifférent. Moi, je suis encore là-bas. Là-bas, c’est partout, partout où je suis passé. J’essaye au mieux de me souvenir de ce que j’ai pu vivre, des émotions. C’était ailleurs, cela semble si loin. J’avais déjà voyagé, j’avais même déjà vécu longtemps à l’étranger, mais jamais je ne m’étais laissé autant laissé bousculer par un tel périple. Avec le recul, je me dis que ce fut superbe, fort, puissant, et renversant. La fin en particulier, où, las de voyager, dépendant des autres, fatigué physiquement et nerveusement, et ayant reçu une mauvaise nouvelle, ce fut réellement « compliqué ».

Quand on termine un projet, on a envie de regarder en arrière (et à vélo c’est plus prudent), de faire un bilan. Faire un bilan ? Que dire ?  Que retenir ? Qu’ai-je gagné/perdu ? Qu’ai-je appris ?  Oui tiens, qu’ai-je appris ? J’ai appris un peu plus à « lâcher-prise », à me faire confiance, à me concentrer un peu plus sur le présent, et à me débrouiller me disant que n’importe quel problème avait obligatoirement une solution, pas forcément celle espérée, mais une solution quand même.

J’ai eu de la chance. Oui, j’ai  eu de la chance de partir, dans un premier temps et de réussir dans un second temps, peut-être pas aussi comme je l’avais voulu (le bus m’ayant servi de moyen de transport vers la fin), mais j’estime avoir réussi. Je tenais à aller à Dubaï à vélo retrouver mon fils et j’y suis arrivé – que mes détracteurs meurent noyés dans du beurre d’escargot.

J’en suis égoistement fier, même si je n’ai pas le recul nécessaire pour réellement appréhender ce que j’ai accompli.

Pour moi ce voyage restera ancré comme la plus belle aventure pour illustrer l’amour qu’un papa peut porter à son fils . Pour lui, ce voyage n’aura qu’une véritable portée que dans quelques années je présume. Je ne pense pas qu’à l’heure actuelle, il prenne la mesure de ce que je viens d’accomplir (moi non plus, je le répète). Le temps, juge de paix, le dira.

Je vous laisse donc, « JSMF2015 » c’est fini pour le moment.

MERCI !

Pascal live from Dubaï.

Quelques photos  en vrac, ça fait toujours plaisir…

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JSMF – Shiraz – Esfahan 

Dix mois que je guette ça !Trois mois que je roule pour ça ! 

C’est donc demain vers 20h30 à l’aéroport de Dubaï que je vais enfin revoir le jeune garçon qui m’appelle « papa » quelques semaines par an. 

Je suis assis dans la cour de l’hôtel où je vais dormir ce soir, rempli d’émotions, partagé entre la tristesse de terminer quelque chose de fort et l’immense joie à l’idée de cette rencontre.  

C’est toujours un moment particulier ces retrouvailles d’aéroport, néanmoins cette fois-ci elles vont revêtir un goût particulier. 

J’ai traversé un bout de la planète sur mon vélo pour y arriver !

Ce soir, comme je l’ai dit plus tôt je dors dans un hôtel, car mon hôte ne peut pas m’accueillir – bien évidemment pour rajouter du piment à l’histoire, il a attendu 18h pour me le dire ! Ma chambre fait à peine 4m2 – véridique ! Bah ce n’est pas grave, c’est ma dernière nuit en Iran ! 

Ce soir, pour clore ce voyage ici , je suis aller dîner avec un cyclo Suisse rencontré à mon arrivée. Nous n’avons fait que parler d’histoire d’histoire de cyclo…bien entendu !

Il est 22h40 et mon hôte vient d’arriver avec ses potes pour aller boire un pot…

À plus tard 

Pascal live from Esfahan 

JSMF – Shiraz 4

Ça fait quelques jours que je suis chez mon jeune couple, que je les regarde fonctionner, et que je commence à comprendre un peu mieux le rôle de chacun. Ce matin, alors que je traînais pour partir découvrir la ville, je me suis retrouvé à discuter seul avec la jeune femme – ça n’a pas duré longtemps car la belle-mère est vite arrivée. Néanmoins le portrait qu’elle m’a dressé de la place de la femme dans la société iranienne fut bien morose, voire déprimante compte tenu du manque de liberté de celles-ci. Je n’ai quasiment, ou pour ainsi dire jamais, durant mon séjour en Iran eu de réelles occasions d’échanger avec des femmes – je n’ai pas cherché non plus, mais ces dernières étaient souvent invisibles dans les coteries, ou effacées dans les maisons. Loin de moi de juger, on ne peut et ne devrait pas chercher à appliquer notre modèle occidental à d’autres cultures, cependant lorsque cela est subit et non pas désiré (on pourrait en débattre ), je ne peux m’empêcher de m’insurger sur les conditions féminines ici. Il y a des progrès depuis le début des années 2000, mais cela reste une société d’hommes, dirigés par des hommes. Ces derniers aussi progressistes soient-ils gardent la main-mise et contrôlent de façon plus ou moins tacite les femmes. Leurs éducations, la famille, et la société cultivent ce pouvoir et les droits dont ils disposent. Bien entendu les choses bougent, et à Téhéran c’est plus cool d’après ce que j’ai entendu. En revanche, la police morale rode et ils peuvent se faire embarquer pour ne pas porter le voile ou s’embrasser en public, entre autres choses. 

D’autre part, j’ai été étonné souvent d’entendre les jeunes dirent ouvertement leur haine de l’islam, synonyme pour eux d’un manque de liberté. Moi français, agnostique, parlant de l’islam en Iran ! Vous imaginez les longues et passionnés discussions que j’ai pu avoir. 

Aujourd’hui pour mon dernier jour à Shiraz je suis allé faire quelques dernières visites, j’ai aussi beaucoup traîné à droite à gauche, prenant mes dernières bouffées iraniennes même si j’ai encore deux jours ici. J’avais besoin/envie de me poser et de réfléchir et rien de tel qu’un bon 38 C à l’ombre pour y parvenir !

Aussi, je devais aller chez le barbier ce soir pour un rasage de près, or j’ai appris que ce dernier ne ferait que me tondre comme un vulgaire mouton. C’est donc tout seul comme un grand que j’ai fait disparaître ma barbe. Je suis imberbe à nouveau et j’apparais plus jeune d’après mes hôtes (grassement payés ).

La soirée s’est terminée en ville au milieu de cette fourmilière humaine que j’adore. Demain je remonte sur Esfahan en bus. Environ 8h à nouveau pour retrouver mon cyclomaniaque !

Pascal live from Shiraz 

JSMF – Shiraz 3

C’était direction Persepolis aujourd’hui, pas à vélo (trop loin et trop chaud) , pas en bus (trop long), mais en taxi: le luxe ultime pour ne pas galérer de trop. J’ai pu prendre la mesure de ce que signifiait rouler à « tombeau ouvert », ou pour l’occasion à « fenêtre ouverte ». A 120 km/h sur l’autoroute, au téléphone la moitié du temps (« aaaaaah la voiture devant ! Aaaaaah le camion !), envoyant sms (« mais regarde devant bon sang! »), répondant à ses sms (« oui dis lui que tu vas ramener du pain et du PQ), se prenant en photo avec moi (« la route, la route, regarde la route…non c’est bon le chat tu peux lui rentrer dedans, mais regarde la route!), doublant à droite à gauche (« Tant qu’il y a de la place y’a de l’espoir! ») , klaxonnant éventuellement pour se faire connaître des autres conducteurs tous aussi tarés, le chauffeur est arrivé sur place très très rapidement c’est le moins que l’on puisse dire. Moi j’ai juste vomi…
Je ne vais pas vous faire découvrir le site de Persepolis car ça se résume à des ruines dans le désert. Bon ce sont de belles ruines avec une histoire derrière, mais je le répète ce sont des cailloux sculptés, posés les uns sur les autres, y’a super longtemps par une civilisation qui s’appelait les…Schtroumpfs je crois. Alors vous allez vous dire que je suis blasé, mais pas du tout ce fut très bien, j’y ai passé deux heures à les regarder ces cailloux. Pour en savoir plus et m’imaginer au milieu de cet endroit, faite donc une recherche sur le net. 
Une fois cette visite terminée, je suis allé à Naqsh-e Rostam, le lieu où se trouvait quatre tombes sculptées dans la roche (des trous dans la montagne.)

Je suis finalement rentré chez mes hôtes, c’était l’heure de la sieste. A savoir qu’à partir de 37C à l’ombre, on est bien mieux au frais et à se reposer. J’en ai donc profité pour tenter de déconnecter un peu de ce qui me ronge en ce moment.

Si ma matinée avait été minérale, mon après-midi fut végétal puisque j’ai visité le très joli « jardin d’Eram » (oui comme les chaussures). J’ai beaucoup apprécié ce petit coin de verdure et puis cela m’a permis de faire un peu de vélo – j’aime bien rouler au moins un peu chaque jour. 

Bon j’ai pas tenu longtemps. 

Je vous disais hier que je ne tenais pas courir, et bien ce soir « à la fraîche », je suis allé faire le coach pour Elham, la jeune femme qui m’héberge avec son mari. Nous n’avons couru que 15′ doucement (sur une piste cyclable de 500m) puis je lui ai fait faire une séance de PPG sur le pelouse, devant les regards amusés des très nombreuses personnes. Je ne pensais pas que de recourir, même si peu de temps me ferait tant plaisir. Demain je vais être fracassé je le sens.

Pour compléter ma journée sportive, je suis ensuite allé jouer au foot avec son mari et ses potes (je sais c’est mal et depuis une demie heure je me flagelle le dos avec des bouts de carambar attachés à des fils de pêche ). 

Comme il n’y a pas de bars ou de cafés ici, les gens se retrouvent dans les parcs. Ça grouille de monde, c’est impressionnant ! Avec la chaleur de la journée, les gens sortent et se retrouvent dehors le soir. J’ai donc passé ma soirée avec eux et leurs amis. Sympa.

Demain je vais conclure ma visite de la ville et aller chez le barbier ! Vous n’aurez ma nouvelle tête que dans quelques jours…

Il est tard – Je suis épuisé

À plus tard 

JSMF – Shiraz 2

Merci à un de mes meilleurs ami, j’ai un hébergement pour Dubaï. 

5h, c’est à cette heure matinale que je suis sorti de ma couche pour accompagner mon jeune couple pour un entraînement avec leur coach de 24 ans – le meilleur coureur de l’Iran avec record à 64′ au semi ( les connaisseurs apprécieront) – entraîné par un kenyan il vise 2h11 au marathon dans quelques mois en Allemagne et espère se qualifier pour les JO. Il s’entraîne 3 fois par jours (Gulp!) c’est son « métier » puisque le gouvernement s’occupe de lui apparement. Il a un logement de fonction au stade d’athlétisme. Ainsi je me suis retrouvé dans la montagne avec eux alors que le soleil se levait à peine. Je les ai juste regardé faire un footing et quelques lignes droite. Unique et magique ! Je me serais bien joint à eux, mais n’ayant pas couru depuis 3 mois, reprendre dans des côtes sous une température de 28 C, en pantalon, et à plus de 1500m aurait été une pure folie que mon corps n’aurait pas accepté. Et vous savez que mon corps en ce moment…

Bon c’est vrai que depuis le début de mon voyage quand on me demande quel est mon métier, je dis : « coach ». Ça m’a permit d’attirer la curiosité de nombreuses personnes, on m’a demandé très très souvent des conseils pour perdre du poids ou avoir une ligne comme la mienne à 46,5 ans. Je suis bien entendu coach de rien du tout ! 

Pour cette première journée à Shiraz j’ai: erré dans le bazar (j’adore ça moi errer dans les bazars), roulé dans la chaleur, chu comme un con en descendant de la montagne me fracassant le derrière bien comme il faut et posant la main sur des chardons en tentant d’éviter le pire (la mort par noyade). J’ai aussi perdu mon trépied pour appareil photo: fini les photos en sautant.  J’ai traîné dans les ruelles (j’ai failli me faire percuter bien comme il faut, il s’en ai fallu d’un…cheveux que moi aussi j’ai mon mausolée ici), visité aussi quelques sites, je me suis posé dans des jardins et parc pour réfléchir sur ce voyage, et mon futur. 

J’y pense beaucoup à mon futur, et c’est mal, je sais !

Pendant mes errances, je suis notamment tombé sur « Aramgah-e-Shah-e-Cherag », un mausolée époustouflant ! Unique avec ses millions de miroirs, d’autant plus que je suis tombé dessus « par hasard ». Bon, il a fallu, comme tous les étrangers que je me tape un guide, car normalement les non-musulmans ne sont pas autorisés à l’intérieur du mausolée. Moi si ! Ça doit être ma barbe, bon sang que j’entends souvent que je ressemble à un mollah, ou bien que fais partie de l’état islamique – je ne parle pas perse ou farsi (sauf toujours avec les petites électrodes où vous savez), mais je commence à saisir quelques mots dont DAESH ! 

Dans trois jours, je vais chez le barbier pour retrouver ma jeunesse !

Le programme pour demain est de filer en taxi vers Persepolis. C’est à 1h30 apparement et ça vaut son pesant de figues séchées. 

Je vous raconterai puisque pour les photos c’est toujours mort. 

JSMF – Esfahan – Shiraz

Comme à chaque fois , merci beaucoup pour vos commentaires !

C’est rigolo, enfin c’est rigolo vu de l’extérieur…

Ces derniers jours, je ne mange quasiment pas, je ne dors quasiment pas, on pourrait dire en gros que je me « désertifie » moi aussi. Je sèche ou je me sèche, la chaleur aidant, ou je fais dans le local, comme vous voulez. 

Ainsi ce matin après une grosse nuit de 5h où les crampes sont venues me foudroyer à plusieurs reprises (il est temps que je reprenne le sport ou que je boive de la bière ) j’ai filé au terminal de bus avec le vélo dans le coffre du taxi. Je vous laisse imaginer mon vélo dans le petit coffre d’une 405 (la voiture la plus commune ici) 

Même pas peur ! Pas moi, eux, car mon vélo en voit de toutes les couleurs le pauvre, et dans quelques jours, je vais le mettre dans une boîte en carton. 

Je pense que quelques moutons bien attachés auraient pu aussi tenir, ainsi qu’une bonne trentaine de chats en petits morceaux aussi. On aurait pu attaché les supporters de foot sur la galerie…

Je savais que la route jusqu’à Shiraz était longue, et même si j’ai un peu somnolé pendant le trajet, j’ai surtout regardé et tenté de mémoriser ces paysages grillés (la moisson se termine) si particulier de ce voyage en Iran. C’est le désert avec de « presque » vertes vallées où poussent des trucs verts. J’aurais juste aimé que l’air conditionné ne tombe pas en panne à mi-parcours (il est 20h il fait 37C et 7% d’humidité, ça vous laisse imaginer la température à 15h en plein soleil ), juste pour vous donner une idée de ce que je veux dire par: « J’aurais aimé que l’air conditionné ne tombe pas en panne à mi-parcours ». Enfin, je ne devrais pas me plaindre à la vue du nombre de personnes bossant dans les champs ou pire faisant du goudron sur la route! Les enfants iraniens si vous lisez ça: travaillez bien à l’école au risque de finir à bosser en plein cagnard sur le bord d’une route à shiraz. 

Après donc mes 8h de bus, je suis arrivé au terminal et sans demander mon reste et j’ai filé attendre mon hôte pour les prochains jours. Je sais c’est mal j’aurais dû payer, mais ça me saoulait d’attendre et de négocier des plombes…je vais terminer en enfer, ah zut, c’est déjà l’enfer avec les températures. 

Immédiatement j’ai vu le mélange des cultures…et des langues. Les terminaux du monde sont toujours des lieux de brassage culturels intéressants. Traînez donc à la gare de Châteauroux un dimanche midi de novembre, vous verrez. Ça parlait perse, farsi (aux châtaignes ), et arabe. Beaucoup plus d’arabes ici…j’ai vraiment le sentiment d’avoir changé de région. 

C’est une jeune et jolie fille et son mari qui sont venus me chercher. Mon vélo s’est retrouvé dans le coffre à nouveau et nous avons filé dans le coquet appartement de ce couple fraîchement marié. Parfait. Ils ont l’air-conditionné, c’est propre, ils sont gentils, ils n’ont pas de chats, et c’est calme. Je vais pouvoir me reposer ici quelques jours, car à Esfahan, mon gentil hôte m’héberge assez loin de la ville – c’est chiant pour se déplacer. Il est très gentil et disponible et tout et tout, mais narcissique au delà du raisonnable. Ça prend un temps fou pour faire une bricole ! Il se coiffe sans arrêt (je ne peux pas comprendre ), se regarde dans une glace dès que possible (miroir ô beau miroir), fait très attention à son look (quatre jours avec le même t-shirt et sa sueur le Pascal), et est putain de maniaque, ça fout les jetons et me rend dingue ! Hier pour mettre la table et manger des pâtes au sol (bon c’est la coutume ici) à 23h30, ça a prit 30′. 30′ minutes pour que tout soit parfait…je vous assure – j’ai torché mon assiette en 1′ et il a fini tout seul le monsieur. Juste avant il m’avait demandé si je voulais de la glace dans mon verre de vin rouge…j’avais poliment refusé (la bouteille était ouverte depuis un moment à mon avis) prétextant que je pouvais vomir si je buvais de l’alcool. 

Bon, mes hôtes sont partis courir…oui courir – relisez la partie sur le température. Ils me l’ont proposé, mais comme je n’ai pas de short, j’ai dit non (courir en pantalon sous 37C non merci). Elle, en revanche, est partie courir en étant couverte de la tête au pied, Iran oblige. J’ai pu faire mon coach à nouveau car ils avaient de nombreuses questions les titis.  Il n’est impossible que demain matin, à la fraîche je file avec eux découvrir leur coach, un très bon coureur semble-t-il…

Sinon Pour demain c’est visite de la ville…

Je vous laisse donc, je ne me relis pas, car déjà que taper avec seul doigt sur mon téléphone est…long.

Pascal live from Shiraz

JSMF – Esfahan 3

Depuis trois mois j’ai eu des expériences culturelles intéressantes (ECI) c’est le moins que l’on puisse dire.Hier soir en fut une nouvelle puisque je suis allé à la piscine ! A la piscine couverte à Esfahan, totalement improbable. Comme à 21h c’était ouvert pour nous les hommes, mon hôte m’a conduit là-bas à vélo (faire du vélo la nuit sur les voies rapides en Iran est aussi une « expérience culturelle intéressante », voire inconsciente) . Je me suis ainsi retrouvé à faire des…largeurs dans ce bassin olympique, ce dernier étant coupé en deux. Je vous rassure pas de champions du crawl ou de la brasse indienne inversée dans le coin nageurs, y’a les mêmes connards qui nagent sur le dos le papillon et qui vous foutent des coups de poing – ils sont juste plus poilus ou diraient des chiens ou des ours !

Ce matin, après une nouvelle nuit de 4h, j’ai eu droit à une nouvelle ECI: le porridge de mouton en guise de petit déjeuner (j’ai été poli, et ce fut pour moi un léger petit-déjeuner ). Celui-ci a été suivi par une demo de mes hôtes, de duduk (ou balaban) accompagné de chants persiques traditionnels.

Ce n’est qu’en fin de matinée que j’ai pu acheter mon billet d’avion Esfahan – Dubaï, et mon billet de bus Esfahan – Shiraz.

 Je vous passerais comme ECI les discussions de fous entre mon hôte et moi. On parle en anglais certes, mais je me demande si il me comprend bien. Ça devient vite un sketch rigolo ou j’essaye d’expliquer quelque chose, il acquiesce, mais en fait je vois bien que ce n’est pas très clair pour lui:

« Mais puisque je te dis que je veux prendre mon vélo avec moi  »

« Ok pas de problème  »

« Super je vais chercher mon vélo alors »

« Tu veux prendre ton vélo ? »

 Ça peut durer très longtemps et être épuisant à la longue, surtout que c’est le cas pour beaucoup de situations qui nécessitent un Oui ou Non.

Il n’y a jamais de problèmes sauf qu’il y a toujours un problème. Tout est vague, approximatif, et jamais bien clair. Je m’y suis fait, et répète souvent, m’assure que j’ai bien compris ou qu’il a bien compris au moins douze fois. 

En début d’après-midi alors que je visitais un pont à l’acoustique bluffante au niveau des piliers, on m’a arrêté pour la traditionnelle photo (au moins une fois par jour) et le mec comme ça m’a dit qu’il voulait chanter pour moi…et boum nouvelle ECI…

Avec les 38 C aujourd’hui, j’ai peu traîné à vélo dans la ville avec mon hôte, mais seulement après 17h. Je continue de rouler chaque jour un petit peu…

Demain je file vers Shiraz en bus, et cela pour 8h. Je devrais revenir à Esfahan le 16 ou 17…

JSMF – Esfahan 2

J’ai hésité à écrire quelque chose ce soir…une mauvaise nouvelle m’ayant retourné, balayé…

Faire des choix et vivre avec.

Soigner les maux par les mots ne cessé-je de répéter, alors je publie une bafouille…

La nuit fut courte, ou la nuit fut longue. 

Question de perspective. 

Des jours, des mois, des semaines que je fais des choix. Certains n’ont eu qu’une minime influence sur le déroulement de ma journée, d’autres m’ont retourné, m’ont bousculé totalement. 

Seul maître de mon destin voici donc trois mois que j’avance. Les questions abondent avec des réponses plus ou moins claires, avec des réponses plus ou moins précises. 

Pourquoi ai-je décidé de faire ce voyage? Oui pourquoi ? Doit on avoir un but ? Et quand celui ci est atteint que se passe t il ? Si la motivation première d’aller retrouver mon fils était louable et pétrie de sens depuis le début, je ne peux cesser de chercher plus loin, même si cela semble fort futile. 

Faire un bilan comptable de ces trois mois, mesurer, quantifier des émotions apparaît alors comme une vaine quête. Dois-je évaluer ? 

Qu’ai-je gagné ? Qu’ai-je perdu? Qu’ai-je appris sur moi, sur les autres? 

Je me suis laissé porter et j’ai vécu. C’est déjà pas mal. 

Seul le temps me dira si ce périple m’a changé – Je viens de recevoir une belle fiente de corneille sur le t-shirt en guise de réponses tiens ! On s’amuse là-haut ? On s’amuse « là-haut »?

Allongé dans l’herbe du parc Bostan-e-saedi, après une matinée à m’occuper de mon retour qui approche. Le bateau qui semblait si évident s’avère comme une option trop aléatoire en fin de compte. On m’a dit ce matin que peut-être il y en aurait, mais qu’en ce moment ce n’était pas sûr. 

Faire un choix à nouveau. 

L’avion étant la seconde alternative j’ai découvert que le prix était identique à celui du bateau j’ai donc posé une option pour un départ d’esfahan vers Dubaï le 18 juin. J’envisage donc de juste prendre le bus jusqu’à shiraz d’y passer quelques jours et de remonter à nouveau en bus. Je n’ai toujours pas d’hébergement pour Dubaï. Mon vol retour pour la France se fera le 21 juin – arrivée le 22 très tôt le matin. 

La journée fut partagée entre les diverses taches administratives et quelques visites. 

Cette ville est belle ! Ma préférée depuis mon arrivée en Iran. 

Faire des choix et vivre avec. 

J’ai choisi de terminer ici mon périple dans cette ville après la visite de Shiraz…

Bien à vous

PS: pour ceux qui veulent des tapis pas de soucis j’ai des plans…