Un tour de cycles, haut !

J’ai couché mon vélo dans l’herbe trop rapidement.
La roue s’est mise à tourner, à vide, ralentissant doucement, doucement, doucement, freinée par les quelques graminées fouettées par les rayons.
Elle a tourné, tourné, tourné, ralentissant, ralentissant, ralentissant.

Je l’ai regardé.

Cela a semblé si flagrant, si évident…

Je l’ai regardé.

Une évidence même, oui c’est ça, une évidence.
Je n’aime pas forcément ça, mais je m’inscris dans la recherche de cette quête, de l’évidence.
C’est la faute à « l’autre », oui, « l’autre », je ne sais même pas de qui il s’agit, mais je sais/crois que je l’ai lu quelque part, ou bien il est peut-être apparu dans un rêve. Pas le rêve avec les petits poneys à la crinière arc-en-ciel chevauchés par des amazones libidineuses ou celui avec ces bâtards de chats dirigeant mon monde, non, l’autre, plus lumineux et sincère.

Oui ! Je l’ai lu quelque part.

« La vie est faite de cycles ! »
« Ah oui ? »
« Bah je suis un cyclotouriste, c’est normal ! »
« Tsss, tsss, pas de ce genre de…cycles. »
« Ah bon ? Pourtant… »

La vie semble donc faite d’oscillations, de marées, de ressac, d’aller/retour, de battements, de va-et-vient (oooooh ouiiiii), de poses (stop !), de pauses (ou encore ?), de vibrations à différentes fréquences (oh ouiiii !).

La roue de mon vélo s’est mise à tourner à vide, ralentissant, ralentissant, ralentissant.

Mon âge avancé à au moins cette forte propension de me permettre d’ouvrir ma valise de souvenirs et de me dire que « j’en ai fait des choses », « j’en ai vécu des trucs », « j’en ai raté des bidules », « j’ai pas mal merdé », j’ai roulé sur une courbe sinusoïdale dans multiples endroits.

J’ai cyclé alors, et cyclé encore et encore, re-cyclé à nouveau du…vieux.

Ah ouais ! Peut-être.
Ah ouais ! Peut-être.
Ah ouais ! Peut-être.

Pause.

Qu’ils soient saturniens, circadiens, ou de contre la montre, ma vie à moi est faite de cycles que je trouve bien marqués, bien prégnants, bien inscrits dans la craie, pour ne mieux s’effacer, et cela en devient purement évident.

Purement.

Fraichement.

FUUUUUCK !

Je ne cesse de tourner, de rouler même alors.
La roue de mon vélo s’est mise à tourner à vide, ralentissant, ralentissant, ralentissant.

File la vie file.

Le sablier du « tant » laisse péniblement, inexorablement, s’égrener les petits morceaux fins de roche tout doucement jusqu’à ce que le dernier, ayant terminé de vous sabler, ronger, dégrader, ne vous laisse, là, seul sur le bord du Styx à attendre le charron.

Donc, en attendant, que les diverses racines soient consommées par le fond, je roule, je profite, j’avance sur mon « piti » chemin avec une patience toute personnelle, une patience à plus de 100 rpm diront certains. Ils le diront.

Tournez, tournez roues, tournez cycles, vibrez ondes, allez, repartez, certaines fois trop vite, certaines fois trop lentement, mais os-cil-ler bon sang !

Pourtant souvent, je me jure « plus jamais » pour toujours recommencer.
Pénible ascension, grisante descente.
Grisante ascension, pénible descente.
C’est un inévitable constat câblé dans mon for intérieur, je crois.

Alors, je cours, je fuis, je suis, j’essuie d’un balayage ravageur d’un coup de manche humide, j’essaye de l’attraper, mais il est sans cesse plus rapide que moi !!!!!!!!!!!!!!!

Il tourne, mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre ABSURDE amour du détail.
Découvrir le tant, courir après le temps, découvrir le temps.

Pause.

Ma roue s’est finalement arrêtée.
Un cycle aussi.

Il est tant de repartir pour un nouveau, heureux !

Évidemment.

« Tu dois devenir l’homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même. »

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